La seule chose qui pourrait rendre aux États-Unis leur grandeur est précisément ce qui les a rendus grands à l’origine : moins de gouvernement, moins de déficits, moins de guerres et moins de lois et de réglementations intrusives.
« Je ne crois pas au libre arbitre. » — Albert Einstein
Commençons par un tour des dernières actualités.
Benzinga rapporte :
« Vendredi, le PDG de Tesla (TSLA), Elon Musk, a lancé un avertissement sévère. Lors d’une récente apparition dans un podcast, M. Musk a déclaré : ‘Sans l’IA et les robots, notre pays va à 1 000 % faire faillite et s’effondrer. La dette nationale s’accumule à un rythme effréné.’ »
The Daily Mirror :
« L’économie de Trump s’effondre alors que les licenciements atteignent en janvier leur plus haut niveau depuis 2009. »
The Wall Street Journal :
« L’économie américaine a perdu près d’un million d’emplois l’année dernière. »
Money Talks News :
« Les prix des produits alimentaires viennent d’enregistrer leur plus forte hausse mensuelle en trois ans
Alors que le prix des œufs a reculé, les coûts des produits laitiers, du pain et des boissons continuent d’augmenter pour les familles américaines. »
La logique de la faillite est pourtant simple : vous dépensez trop, trop longtemps, puis plus personne ne veut vous prêter d’argent. Incapable de rembourser vos dettes à temps, vous déclarez « faillite ».
La logique de la politique est tout aussi simple : les personnes sans emploi ou sans pouvoir d’achat ont tendance à être de mauvaise humeur, et préfèrent le changement à la continuité.
Le président américain, qui arrive à la fin de son mandat, est justement un homme de continuité. Il est au sommet du monde, autorisé à faire la leçon à la planète entière dans les contextes les plus prestigieux. Il s’est montré généreux dans ses critiques — envers les journalistes, les socialistes, les conservateurs, les gouvernements étrangers et les administrations précédentes — mais avare en réformes réelles.
À la place, il a multiplié les confrontations grandiloquentes — Groenland, droits de douane, Iran, ICE, DOGE — des gesticulations dont les menaces sont presque toujours annulées, diluées ou, comme pour le DOGE, purement et simplement effacées. Pendant ce temps, les forces profondes — celles qui condamnent l’empire — poursuivent inexorablement leur œuvre.
- L’industrie de l’armement, riche et arrogante, vient d’obtenir la plus forte augmentation de son histoire… grâce à Trump.
- Les déficits — en hausse depuis 45 ans — augmentent aujourd’hui plus vite que jamais.
- Et le marteau américain, qui n’a jamais fait preuve d’une grande prudence dans le choix de ses cibles, trouve plus de clous que jamais. L’Iran, la Syrie, le Nigeria, le Venezuela, la Somalie, le Yémen et l’Irak ont été bombardés par le « président de la paix » l’an dernier.
Mais à notre avis, M. Trump ne fait que remplir la mission essentielle qui lui a été confiée. On pourrait même dire qu’il accomplit l’œuvre de Dieu : contribuer à faire tomber l’empire américain. Il a le libre arbitre d’un poteau de clôture, soutenant les barbelés de l’Histoire.
Dieu n’aurait pas pu choisir meilleur candidat.
Trump est un homme qui en veut toujours plus. Plus d’argent. Plus de femmes. Plus de pouvoir.
Marjorie Taylor Greene a raison : MAGA était un mensonge. La seule chose qui pourrait rendre aux États-Unis leur grandeur est précisément ce qui les a rendus grands à l’origine : moins de gouvernement, moins de déficits, moins de guerres et moins de lois et de réglementations intrusives.
Tout cela nous mène à Kevin Warsh.
Quel genre d’homme est-il ? L’ancien — et probablement futur président — gouverneur de la Fed était connu pour ses positions « bellicistes ». Il s’opposait à l’expansion du bilan de la Réserve fédérale et cherchait à protéger le dollar. Il voulait moins de crédit, moins de dette et moins d’inflation.
Ces opinions avaient été formulées en réaction au sauvetage de Wall Street en 2008-2009. Les investisseurs ont dû les exhumer des archives et les dépoussiérer la semaine dernière. Car, lorsque la nouvelle d’une possible promotion de M. Warsh à la tête de la Fed est tombée, les spéculateurs ont soudainement craint d’être surexposés à l’or.
Le métal jaune a décroché, perdant 400 dollars entre mercredi et jeudi. Mais vendredi, il était temps de réévaluer la situation.
Pour obtenir le poste, M. Warsh a dû abandonner ses plumes de « faucon ».
Bloomberg rapporte :
« Donald Trump a déclaré qu’il aurait retiré Kevin Warsh de sa liste de candidats à la tête de la Réserve fédérale si celui-ci avait exprimé le souhait de relever les taux d’intérêt. ‘S’il était venu me voir pour me dire : ‘Je veux les augmenter’, il n’aurait pas obtenu le poste, non’, a affirmé M. Trump mercredi dans une interview accordée à NBC News. »
The Financial Times :
« Warsh affirme qu’un boom de l’IA sera ‘la vague la plus favorable à la productivité de notre vie — passée, présente et future’, permettant à la Fed de réduire ses taux sans attiser l’inflation. Le candidat à la présidence de la Fed estime qu’il peut miser sur ces gains de productivité, comme l’avait fait Alan Greenspan dans les années 1990. »
Exactement.
Ne vous inquiétez pas pour l’inflation : l’IA stimulera la production plus rapidement que la Fed n’augmentera la masse monétaire. Tout va bien.
Comme Greenspan avant lui, Warsh en est venu à penser ce qu’il devait penser, au moment où il devait le penser. Il est désormais validé par Trump, par les démocrates et par l’État profond.
Lui aussi est devenu un homme qui en veut toujours plus.

1 commentaire
La création exponentielle de dollars par un mécanisme similaire dans son résultat à celui que les français appelaient le « circuit du trésor »(avances directes de la BdF au trésor) a permis la création massive de « bullshit jobs » ,dans le tertiaire surtout ,pour donner une apparence de rationalité à sa distribution. Désormais , avec l’IA il va falloir inventer le terme « bullshit capex » .