Pourquoi J.P. Morgan ne bouleverse-t-il pas autant les marchés que la Grèce ?
▪ Dans la présentation de notre fiction boursière de mardi matin, nous aurions pu faire figurer la mention « ce sera tout l’un ou tout l’autre ».
▪ Dans la présentation de notre fiction boursière de mardi matin, nous aurions pu faire figurer la mention « ce sera tout l’un ou tout l’autre ».
▪ « Nous voulons davantage d’inflation, c’est l’unique moyen de sauver les pays du sud de l’Europe », affirment en substance les pouvoirs publics allemands depuis le début du mois de mai.
▪ Les marchés se sont (et nous ont) fait bien peur à l’occasion de la journée des « Trois sorcières », le vendredi 18 mai. Mais Wall Street enregistre enfin un joli rebond (de 1,5% à 2,5%), ce qui s’est toujours produit par le passé après des séries de 12 ou 13 séances de baisse consécutives. Nous pouvons donc nous offrir un petit frisson rétrospectif par le biais d’une market fiction qui a également pour but d’éclairer certains paradoxes de notre merveilleuse époque.
▪ Hier nous étions de passage à Washington DC, à l’ambassade d’Argentine. Des amis de Salta y organisaient une séance de dégustation de vin. Il semblait étrange de voir nos amis argentins — qui vivent dans un coin éloigné du pays — dans la capitale américaine. Mais c’était un plaisir de les voir… et de goûter leurs malbecs de haute altitude, très typés.
▪ Jusqu’à présent, les téléphones mobiles nous ont permis de satisfaire notre besoin de communiquer. Aujourd’hui, ils commencent à satisfaire également notre besoin de faire du commerce en offrant des moyens d’échange pratiques. Les smartphones deviennent un outil pour exécuter ce qui auparavant nécessitait l’utilisation d’argent liquide, de chèques ou de cartes de crédit.
Facebook est la plus grande affaire du marché boursier… peut-être depuis toujours. C’est une entreprise qui n’existait même pas il y a 10 ans. Nous savons tout des débuts de l’entreprise ; nous avons vu le film. Deux fois. Notre fille y a un rôle. C’est la serveuse, dans la scène où Zuckerberg rencontre Sean Parker.
▪ Nous ne sommes pas certain que les commentaires lus vendredi soir sur les sites d’information économiques anglo-saxons soient à la mesure du risque encourus par les marchés au cours…
▪ Et si le pire ennemi de l’investisseur, c’était l’incrédulité ? On ne peut pas croire que notre valeur préférée, celle qu’on a choisie parmi des milliers, analysée sous toutes ses coutures, suivie depuis des mois, a perdu 65% depuis le début de l’année et que ce n’est pas près de s’arrêter.
▪ Cette semaine, J.P. Morgan a averti dans son rapport trimestriel que le deuxième trimestre allait connaître un accident dans ses bénéfices du fait de trades dans son « Chief Investment Office » (CIO). Le PDG Jamie Dimon a ressenti le besoin d’organiser une conférence impromptue pour expliquer les pertes imminentes dues aux activités de couverture du CIO.
▪ Nous avons vu hier que jusque dans les années 20, les dépressions aux Etats-Unis étaient relativement courtes. Et puis est arrivée la Grande Dépression elle-même.
▪ Peut-être y a-t-il de fantastiques opportunités d’achat d’actions en cette période de doute sur l’avenir de la Grèce. En dehors des valeurs bancaires dont nul n’est capable d’évaluer le risque qu’il court en les détenant (l’affaire J.P. Morgan en apporte une nouvelle démonstration), la plupart des titres (et ils sont nombreux) qui pulvérisent leurs planchers de septembre ou novembre 2011 ne réalisent pas un euro de leur chiffre d’affaire en Grèce et n’ont qu’une exposition parfaitement marginale en Espagne.
Les prix des matières premières, dans leur ensemble, sont dans une phase de correction depuis déjà un an. Ils ont perdu environ 16% depuis leur plus haut en mai 2011.
▪ Tout baisse, en ce moment. Même l’or.
Attendez une minute. Dans la mesure où nous savons, grâce à Einstein, que tout est relatif, tout ne peut pas baisser. Si tout baissait, tout serait immobile. Il faut qu’autre chose grimpe, comme point de référence.
Quoi donc ?
▪ La réponse à cette question n’est pas si simple. En février dernier, j’étais d’avis que les pouvoirs en place de l’Europe devaient absolument empêcher un défaut des obligations grecques :…
▪ Le CAC 40 plonge de pratiquement 3% en 48 heures. La cassure des 3 100 points — même en réintégrant les coupons versés depuis 10 jours — est avérée, tout comme l’est l’enfoncement sans ambiguïté du support des 2 200 sur l’Euro-Stoxx 50. Il affichait 1,15% mardi à 2 178 points, après un plus bas en séance inscrit à 2 170 points.
Martin Wolf, du Financial Times, est la voix de l’establishment économique. Voilà donc notre économiste néo-keynésien. Que dit-il ? Que le monde suit les pas du Japon. Bien entendu, tel était le message diffusé il y a déjà 10 ans par un certain économiste renégat dont nous ne mentionnerons pas le nom. Il affirmait que le Japon ouvrait la voie, plutôt que de la suivre… et que les Etats-Unis lui emboîteraient le pas… avec un délai d’environ 10 ans.
▪ Selon le célèbre StockTrader’s Almanac, depuis 1950, l’indice élargi américain affiche une progression moyenne d’un peu plus de 1% entre octobre et mai, contre un rendement moyen de 7% entre novembre et avril. Statistiquement donc, la période mai/octobre est plutôt défavorable aux actions. Entre détachement de dividende, jours fériés et autres poses estivales (qui réduit les volumes), on constate aisément que cet adage se vérifie souvent.
▪ Il serait facile d’ironiser — et nous n’avions pas manqué de le faire — sur les déclarations triomphalistes de l’Elysée à la mi-mars. Rappelez-vous les « la crise est enfin derrière nous, le tandem franco-allemand a sauvé l’Europe, mais nous avons eu chaud ! ». L’heure est toutefois bien trop grave pour dénoncer la légèreté ou l’incompétence des uns et des autres.
