Guerre commerciale : c’est toujours vous qui payez

Rédigé le 6 mars 2018 par | Guerre Commerciale, Liberalisme, Simone Wapler Imprimer

La prétendue « guerre commerciale » est en réalité une guerre de la stupidité et ses dommages collatéraux sont supportés par chacun de nous.

La semaine dernière je vous parlais du Mittlestand allemand. Des entreprises allemandes de taille moyenne non cotées arrivent à exporter partout dans le monde.

Ma belle-famille, d’origine allemande, a coutume d’organiser un Wapler Tag tous les deux ans. Il y a quelques années, j’ai fait une surprenante découverte : un des spécialistes mondiaux des cuisines et équipements inox pour les restaurants de poissons et fruits de mer était un « cousin Wapler ».

Ses usines, situées sur une petite colline boisée non loin de Munich, exportent jusqu’en Australie et au Japon. Il m’a expliqué qu’il avait conçu une nuance d’acier et des procédés de fabrication spécialement adaptés à ce marché, où l’environnement de travail est plus salé que dans des restaurants classiques du fait de la présence d’eau de mer et les normes plus exigeantes. Il parle un bon anglais d’Allemand. Il ne paraît ni plus ni moins génial qu’un entrepreneur français, n’a reçu aucune subvention ou soutien particulier mais il exporte, gagne bien sa vie, paye bien ses employés allemands, ses clients sont satisfaits.

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Les âneries des économistes à propos de la guerre commerciale deviennent lassantes. A les lire et les entendre :

L’Allemagne exporte trop La France (ou les Etats-Unis, ou tous les pays qui importent plus qu’ils n’exportent) consomme trop Le Japon « vit de ses rentes à l’étranger » et travaille trop La Chine fait du dumping et vend à perte …

Un pays n’exporte pas. Un pays ne consomme pas. Un pays n’a pas de rentes. Un pays ne vend pas. Ce sont des gens qui font tout ça.

Des gens achètent à des Allemands des produits allemands car ils estiment s’y retrouver en rapport qualité prix. « Il y a moins de Chevrolet à Berlin que de Mercedes à New York » parce que les Américains préfèrent les Mercedes (et en plus Berlin a moins d’habitants que New-York). Des Français préfèrent consommer des produits étrangers. Certains boivent même du vin italien ! Des Japonais vieillissants ont fait des investissements à l’étranger en vue de leur retraite. Et je ne pense pas qu’un patron chinois survive longtemps en vendant en dessous de ses prix de production.

La Chine subventionne ses exportations d’acier, et alors ? Cela signifie que de malheureux Chinois payent des impôts pour que leur acier soit moins cher à l’étranger. Ceux qui, à l’étranger, utiliseront cet acier chinois baisseront leurs coûts de production et en feront profiter leurs heureux clients. Pourquoi vouloir protéger les producteurs nationaux d’acier et seulement ceux-là au détriment du reste des gens ?

Le seul système juste et équitable est le libre-échange. C’est le seul qui ne ponctionne pas une majorité pour protéger les intérêts d’une minorité. Quant à la préférence nationale, chacun est libre de l’appliquer. Pourquoi l’imposer de force ?

La « guerre commerciale » n’est qu’un prétexte de plus pour nos grands planificateurs et ne sert que le capitalisme de copinage. « Si les Etats-Unis veulent instaurer des barrières, nous serons aussi stupides qu’eux », a averti Jean-Claude Juncker parlant de taxer plus, en représailles, jeans, bourbon et Harley Davidson ? Relisez cette phrase : un responsable européen déclare fièrement qu’il veut être aussi bête que son adversaire. On se croirait dans une cour de récréation du primaire…

Les bourses mondiales ont accusé le coup. Effectivement, une guerre de la stupidité, cela a de quoi faire peur et certains sont très bien armés. [NDLR : Loin de toutes ces bêtises, découvrez ici comment investir pour financer la croissance d’une entreprise profitable et non subventionnée.]

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

3 commentaires pour “Guerre commerciale : c’est toujours vous qui payez”

  1. Excellent article 🙂

    A mon avis cependant il y a bien certains pays qui « consomment trop » et entretiennent donc un déficit de la balance commerciale insoutenable à long terme (c’est-à-dire excédant largement les revenus retirés des investissements réalisés à l’étranger ainsi que la part du déficit correspondant à l’acquisition de biens productifs).

    Cependant ce déficit résulte précisément non pas des choix des consommateurs libres, mais des dépenses du gouvernement (les économistes parlent d’ailleurs des « twin déficits » au sujet du déficit budgétaire et de celui de la balance commerciale, car il existe une corrélation historique) ainsi que de la politique monétaire pro consommation à crédit de la banque centrale.

    Les dépenses gouvernementales financées à crédit permettent d’expliquer que la demande globale se maintienne à un niveau supérieur aux capacités de production du secteur privé, l’écart doit donc être importé.

    Je pense que si par exemple Donald Trump annonçait un plan pour ré équilibre le budget fédéral sans augmentation d’impôts, et que la FED laissait le marcher fixer les taux d’intérêt (à un niveau sensiblement plus élevé que les taux faussés d’aujourd’hui), vous verriez le déficit de la balance commerciale s’effondrer très rapidement.

  2. Mme Wapler. J’aime bien votre chronique et je salue la réussite de votre famille et du Mittlestand allemand.
    Cependant j’ai été commerçant et je m’étonne que vous ne parliez pas de la » Vente à perte »
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vente_%C3%A0_perte
    La vente à perte ou plus exactement la revente à perte est une pratique qui consiste à revendre des produits en l’état, c’est-à-dire sans aucune transformation, à un tarif inférieur au coût d’acquisition ou au coût de revient. Elle est réglementée en France par les articles L442-2 et L420-5 du code du commerce1. La revente à perte est interdite comme pratique illicite et déloyale. Sa pratique pourrait permettre à une entreprise d’évincer un concurrent en pratiquant dans un premier temps des tarifs ultra-agressifs pour ensuite vendre le produit à un tarif plus élevé, lui permettant de retrouver un bénéfice, une fois le concurrent évincé.
    Pourquoi condamner cette pratique ? Parce que l’avantage du client n’est que transitoire. Lorsque la concurrence est évincée, le gagnant possède alors une rente de situation et pratique en général des prix bien plus élevés. Ainsi le libre échange débouche-t-il sur son contraire !
    Lorsque ce sont des Etats qui organisent ce genre de situation pour des raisons politiques, il est juste de parler de « guerre commerciale » au détriment des peuples exploités. Celui qui exporte, comme celui qui importe. On voit bien aujourd’hui que les pays importateurs perdent leurs industries et il sera très difficile de la recréer lorsque les prix monteront, ce qui est inéluctable.

  3.  » Le seul système juste et équitable est le libre-échange. C’est le seul qui ne ponctionne pas une majorité pour protéger les intérêts d’une minorité. Quant à la préférence nationale, chacun est libre de l’appliquer. Pourquoi l’imposer de force ?  »

    Amen

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