Banques – Vers le « moment Kodak » ou vers le « moment iPhone » ? (2/3)

Rédigé le 17 août 2017 par | Banques Centrales, Cash - Cashless Imprimer

Les Français ont payé en moyenne 229 € (selon La Tribune ) de frais bancaires en 2016. La concurrence entre les banques traditionnelles et les fintechs tend à faire baisser les prix…

Pour grands voyageurs et travailleurs à l’étranger

J’ai évoqué dans un précédant article la banque allemande N26 qui séduit plus de 3 000 clients par semaine en France (30 000 clients revendiqués dans l’Hexagone en mars 2016). Son offre Black coûte 70,80 € à l’année et permet d’utiliser sa Mastercard Black World Elite sans limite. C’est le double de l’offre classique qui ne coûte que 34,80 € par an, mais avec laquelle les retraits en devises font l’objet d’une commission à concurrence de 1,7% du montant retiré. Dans ces deux offres, les règlements en devises sont gratuits.

En avril, la néobanque berlinoise s’est ouverte aux auto-entrepreneurs et aux freelances. Son offre Business présente les mêmes caractéristiques que son offre classique destinée aux particuliers, avec un léger avantage supplémentaire. Celui-ci prend la forme d’un cashback (cagnottage) de 0,1% sur toutes les dépenses réalisées avec la MasterCard.

N26 va bientôt élargir son offre de comptes à terme « N26 Savings » à ses clients non Allemands. En partenariat avec la fintech allemande Raisin (3 Mds€ de placements depuis 2013), N26 permet à ses clients allemands d’investir entre 2 000 € et 100 000 € sur un à cinq ans, sur un compte où l’épargne est bloquée en contrepartie d’un taux d’intérêt.

Le principe du partenariat consiste à n’afficher sur N26 Savings que les taux les plus attractifs agrégés par la plateforme Raisin, qui elle-même sélectionne les meilleures offres bancaires européennes en matière de comptes à terme.

Aujourd’hui, je voudrais parler de son concurrent Revolut. La startup britannique vient de lever la bagatelle de 66 M$ pour financer le développement de son activité en Asie et en Amérique du Nord.

Comme beaucoup, Revolut a débuté dans le transfert d’argent en devises. Elle vise désormais à devenir une véritable alternative aux banques classiques. Mais Revolut n’est pas une banque.

Souvent comparé au compte Paypal, il s’agit en fait d’un service de gestion d’argent affilié à une MasterCard qui s’appuie sur la Barclays. Les transactions sont quant à elles gérées par Optimal Payments.

Le site frandroid.com explique : « le taux de change est donc fixé en temps réel, contrairement à N26. Vous n’avez donc pas de numéro IBAN propre, vous utilisez des IBAN génériques, identiques pour tous les clients Revolut. »

Après avoir ouvert un ou des comptes à votre nom dans les devises de votre choix parmi l’euro, le dollar et la livre sterling, il vous reste à alimenter vos comptes Revolut (de préférence en euros, pour être sûr que votre banque ne vous applique pas de frais) soit en renseignant les références d’une CB en votre possession (prise en compte instantanée), soit par virement bancaire (48 heures de délai).

Dans les grandes lignes, Revolut, vous sert à :

Quid des tarifs ?

Idéal pour partir à l’étranger et avoir accès à 200 € en distributeur et jusqu’à 5 000 € dans le mois en paiements, sans aucun frais et sans être bloqué au-delà. Que demander de plus ? Une offre pro ? Revolut vient justement d’en lancer une… très pratique pour ceux qui voyagent beaucoup et qui ont des revenus en devises étrangères.

La startup britannique a su rester sur du (presque) tout gratuit (même si, elle permettait auparavant de retirer jusqu’à 650 € par mois sans frais), alors que son concurrent N26 a basculé vers une offre payante, avec des coûts qui restent tout de même très réduits en comparaison des banques traditionnelles, et qui peuvent d’ailleurs très facilement être ramenés à 0 € en fonction de l’utilisation que vous faites de votre CB.

N26 présente l’avantage d’être une banque et de faire à ce titre l’objet d’une garantie des dépôts en Allemagne (100 000 €). [NDLR : les instances européennes souhaitent mettre en place une législation leur permettant de bloquer les dépôts en cas de difficultés d’une banque. La crise financière est loin d’être terminée et vos dépôts seront cette fois pris en otage. Pour comprendre pourquoi et comment protéger votre argent, cliquez ici.]

Si vous optez pour l’offre classique, à chaque fois que vous tendrez votre CB à un commerçant, vous vous verrez gratifié d’un « wow, c’est la première fois que je vois une carte transparente ! ».

Mais déjà la concurrence pointe. De jeunes pousses, comme Ipagoo et Ditto, comptent bien se tailler leur part sur le marché des fintechs qui font gratuitement sauter les frontières.

* Selon La Tribune

Première partie : Banques – Vers le « moment Kodak » ou vers le « moment iPhone » ? (1/3)

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Nicolas Perrin
Nicolas Perrin

Nicolas Perrin est l’auteur de l’ouvrage de référence « Investir sur le Marché de l’Or : Comprendre pour Agir ». Diplômé de l’IEP de Strasbourg, du Collège d’Europe et titulaire d’un Master 2 en Gestion de Patrimoine, il est conseiller en gestion de patrimoine indépendant en région lyonnaise et à La Réunion.

Un commentaire pour “Banques – Vers le « moment Kodak » ou vers le « moment iPhone » ? (2/3)”

  1. Merci pour cet article et ces précisions sur les banques/fintech. Je cherchais des infos sur révolut après l’avoir vu sur https://www.panorabanques.com/. Je pars en VIE en a Hong Kong et aimerait éviter de me faire tondre avant d’avoir mon compte local.

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