La Cour Suprême a laissé tomber les Américains

Rédigé le 26 septembre 2018 par | Deep State Imprimer

La Cour suprême – censée faire respecter la Constitution – est en réalité à la botte du Deep State et sape les droits individuels.

Difficile de savoir par où commencer. Nous relions les données entre elles… mais ces données deviennent de plus en plus dingues.

Le marché actions – déjà outrageusement surévalué – continue de grimper !

Le déficit – qui s’était déjà emballé – ne fait que s’aggraver !

L’Empire américain – déjà au bord de la rupture, surendetté et surdimensionné – ne fait que grossir.

Et les mythes fondateurs – sur lesquels repose tout cet édifice – se sont encore plus détachés de la réalité.

Noyauter la Cour Suprême

Nous avons récemment examiné l’un d’entre eux. La Cour Suprême, disent les créateurs de mythes, est le dernier rempart protégeant notre liberté et garantissant notre constitution.

C’est ce qui est écrit. C’est que l’on apprend en cours d’instruction civique. Et c’est pourquoi les juges de la Cour Suprême doivent mener une existence entièrement irréprochable… Sans être souillés par le péché… par les erreurs… et le type d’idioties bassement terrestres dont le reste de l’humanité est affligée.

Seuls les anges peuvent siéger à la Cour Suprême : ceux qui y sont nommés doivent montrer leurs ailes, pour y être admis.

L’excellence d’une cour se mesure à la manière dont les arrêts qu’elle rend peuvent déranger les puissants et déstabiliser l’opinion populaire. Si la Cour Suprême n’est que l’écho des compères et de la populace, pourquoi se donner la peine d’en avoir une ?

Au milieu des années 1930, les augustes juges ont considéré que bon nombre des programmes de Franklin Roosevelt étaient inconstitutionnels. En réponse, Roosevelt a proposé de « submerger la Cour Suprême ». Dès qu’un juge attendrait l’âge de 70 ans sans partir à la retraite, le président en nommerait simplement un autre.

Ce projet n’a jamais été mis en œuvre. La Cour a fait marche arrière. Dès 1938, le New Deal n’était plus inconstitutionnel… Il avait force de loi.

Les anges ont volé dans le sens du vent : ils ne l’ont pas bravé.

Et depuis, il nous est impossible de dénicher un seul arrêt de la Cour ayant considérablement ralenti la progression du Deep State ou profondément contrarié l’opinion publique.

Grâce à la lâcheté de la Cour Suprême, le Deep State se développe… et le pouvoir des Etats fédérés et des individus diminue.

Depuis les années 1930, l’Etat a commencé à réglementer et contrôler tous les aspects de notre existence, sans y être habilité par la Constitution. Où étaient les Juges de la Cour Suprême ?

Et où sont-ils passés, depuis les années 1950, période à laquelle l’Etat s’est lancé dans une longue liste de guerres… sans aucune déclaration du Congrès ?

Et où se cachent-ils, depuis 1971, période à laquelle l’Etat a substitué le papier-monnaie à l’or et l’argent exigés par la Constitution ?

Et où est-il écrit, dans la Constitution, que l’Etat a le droit de fixer les prix… et d’enrichir un groupe de citoyens (actionnaires/Wall Street/compères) aux dépens d’un autre groupe (les salariés) ?

Où sont-ils, en ce moment… Alors que la police commet plus de vols que les voleurs en se servant d’une doctrine nauséabonde appelée « civil forfeiture » [NDR : loi permettant aux policiers de confisquer des biens] qui bafoue les droits individuels au regard de la loi ?

Où sont-ils en ce moment… alors que le président s’autorise à infliger des taxes sur des centaines de milliards de biens de consommation courante importés, en affirmant qu’il s’agit d’une question de sécurité nationale ?

