L’année 2026 s’annonce comme une phase de transition pour l’économie mondiale et les marchés financiers. Le ralentissement de la croissance, les déséquilibres accumulés ces dernières années, les tensions géopolitiques et commerciales, ainsi que la remise en cause de certaines valorisations boursières, pourraient provoquer d’importants ajustements. Dans ce contexte d’incertitude accrue, l’or apparaît comme un actif central dans la recomposition des équilibres financiers.
Le moment est venu de vous offrir nos prévisions concernant cette nouvelle année.
Certes, toutes les grandes publications et banques d’investissement font de même, et les pronostiqueurs comme les prévisions ne manquent pas. Mais nous pensons qu’avec les modèles que nous utilisons, nos prédictions l’emporteront, au bout du compte.
Alors, allons-y !
L’économie américaine
Nous prédisons que l’économie américaine va considérablement ralentir en 2026.
Quant à la question de savoir si ce ralentissement se reflètera dans la performance du PIB américain, c’est une toute autre histoire. Le PIB peut rester élevé grâce au surinvestissement en actifs immobilisés, à l’accumulation des stocks, aux déficits budgétaires et à la réduction du déficit commercial (alors même que le commerce mondial se contracte).
Ces indicateurs peuvent masquer une baisse des salaires réels, des heures travaillées, de la participation à la main-d’œuvre, des prix des logements et de la consommation, ainsi qu’une augmentation des dettes irrécouvrables.
En résumé, la croissance économique affichée via l’emprunt et les décalages temporels ne change pas le fait que les Américains ordinaires sont en train de s’appauvrir.
Cette interaction complexe peut se résumer en termes de pouvoir d’achat (affordability). La frustration reste la même, que l’on ne puisse s’offrir certaines choses à cause de l’inflation ou parce que son revenu baisse.
Cette dynamique est favorable aux démocrates lors des élections de mi-mandat.
Le contrôle de la Chambre des représentants sera extrêmement serré. Les républicains seront avantagés par le redécoupage des circonscriptions électorales, les baisses d’impôts et l’allègement de la réglementation. Les démocrates seront avantagés par les questions de pouvoir d’achat.
Ma prédiction : l’économie américaine entrera dans une récession technique.
Les tarifs douaniers
La Cour suprême va probablement statuer que la loi International Emergency Economic Powers Act of 1977 (IEEPA) ne confère pas au président Trump le pouvoir illimité d’infliger des droits de douane à sa guise.
Toutefois, cette décision aura peu de signification, car Trump peut utiliser beaucoup d’autres pouvoirs pour appliquer les mêmes droits de douane. Depuis leur instauration, un grand nombre de partenaires commerciaux ont conclu des accords commerciaux avec les États-Unis, ouvrant sur des tarifs douaniers spécifiques.
La décision de la Cour suprême, quelle qu’elle soit, n’aura aucun impact sur ces accords.
Elle entraînera un imbroglio juridique, mais les tarifs douaniers resteront en place, dans une large mesure.
Ma prédiction : les tarifs douaniers américains appliqués aux importations vont se poursuivre et s’élargir, quelle que soit la décision de la Cour suprême.
Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine
Kevin Hassett succèdera à Jerome Powell, en mai 2026, aux fonctions de président du conseil de la Réserve fédérale.
Hassett poursuivra la baisse des taux d’intérêt. Ce ne sera pas une forme de stimulus (relance), car des taux bas sont le résultat d’une récession ou d’une dépression et ne stimulent pas la croissance.
La Fed n’a plus aucune pertinence sur le plan économique. Ce qui compte, ce sont les banques commerciales et l’état d’esprit des prêteurs et des emprunteurs.
Ma prédiction : Kevin Hassett sera le nouveau président du conseil de la Réserve fédérale.
Les cours du pétrole
Les cours du pétrole vont chuter à 45 $ le baril, voire plus bas.
Ce ne sera pas dû à une offre excédentaire, mais plutôt à une nette baisse de la demande, à mesure que les économies mondiales ralentiront. Cette baisse de la demande, que nous anticipons, est conforme à notre scénario selon lequel la croissance mondiale, et en particulier la croissance américaine, ralentira en 2026.
