Nous assistons à une de ces périodes étranges où l’on peut soutenir une thèse et son contraire… Mais il existe une catégorie d’opérateurs qui ne se laissent pas troubler : il s’agit des acheteurs de métal précieux — l’once d’or a dépassé par deux fois les 1 000 $ l’once ces derniers jours. Et leur stratégie a le mérite de la clarté et de la constance
Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en chef de « La Chronique Agora » et de « La Lettre des Affranchis », Philippe Béchade rédige depuis 2002 des chroniques macroéconomiques et boursières. Il est également l’auteur d’un essai, Fake News, qui fait office de manuel de réinformation sur les marchés financiers. Arbitragiste de formation, analyste technique, il fut en France dès 1986 l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Intervenant régulier sur BFM Business depuis 1995, rédacteur et analyste contrarien, il s'efforce de promouvoir une analyse humaniste, impertinente et prospective de l’actualité économique et géopolitique.
-
-
Epargne
Une reprise qui n'existerait pas… sans l'argent que nous n'avons pas
par Philippe Béchade 11 septembre 2009Les vents haussiers dominants venus d’Amérique qui ont gonflé la grand’voile du Nikkei. Il a ainsi refranchi le cap des 10 500 points dans l’allégresse générale. Wall Street et les places européennes avaient établi de nouveaux records annuels mercredi soir. Les valeurs japonaises apparaissaient notoirement en retard par rapport à leurs homologues occidentales… elles ont donc entrepris de combler ce handicap
-
Alors que Wall Street achevait la séance de mercredi à proximité immédiate de ses records annuels, CNBC n’a pas manqué d’interviewer l’archétype du stratège le plus aveuglément optimiste de ces dernières semaines. Une journaliste lui a demandé d’exprimer son avis sur la valorisation d’un marché où les actions viennent de reprendre entre 55% et 63% en six mois jour pour jour […] Nous vous avertissons que la réponse va vous sembler exaspérante
-
il y a un an jour pour jour, le gouvernement américain décidait le placer sous tutelle les deux géants du crédit hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae. Dans le même temps, Lehman Brothers tentait de convaincre les marchés que son ratio de capitalisation ne suscitait pas d’inquiétude et que les rumeurs de pertes abyssales sur les dérivés de crédit étaient infondées, la situation du groupe demeurant sous contrôle. Toutes les banques qui traitaient avec Lehman savaient que c’était faux
-
Epargne
Combien faudrait-il d'OPA pour aplanir le "chemin cahoteux de la reprise" ?
par Philippe Béchade 8 septembre 2009Même si Wall Street était clos ce lundi pour cause de Labor Day, qui ponctue chaque 1er lundi de septembre, c’est bel et bien une entreprise américaine qui entretenu l’élan haussier des places boursières sur le Vieux Continent. Elles ont gagné 1,5% en moyenne dans des volumes étroits. En effet, Kraft Foods se propose de dévorer le numéro un britannique de la confiserie Cadbury pour l’équivalent de 12 milliards d’euros par le biais d’une OPA mixte en cash et en titres
-
Les pertes d’emploi se sont accélérées dans l’industrie, contrairement au tertiaire qui connaissait un ralentissement des compressions d’effectifs. Nous étions intimement convaincu que les chiffres de l’emploi américain n’auraient pas d’impact décisif sur les cours de bourse cette fois-ci : si l’optimisme avait prévalu, les indices boursiers n’auraient pas commencé par chuter
-
Les éléphants — les mastodontes de la finance — sont certes moins nombreux qu’il y a un an […] Le stress test du cornac Tim Geithner avait pour but d’embellir la vitrine du magasin d’éléphants. Les survivants sont devenus encore plus gros au cours des 10 derniers mois, pour ne pas dire plus obèses… Mais cet adjectif concerne surtout les bonus des traders
-
La mauvaise nouvelle du jour, c’est que le secteur privé américain a détruit 298 000 emplois en août, selon le cabinet ADP, alors que les économistes ne tablaient en moyenne que sur 250 000 destructions. Le rythme des suppressions d’emplois tend néanmoins à ralentir par rapport aux 360 000 destructions en juillet. Sous l’effet d’une compression de 7,6% du nombre d’heures travaillées, la productivité hors secteur agricole au deuxième trimestre a effectué un bond historique
-
Les places européennes, censées bénéficier avec retard d’un hypothétique rebond économique aux Etats-Unis, battent les indices américains à plate couture depuis la mi-juillet. Et ce alors que les dépenses des ménages se contractent : la masse du crédit à la consommation chute de pratiquement 20% en un an et de 10% cette année. Où se situe donc le moteur de la miraculeuse reprise dont la presse économique se fait l’écho
-
L’amplitude des variations en intraday n’a jamais dépassé les 0,5%. Le repli du CAC 40 a constamment paru sous contrôle, de telle sorte que le score mensuel avoisine les +7% après +9% en juillet. Avec un rally de 16%, le CAC 40 vient de connaître une des plus fortes hausses estivales jamais observée en 20 ans
-
Epargne
Dernière Chronique avant… le grand saut dans l'inconnu ?
