Emploi US : une bien étrange équation

Rédigé le 12 mars 2018 par | A la une, Inflation, dettes et récession Imprimer

« Quasi-plein emploi US + stagnation des salaires = argent facile pendant encore longtemps », selon les marchés, soulagés. Mais cette étrange équation pose une question douloureuse.

Joie, bonheur, allégresse et grimpette boursière : les marchés ce matin ne sont qu’un immense dégradé de vert, à la mesure du soulagement des opérateurs.

A l’origine de cette vague émeraude se trouve bien entendu l’emploi US. Selon le Bureau américain des statistiques de l’emploi, 313 000 postes ont été créés aux Etats-Unis en février – un sommet depuis les 325 000 de juillet –, pour un taux de chômage stable, à 4,1%. 239 000 emplois avaient été créés en janvier et Bloomberg en prévoyait 205 000…

… Bref, tout le monde est content, même en France – et tant pis si, dans l’Hexagone, la production industrielle a enregistré un plongeon de 2% en janvier : sa plus forte baisse depuis… juin 2011.

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Mais comme dit, peu importe ! Les chiffres de l’emploi US ont pris le dessus sur tout. Et plus que la vigueur des créations de postes, c’est un autre chiffre qui a empli d’aise les marchés : le salaire horaire.

Eh oui ! Créer des emplois, c’est bien… mais encore faut-il que l’inflation reste maîtrisée, sans quoi – horreur, malheur – la Fed pourrait… accélérer sa hausse de taux ! Le cau-che-mar. Il ne faudrait tout de même pas qu’une hausse de la rémunération de M. et Mme Tout-le-Monde vienne entraver la progression des profits de l’industrie financière, n’est-ce pas ?

Qu’on se rassure sur ce point : le salaire horaire US n’a augmenté que de 0,1% sur le mois, et 2,6% sur un an. Pour reprendre le site Investir-Les Echos, « la quasi-stagnation des salaires suggère une quasi-stagnation de l’inflation ».

En d’autres termes, une accélération du resserrement quantitatif n’est pas pour tout de suite, l’argent bon marché va continuer de couler, et vous reprendrez bien un verre, cher lecteur, non ?

Il est bien dommage que, dans la liesse générale, personne ou presque ne se pose la même question que J.J. Kinahan, stratégiste chez Ameritrade et cité sur CNBC, qui a quelques doutes : « comment on peut créer autant d’emplois sans que les salaires n’augmentent reste un mystère ».

Eh bien, cher monsieur Kinahan, ce n’est pas un mystère, en réalité ! Bill Bonner pose exactement la même question dans ses notes du jour :

« Les taux de croissance actuels arrivent à peine à la moitié de ceux enregistrés dans les années 50, 60 et 70. Les actions, en revanche, sont 25 fois plus élevées qu’en 1980. Et le salarié moyen actuel gagne à peine un sou de plus (selon les chiffres utilisés pour ajuster à l’inflation, il se pourrait même qu’il gagne moins).

[…] Comment une économie pouvait-elle ralentir… alors que le prix de ses entreprises augmentait ? »

Sauf que contrairement à notre ami J.J., Bill a la réponse – je ne vais pas tuer le suspense, vous pouvez la découvrir ici.

Disons simplement que c’est la clé de bien des problèmes et bizarreries de l’économie actuelle.

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Françoise Garteiser
Françoise Garteiser
Directrice de la rédaction pour La Chronique Agora

Françoise Garteiser est Directrice de la rédaction pour La Chronique Agora. Elle se charge de la diffusion de cette lettre d’information contrarienne et politiquement incorrecte. Du choix des textes au respect de la ligne éditoriale – en passant par la traduction des notes provenant de nos partenaires à l’étranger et des interventions ponctuelles au sein de la lettre quotidienne, elle s’assure qu’aucun grain de sable ne vient empêcher le bon fonctionnement des rouages de La Chronique Agora. Vous pouvez également retrouver Françoise Garteiser toutes les semaines dans La Chronique du week-end, billet d’humeur envoyé le samedi.

4 commentaires pour “Emploi US : une bien étrange équation”

  1. Les chiffres de l’emploi US sont une grande farce hollywoodienne:
    – combien de personnes ne s’inscrivent plus?
    -combien ont des petits jobs pourris et/ou à temps partiel payés 500 dollars par mois
    ….
    En résumé ce taux annoncé, est une statistique manipulée comme les autres, sans plus.
    Comme celle qui nous dit que le District of Columbia est le plus riche, alors que les SDF y sont légion (qu’est ce que cela doit être dans les états dits « pauvres »!).

    Les SDF, les bénéficiaires de bons alimentaires et de programmes médicaux aidés sont en tous cas en croissance régulière depuis 20 ans, même lorsque le pays s’autoproclame être « au plein emploi ».

  2. Frankdrebin : j’imagine que vous parlez du taux de chômage, souvent accusé d’être truqué, sauf qu’ici ce qui s’est amélioré se sont les créations d’emplois à temps plein ainsi que le taux d’emploi, ce qui confirme qu’il s’agit d’une réelle reprise (les personnes qui dénoncent le taux de chômage truqué se basent précisément sur la baisse tendancielle du taux d’emploi pour affirmer que la baisse du taux de chômage est artificielle).

    Concernant le nombre de personnes percevant des bons alimentaires, ca ne veut absolument rien dire car les conditions d’obtention ont été élargies et une part beaucoup plus importe des bénéficiaires potentiels sont informés de leurs droits, ce qui n’a pas toujours était le cas.

    Même chose concernant les programmes médicaux, avec comme facteur additionnel le vieillissement de la population (or l’un des deux grands programmes médicaux concernent les personnes âgés de plus de 65 ans).

  3.  » Comment une économie pouvait-elle ralentir… alors que le prix de ses entreprises augmentait ?  »

    Parce que les entreprises font des bénéfices qui viennent augmenter leurs fonds propres, ce qui explique également que les actions puissent monter de 10% par an avec une croissance réelle de 3% et une inflation à de 2 ou 3%. Même si l’économie était complétement stable, le prix des actions continueraient d’augmenter tant que les entreprises distribueraient des dividendes inférieurs à leurs bénéfices.

  4. A mon avis la solution à l’équation pourrait être la suivante : les nouveau emplois créés offrent des rémunérations globalement inférieures à la moyenne car il s’agit d’emplois peu qualifiés (ou qualifiés mais sur des domaines de compétences où trop de gens ont été formés), ce qui réduit le chiffre de la croissance du salaire horaire moyen.

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