Cela dit, l’augmentation de l’offre aux États-Unis sera un facteur supplémentaire de baisse des cours et ne pénalisera pas les fournisseurs américains.
Toute baisse de la demande aux États-Unis interviendra au détriment du Mexique, du Canada et de l’Arabie saoudite.
Ma prédiction : les cours du pétrole vont baisser à 45 $ le baril, voire davantage.
Les principales valeurs de l’IA
En 2026, nous pensons que les valeurs de l’IA, dont NVIDIA, Microsoft, Apple, Meta, Oracle et Google, vont considérablement chuter.
Cela ne veut pas dire que ce sera la fin de l’IA. Cela sera plutôt le reflet de pertes comptables résultant de surinvestissements dans les domaines des semi-conducteurs, des centres de données, des grands modèles de langage et des coûts de développement.
La super-intelligence n’apparaîtra pas. Les erreurs commises par les chatbots de type ChatGPT vont s’accroître. Les ensembles d’entraînement seront de plus en plus pollués et dilués par des résultats erronés provenant de précédents chatbots d’IA.
Certaines applications réduiront les coûts dans certaines entreprises, mais ces gains seront éclipsés par les médiocres résultats de la plupart des applications les plus populaires, les pertes comptables résultant de surinvestissements et les dettes irrécouvrables issues du financement par les fournisseurs.
L’un des gagnants sera Anthropic, qui est à l’avant-garde des ensembles d’entraînement vérifiés.
Ma prédiction : un indice regroupant Nvidia, Apple, Microsoft, Meta, Google et Oracle pourrait chuter de 30 % ou plus.
La guerre en Ukraine
D’après nous, cette guerre va se poursuivre en 2026, avec des gains territoriaux pour la Russie.
Au bout du compte, l’Ukraine capitulera avec bien moins de territoire que si elle signait un traité de paix aujourd’hui. D’après moi, Zelensky sera contraint à la fuite ou assassiné, puis remplacé. Les aides américaines se tariront. Et cela révèlera le caractère illusoire du soutien européen.
Ma prédiction : la Russie sera victorieuse dans cette guerre contre l’Ukraine ; Zelensky fuira ou sera assassiné.
Les cours de l’or
Le cours de l’or atteindra 5 000 $ l’once en 2026 et grimpera peut-être encore plus. Vous êtes au courant du rally de l’or, dont on parle énormément dans les médias.
Mais la situation de l’or va bien au-delà.
Des événements importants, intervenant presque quotidiennement, soutiendront le rally de l’or au cours des années à venir.
L’or enregistre son troisième grand marché haussier.
Au cours du premier (1971-1980), l’or a flambé de 2 200 % en huit ans. Au cours du deuxième (1991-2011), il a opéré un rally de 670 % en vingt ans.
Ce troisième marché haussier est peut-être plus difficile à dater. Si l’on part du plus bas intermédiaire de 1 050 $ l’once, en décembre 2015, pour parvenir aux 4 300 $ enregistrés aujourd’hui, cela représente une hausse de 300 % sur dix ans, ce qui est inférieur aux deux précédents marchés haussiers. (Certes, l’actuel marché haussier est loin d’être terminé, et l’on doit s’attendre à des hausses considérables à court terme.)
Toutefois, le cours de l’or a évolué dans une fourchette comprise entre 1 000 $ et 2 000 $ l’once sur presque toute la période allant de 2015 à 2025. Il s’est durablement échappé au-dessus de 2 000 $ à partir de juillet 2023. Si l’on date le marché haussier à partir de là, cela représente un rally de 110 % en à peine deux ans.
Si l’on prend en compte la hausse moyenne des deux premiers marchés haussiers – supérieure à 1 400 % – et une durée moyenne de dix ans, et que l’on applique ces indicateurs à un cours de départ de 2 000 $ en 2023, cela suggère que l’or atteindra 28 000 $ d’ici 2033.