par Philippe Béchade 31 juillet 2009Quelle sorte d’investisseur s’enthousiasme pour des "signes de stabilisation" repérés par la Fed et le FMI mais ne s’émeut nullement de la spirale baissière sur les salaires aux Etats-Unis, en Irlande et bientôt dans toute l’Europe ? Une chute si brutale que même si le taux de chômage rechutait sous les 9% au lieu de s’envoler au-delà des 10% officiels aux Etats-Unis, la masse des revenus distribués continuerait de diminuer dans de fortes proportions, torpillant la consommation
-
Epargne
Les limites du catéchisme haussier scandé au porte-voix
par Philippe Béchade 30 juillet 2009Jusqu’à quand les médias grand public vont-ils persister à tendre leurs micros à longueur de journée devant des intervenants qui récitent leur catéchisme haussier et ne manifestent jamais le moindre étonnement devant l’enchaînement implacable des séances de gain ? Même les plus blasés des analystes techniques notent que leurs indicateurs mathématiques affichent des comportements qui déjouent tous les pronostics et repoussent les limites du connu. Et si la Fed et les program trading étaient responsables de cette supercherie
-
Nous parions que la bêtise est la plus contagieuse et cause bien plus de ravage économiques que la grippe H1N1 — un "vrai sujet" dont les politiques se sont emparés avec une diligence et une détermination qui auraient peut-être fait merveille… si elles avaient été appliquées à la crise des subprime dès fin février 2007, lors de la faillite de New Century Financial. Le pire aurait peut-être pu être évité
-
Ben Bernanke nous expliquera peut-être aujourd’hui comment résoudre ce paradoxe : le double langage tenu par les banques qui d’un côté justifient l’euphorie de la Bourse par l’anticipation d’un retour de la croissance… et de l’autre ferment le robinet des liquidités lorsqu’il s’agit de soutenir financièrement les forces vives de la nation. La priorité accordée à l’assainissement des bilans, la multiplication des augmentations de capital massives pourraient passer pour de la saine gestion. La réalité est pourtant que le système bancaire est acculé dans les cordes
-
Epargne
Les marchés enfin débarrassés informatiquement de tout lien avec le réel
par Philippe Béchade 27 juillet 2009Il n’y avait vraiment pas suffisamment de bonnes surprises à monter en épingle vendredi dernier pour entretenir la spirale haussière amorcée il y a 10 jours. Il aurait pourtant suffi que les trimestriels de Microsoft soient simplement conformes aux prévisions et le tour était joué. En effet, la sévère chute du moral des ménages américains a été passée par pertes et profits dès sa parution
-
Epargne
L'os virtuel qui met en mouvement la queue qui remue le chien
par Philippe Béchade 24 juillet 2009Vous devez commencer à penser que brosser un portrait à peu près cohérent de la conjoncture économique est sans objet puisque le marché ne l’entend pas de cette oreille. Cette image anthropomorphique ne vous a probablement pas choqué… Elle suffit à démontrer que vous postulez que des gérants ou des traders dotés d’un cerveau, d’un système nerveux, d’un système limbique orchestrent en toute conscience la hausse qui se propage par autoréplication depuis 10 séances
-
Les ordinateurs ont dû mettre en place des correcteurs automatiques de trajectoire lorsque les indices virent au rouge. Un coup de pouce de dernière minute a ainsi permis au CAC 40 de passer de -0,17% à +0,07% au moment du fixing. L’indice clôture ainsi à 3 305 points dans un volume typiquement estival de seulement 2,2 milliards d’euros
-
Le Dow et le S&P ont aligné une septième séance de progression d’affilée… mais cela fait franchement petit joueur par rapport au Nasdaq qui a inscrit une dixième hausse consécutive. Cela signifie que les investisseurs respireraient de l’azote depuis 63 heures de cotations placées sous le régime univoque de la hausse. C’est évidemment impossible pour un organisme et un cerveau humain. Ces limites sont toutefois transcendées par la magie et la puissance des outils informatiques (logiciels de trading automatisés) qui systématisent les mouvements de hausse et parviennent à les étirer sur des laps de temps de plus en plus longs