Aujourd’hui, toute cette idée de Cour indépendante qui ferait respecter la constitution relève du fantasme. Les juges sont choisis par une branche du Deep State – le gouvernement – et approuvés par une autre : le corps législatif. Les sénateurs les cuisinent sans prendre de gants, pour s’assurer qu’ils n’aient pas de drôles d’idées, comme celle de protéger les citoyens contre l’état.

Les Juges de la Cour Suprême se sont défilés. Et à présent, le président des Etats-Unis a plus de pouvoir que George III et l’Etat peut faire presque tout ce qu’il veut.

Réindustrialiser l’Amérique

Revenons à la guerre commerciale… Le South China Morning Post a retrouvé Steven Bannon et lui a demandé à quoi cela rimait :

« Bannon, qui affirme avoir aidé Trump à élaborer le plan portant sur la guerre commerciale, déclare que, par le passé, les taxes douanières s’étaient limitées à des importations représentant environ 10 milliards de dollars et 30 milliards de dollars. Mais ‘Pékin a été pris de court’ par l’ampleur des 500 milliards de dollars concernés, cette fois.

 ‘Il ne s’agit pas de n’importe quels droits de douane. Il s’agit de taxes dont l’échelle et l’étendue étaient inconcevables, jusque-là, dans l’histoire des Etats-Unis’, a déclaré Bannon.

 ‘Ils n’ont jamais envisagé que quelqu’un ferait vraiment ça' ».

 Il a raison, à cet égard. Ils n’ont probablement jamais imaginé que les Américains feraient une chose susceptible d’avoir de telles conséquences catastrophiques pour tout le monde, y compris le Deep State.

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Et peut-être avaient-ils chez eux un super spécialiste de la Constitution américaine, lequel aura dit aux dirigeants chinois, certainement, que le président américain n’est pas autorisé à le faire.

Les droits de douane, ce sont des taxes : seul le Congrès est censé avoir le pouvoir de les lever.

Lors du débat qui aura suivi, il sera vite apparu que ce ne serait pas les Chinois qui paieraient les taxes, mais les Américains… et que ces taxes pénaliseraient directement l’industrie américaine et les ménages.

Et oui… jusqu’à présent, on dirait que nous avons eu tort. C’est le commerce qui engraisse l’oie. Si vous tuez le commerce, vous étranglez la pauvre bestiole. Ensuite, tout le monde a faim… y compris les renards du Deep State qui avaient l’intention de la dévorer.

Nous avions prédit que M. Trump ferait marche arrière, dès que quelqu’un le lui expliquerait.

Apparemment, ce n’est pas le cas. Bannon dit que le président est prêt à aller jusqu’au bout, même si cela menace tout le bazar.

Selon le South China Morning Post :

« Bannon dit que le but n’est pas de forcer la Chine à renoncer à ses ‘pratiques commerciales déloyales’, mais que le but final est de ‘réindustrialiser l’Amérique’, car la production est au cœur de la puissance d’une nation. »

 NBC News nous donne un aperçu de ce que pourrait être la « réindustrialisation » :

« ‘Selon certains experts du secteur automobile, les effets des ripostes tarifaires ‘oeil pour oeil dent pour dent’ au président Trump, se font déjà ressentir. Les prix des voitures neuves ont commencé à augmenter, et les exportations de voitures sont en chute.

 Mais un nouveau rapport nous avertit que les ventes pourraient plonger de deux millions de véhicules par an, ce qui provoquerait la perte de 715 000 emplois aux Etats-Unis, et entamerait d’au moins 62 milliards de dollars le PIB américain. »

Mais ce qui nous préoccupe, aujourd’hui, ce n’est pas l’effet économique, qui est évident, c’est la folle incohérence de ces mesures.

Où est-il écrit, dans la Constitution, que l’Etat a le pouvoir de décider du type d’économie que nous avons ? Cela nous dépasse

C’est probablement une bonne chose que M. Bannon et M. Trump n’aient pas décidé de nous transformer en une nation de chasseurs-cueilleurs.

 

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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