Plafonner les taux d’intérêt des cartes de crédit, dicter leur conduite aux industriels de l’armement, intervenir sur le marché hypothécaire : Donald Trump multiplie les annonces et les décisions qui bousculent les usages. A mesure que les limites institutionnelles semblent s’effacer, son exercice du pouvoir évoque moins l’héritage des pères fondateurs que celui d’un monarque absolu. A Washington, le spectre du Roi-Soleil n’est peut-être pas si lointain.
Voici les dernières nouvelles rapportées par Newsweek :
« Le président Donald Trump a déclaré que son projet d’imposer un plafond temporaire aux taux d’intérêt des cartes de crédit permettrait de lutter contre les ‘abus’ des prêteurs américains. Mais cette mesure s’est heurtée à la résistance du secteur bancaire, et les experts se demandent si ses exigences, même si elles étaient applicables, apporteraient un quelconque soulagement aux emprunteurs du pays. »
Plafonner les taux des cartes de crédit ? Par le président américain ? D’où tire-t-il cette autorité ? Et cette audace ? D’où lui vient une telle idée ?
Ce n’est là qu’une des nombreuses mesures audacieuses et provocatrices prises récemment par Trump.
Visiblement, il dicte également à l’industrie de l’armement ce qu’elle doit faire de son argent.
Business Insider rapporte :
« Trump a signé un décret interdisant aux entreprises de défense de racheter leurs actions et de verser des dividendes tant qu’elles ne ‘produisent pas un produit de qualité supérieure’. »
A-t-il le droit de faire cela ? Cela signifie-t-il que le gouvernement fédéral a dépensé des milliards pour des produits de qualité inférieure ?
Et il entend aussi manipuler les taux hypothécaires pour les propriétaires comme pour les prêteurs. The Hill :
« Trump déclare avoir ordonné l’achat de 200 milliards de dollars d’obligations hypothécaires. »
Mais de quelle sorte de bête sauvage s’agit-il ? Est-ce un poisson ou un oiseau ? Est-ce un animal à sang chaud… ou un lézard… un poisson… ou un monstre ?
Les cyniques affirment que Trump est particulièrement actif, car il chercherait à détourner l’attention des dossiers Epstein. Mais ce n’est peut-être qu’une affaire de timing. Nous n’avons aucune raison de penser que ces initiatives ne reflètent pas sa véritable personnalité ni ses intentions profondes.
Mais il nous est impossible de dire qui est vraiment ce Grand Chef. Tout ce que nous pouvons faire, c’est observer ce que Trump n’est pas… en espérant que cela nous aide à y voir plus clair.
A cet égard, nous avons déjà fait quelques progrès.
Trump n’est pas Pol Pot, par exemple. Ne vous attendez pas à ce qu’il emmène tout le monde dans l’Indiana pour cultiver des champs de maïs. Il n’a aucune vision d’une société agraire.
Il n’est pas non plus Thomas Jefferson ou Javier Milei. Il n’a aucun projet de limitation ou de réduction du pouvoir du gouvernement américain. Au contraire, il entend le renforcer comme jamais auparavant. Aucun autre président n’a jamais proposé des prises de pouvoir comparables à celles que nous avons vues ces derniers jours.
Et ne vous attendez pas davantage à un retour de Jimmy Carter ou de Ronald Reagan. Tous deux étaient des « types sympathiques ». Cela ne décrit pas Trump. La gentillesse est souvent méprisée par les commentateurs sérieux. Pourtant, elle contribue à guider et à contenir un président.
Louis XIV, le Roi-Soleil, est peut-être un modèle plus pertinent. C’était un monarque absolu aux appétits immenses : pour la nourriture, l’amour, la guerre et l’architecture. L’un de ses somptueux dîners pouvait comprendre du cerf, du sanglier, du cygne, du faisan, du poulet, de l’oie et des dizaines de légumes. Louis avait un estomac si volumineux qu’il devait être soutenu par une ceinture en cuir spéciale.
Ses guerres étaient elles aussi excessives. Il a mené des dizaines de campagnes… « un mélange de commerce, de vengeance et d’orgueil ». Elles ont été si coûteuses qu’elles ont pratiquement ruiné le pays, mais elles ont également contribué à établir les frontières de la France telles qu’elles existent aujourd’hui.
Mais restons-en à ce que Trump n’est pas. Il n’est pas un Eisenhower, caractérisé par son conservatisme fondamental. Il n’est pas non plus un FDR ou un Kennedy, porteurs d’une forte volonté d’offrir aux Américains un New Deal ou d’ouvrir une « nouvelle frontière ».
Et Hitler ? Non. Même pas avec une fausse moustache. A notre connaissance, il n’a aucune volonté d’exterminer un groupe en particulier. Et il n’a aucun projet apparent pour les Etats-Unis. Son seul objectif semble être sa propre gloire, son pouvoir et sa richesse.
Il nous l’a expliqué dans son premier livre, The Art of the Deal. Il n’a pas écrit ce livre, mais les idées qu’il contient sont en grande partie les siennes. Ce sont des récits montrant comment Trump a trompé et surpassé ses partenaires commerciaux afin d’obtenir ce qu’il voulait. Il ne s’agit pas de suivre les règles. Il ne s’agit pas d’apprendre davantage ou de travailler plus dur… ni d’exploiter les nouvelles technologies… ni de devenir plus productif, ni de mieux servir le client, ni de fonctionner plus efficacement.
Il décrit une forme de capitalisme. Mais, comme nous le verrons demain, il s’agit d’une forme primitive. Une forme féroce et impitoyable…
Nous ne savons pas où cela mène… mais nous savons où cela ne mène pas.

2 commentaires
Ça possible ???? A suivre ….
Et voilà Donald Trump PRIX NOBEL DE LA PAIX !!!