SNCF : Désinformation sur rail | La Chronique Agora


SNCF : Désinformation sur rail

Rédigé le 22 mai 2018 par | A la une, Argent public, Desinformation, Politique et vie quotidienne, Simone Wapler Imprimer

Londres ce week-end. Réunion de famille (non, non, pas de mariage princier).

Le clan français s’était déplacé en Eurostar, jonglant avec le calendrier des grèves SNCF.

Antoine, 30 ans, travaille à Londres depuis deux ans dans le secteur aéronautique au sein d’une entreprise américaine. Jorge, 50 ans, travaille dans la finance à Londres et a été expatrié à Paris et Moscou.

Antoine : Les trains anglais sont catastrophiques, vieillots, sales, dangereux. Les transports en commun sont chers. Même si les cheminots français ont tort de faire grève, l’expérience anglaise prouve que la privatisation est une erreur. Nous avons de la chance en France d’avoir un aussi bon réseau ferroviaire.

Jorge : La SNCF a une dette de 55 Mds€. Il y a disons une population active de 30 millions dont un quart est fonctionnaire, ce qui ne fait plus que 22,5 millions d’actifs. Si les finances publiques françaises étaient gérées normalement, chacun de ces actifs devrait en réalité donner 2 400 € à la SNCF. Tous ne prennent pourtant pas le train.

Lorsque je vais à Genève, que je m’installe dans le TGV, dans un fauteuil plus large que celui d’une classe business d’une compagnie arienne et que je paye mon trajet 55 €, je sais que ce n’est pas le vrai prix.

Quand je prends un Corail déglingué pour aller à Nevers ou Bourges, la qualité de trajet est plus médiocre que celle d’un train britannique et le prix presqu’équivalent.

Il faut savoir qui paye et pour quoi. C’est tout. Les transports en commun sont chers en Angleterre parce que les clients les paient.

Les chemins de fer les plus sûrs d’Europe

Le discours sur la calamité de la privatisation des chemins de fer anglais menée entre 1993 et 1997 a la peau dure.

Pourtant, il est démenti par les faits…

Le réseau britannique est le plus sûr d’Europe

graphique rendement du bon du Trésor américain

(1)

Le nombre de passager a doublé depuis la privatisation.

Le personnel de bord est payé jusqu’à 40% de plus qu’en Allemagne et en France.

Certes, le seul tronçon TGV de Grande-Bretagne est celui de l’Eurostar. Mais y aurait-il des clients au vrai prix ailleurs ?

L’Italie a de son côté connu une expérience plutôt réussie de privatisation avec une baisse du prix des billets.

Dans notre pays, le recours à l’Etat reste la norme ; il est de bon ton d’agiter les épouvantails de la privatisation, des profits et de l’avidité du capitalisme.

Seul l’argent public ne serait pas sale car toujours employé dans l’intérêt public, sur lequel veillent scrupuleusement des fonctionnaires qui ont choisi leur profession par dévouement (et pas en raison de privilèges tels que les systèmes de retraite ou d’assurance maladie plus favorables ou encore de congés pléthoriques).

Non, un pays n’est jamais devenu plus riche parce qu’il lève plus d’impôts ou parce qu’il y a plus de services nationalisés. Les pays riches le sont parce que leurs habitants gèrent bien leurs affaires, qu’elles soient privées ou publiques.

Le problème de l’argent des autres, l’argent public, est qu’on y fait moins attention qu’à son propre argent ; quand il part en fumée, l’argent des autres ne vous manque pas autant que le vôtre…

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Source : https://erail.era.europa.eu/documents/SPR.pdf page 52 https://www.contrepoints.org/2018/04/03/58526-les-mythes-sur-la-liberalisation-des-trains-britanniques

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

4 commentaires pour “SNCF : Désinformation sur rail”

  1.  » Il y a disons une population active de 30 millions dont un quart est fonctionnaire, ce qui ne fait plus que 22,5 millions d’actifs »…….

    On dépasse la désinformation pour se retrouver dans la blague douteuse, ou même l’insulte!

    Un enseignant ou une infirmière sont aussi des actifs, même si ce sont d’odieux fonctionnaires!

    Ils produisent un service, infiniment plus utile que tous ces gens travaillant « dans la finance » au gonflement permanent de bulles spéculatives, au blanchiment d’argent et à l’évasion fiscale (oui, vous voyez,la caricature est facile dans les deux sens)…..

    Lecteur régulier de votre chronique, je m’interroge de plus en plus sur son objectivité et sur la distance qu’elle est censée prendre par rapport aux croyances en général, et sur les croyances libérales de l’UE en particulier. Les problèmes de la SNCF sont infiniment plus complexes que le statut de cheminot…et le réseau français difficilement comparable au réseau anglais, beaucoup plus petit!

  2. @frankdrebin : ce n’est pas le propos de l’auteur, elle ne fait que citer cette personne, en attendant sur le fond il est parfaitement exact que les passagers ne payent pas le vrai prix, même si vous divisez par le nombre total d’actifs.

    Avec des moyens illimités n’importe qui peut offrir un service haut de gamme, mais cela ne représente pas nécessairement le choix économique optimal en termes d’allocation des ressources, suivant les véritables désirs de la population.

    Et puis vous savez très bien que l’intégralité des fonctionnaires ne sont pas des enseignants et des infirmiers…beaucoup ne créent absolument aucune valeur et ont même une productivité négative, du fait des contraintes qu’ils imposent au secteur privé et des violations de nos libertés individuelles.

    C’est également méconnaitre complètement la réalité du monde de la finance de penser que les gens qui travaillent dans ce secteur ne créent pas de valeur ajoutée. Moi par exemple chaque jour je contribue à aider des entrepreneurs à financer leurs projets de création et de développement, générant ainsi plus d’emplois et d’innovations.

  3. A Mr Maurice…..
    Je crois que vous n’avez pas très bien compris mon intervention……
    Je ne visais pas la finance en général, je répondais juste à des propos et à un article outrancier et excessif par un trait volontairement caricatural.
    Je pourrais en faire de même, et c’est du vécu, en disant que la productivité de certains employés de grandes entreprises privées est proprement catastrophique, ou bien encore en épilogant sur les divulgations et diffusions commerciales de données privées, en particulier sur le net.
    Je trouve les articles de cette chronique de plus en plus manichéens, et tout ce qui est excessif n’a pour moi aucun interet…..
    Les connaissant déjà, je ne recherche dans mes lectures ni l’idéologie de la cgt, ni celle de la main invisible paralysée par le méchant état peuplé de fonctionnaires hors sol qui imposeraient leur immense pouvoir à la classe politique, aux lobbies et surtout aux gentils travailleurs!

  4. @smaurice
    Ce que vous dites est totalement caricatural et est sans la mouvance neoliberale qui est l’antithèse de la notion de bien et de service public. Concernant les trains, les anglais réclament majoritairement la renationalisation, ils paient trop cher et le service est mauvais. Et pour en revenir à l’article la dette de la SNCF est surtout due à la construction de lignes TGV qui sont d’ailleurs réclamées par les français. C’est ce qu’on appelle de l’aménagement du territoire. Notion inconnue des sociétés privées qui sont là pour faire du profit.

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