Bien entendu, cette méthode est arbitraire. Les hausses pourraient être bien plus importantes et intervenir bien plus rapidement. Une réplique du scénario de 1971-1980 porterait le cours de l’or à près de 100 000 $ l’once d’ici 2032.
Dans ce contexte, il est tout à fait raisonnable de penser que l’or pourrait atteindre 5 000 $ l’once d’ici la fin de l’année, en suivant une trajectoire de hausse bien plus importante.
Peu d’investisseurs s’en rendent compte, mais chaque hausse de 1 000 $ du cours de l’or s’accomplit plus facilement que la précédente. Le montant de la hausse est le même à chaque étape, mais son pourcentage est plus faible, car on part d’un niveau plus élevé.
Une hausse de 4 000 $ à 5 000 $ l’once représente 25 %. Mais une hausse de 9 000 $ à 10 000 $ l’once représente 11 %. Voilà pourquoi le mouvement en direction des 10 000 $ se fera lentement dans un premier temps, puis rapidement.
Ma prédiction : le cours de l’or atteindra 5 000 $ l’once, voire plus.
Les marchés boursiers
Les indices boursiers vont baisser de 10 % ou plus. Un krach de 30 % à 50 % est possible, mais un simple krach de 10 % constituerait un choc pour les investisseurs.
Cette chute sera provoquée par les valeurs de l’IA (une baisse de 30 % ou plus), mais sera amplifiée par les baisses des secteurs de l’automobile, des biens de consommation courante, des produits pharmaceutiques et de l’électronique.
Les gagnants se situeront dans les secteurs de l’énergie, de la défense, des ressources naturelles, des minéraux, de l’extraction minière et de l’agriculture.
Par ailleurs, le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans chutera à 3 %, voire plus bas, au cours de l’année 2026.
Mes prédictions : le S&P 500 chutera de 10 % ou plus. Les secteurs de la défense, de l’énergie, des minéraux et de l’extraction minière surperformeront l’indice. Le rendement à maturité du bon du Trésor américain à 10 ans chutera à 3 %, voire plus bas.
L’événement auquel personne n’aura songé
Selon mon expérience, l’événement ayant le plus d’impact, sur une année donnée, est celui auquel personne n’a songé et qui ne figure sur aucune liste.
Si personne n’a anticipé un événement, alors personne n’y est préparé. Voilà pourquoi il a un tel impact.
Début 1994, personne n’avait prévu que le Mexique serait sur la paille dès le mois de décembre. Or, c’est ce qui s’est produit.
Début 1998, personne ne s’attendait à ce que Long-Term Capital Management menace la stabilité du marché mondial dès le mois de septembre. Or, c’est ce qui s’est produit.
En janvier 2020, presque personne n’avait prévu la pandémie mondiale qui allait faire plonger de 30 % les marchés boursiers dès la fin du mois d’avril. Or, c’est ce qui s’est produit.
Cela dit, voici les trois plus grandes menaces à venir pour les marchés, selon notre estimation.
Les trois grandes menaces guettant les marchés en 2026
- Une escalade de la guerre en Ukraine qui rapproche le monde d’une guerre nucléaire.
- Un scénario de ruée bancaire dans l’univers des stablecoins, qui menacerait de se propager au principal système bancaire.
- Un effondrement de la valorisation des entreprises liées à l’IA, qui se propagerait aux grands indices boursiers.
La meilleure approche, face à ce que l’on ne peut savoir, est de se préparer en répartissant son portefeuille sur des actifs qui résisteront quel que soit l’état du monde, c’est-à-dire en se diversifiant véritablement, notamment sur les liquidités, l’or, l’argent métal, les bons du Trésor, les terres et des actions de secteurs tels que la défense, les ressources naturelles et l’agriculture.
En cas de crise imprévue, ce portefeuille comportera des gagnants et des perdants, mais sa performance sera bonne dans l’ensemble et surpassera celle des portefeuilles bourrés d’actions. Dans tous les cas, ce portefeuille diversifié protègera votre argent et vous permettra de survivre.
