Un petit tour du côté des bulles

Rédigé le 20 octobre 2017 par | Banques Centrales, Simone Wapler Imprimer

Même dans une course où tout le monde est dopé, il y a des gagnants. En l’occurrence, les junk bonds européennes, le secteur de l’armement américain et… le bitcoin.

Après deux jours consacrés à la défense de l’idée de propriété privée, il est temps de repasser à la finance.

Sur ce front tout va très bien. Le crédit reposant sur du vent fait son effet, les marchés actions et obligataires volent de record en record. L’immobilier aussi.

Evidemment, même dans une course où tout le monde est dopé, il y a des premiers.

Dans la catégorie des obligations, par exemple, le dopage de Mario Draghi de la Banque centrale européenne est bien plus efficace que celui de cette pauvre Janet Yellen de la Fed.

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Figurez-vous que les obligations des entreprises européennes mal notées, les junk bonds, sont maintenant bien plus prisées que les obligations du gouvernement fédéral américain qui sont pourtant considérées comme ce que la Terre peut fournir de mieux en la matière. Le rendement de ces titres (qui varie comme l’inverse du prix) dépasse à peine 2% alors que la moyenne historique était plutôt supérieure à 10% !

Les rendements des obligations pourries en euro vont-ils atteindre 0% ?

Quant aux actions, elles sont dopées par le « reflation trade » de Trump. Le Deep State est noyé sous les crédits et les promesses de nouvelles dépenses : santé, éducation mais surtout le secteur de l’armement, pardon, de la défense comme on dit en politiquement correct.

Evolutions comparées de l'indice S&P500 et de l'ETF Aerospace & Defense (ITA)

Avec du crédit infini et quasi-gratuit, la vie est belle !

Evidemment, tout ceci n’est rien en comparaison du bitcoin et de ses petites soeurs cryptomonnaies.

C’est absolument incroyable comme la seule promesse de rareté (par création, le Bitcoin sera en quantité limitée) peut attirer.

Un soupçon de bulle ?

Le grand professeur d’économie Kenneth Rogoff, celui-là même qui fait de vibrants plaidoyers pour la disparition du cash, a son idée sur le bitcoin. Il l’a récemment exprimée dans une tribune du Project Syndicate, sous le titre Crypto-Fool’s Gold ? :

« Le prix du bitcoin est en hausse de 600% sur ces 12 derniers mois et de 1 600% sur 24 mois. Mais la longue histoire des devises nous dit que l’Etat finit toujours par réguler puis s’approprier les innovations du secteurs privés – et il n’y a aucune raison pour que ces devises virtuelles ne subissent pas le même sort ».

Kenneth Rogoff marque un point. Des Etats surendettés ne vont certainement pas laisser des monnaies privées concurrencer leurs propres monnaies de singe.

Par conséquent, attendez-vous à de nouveau coups de boutoir sur la propriété privée dans le domaine monétaire et sur la protection de l’anonymat. C’est à ce moment que nous verrons si le bitcoin est réellement « antifragile » : capable de se bonifier avec les épreuves comme le vin de Madère embarqué dans les navigations se bonifiait dans son tonneau avec l’agitation de la houle.

Au-delà du bitcoin, cependant, la technologie blockchain est une révolution partie pour durer et qui pourrait aussi toucher la protection de la propriété privée. Cette technologie permet de tenir des registres ouverts donc consultables mais infalsifiables, indépendamment de toute autorité étatique. On pourrait donc très bien imaginer que les cadastres, par exemple, soient ouverts à tous et tenus de façon décentralisée et privée. [NDLR : comment investir dans les bonnes sociétés de la blockchain, celles qui prospéreront quoiqu’il arrive aux cryptomonnaies ? Tout est ici.]

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

3 commentaires pour “Un petit tour du côté des bulles”

  1. Ce qui attire dans le bitcoin c’est surtout son caractère non nominatif et totalement libre, indépendant de tous contrôle par les gouvernements et les banques.

  2. « Cette technologie permet de tenir des registres ouverts donc consultables mais infalsifiables »:personne ne peut etre sur que ces régistres soient infalsifiables et que la quantité de monnaie soit limitée.Ceux qui prétendent le contraire sont des escrocs.L’évasion ou la dissimulation fiscale font le succès du bitcoin et lui confèrent sa valeur.L’anonymat sur le net n’existe qu’en théorie,je suis sur que les américains et les russes peuvent tracer toutes les transactions bitcoin.Bref ,c’est un instrument très utile pour certains,mais hautement douteux.

  3. Gérard : « je suis sur que… » sur la base de quoi ?

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