M. Trump et son accord avec l’aile militaire du Deep State

Rédigé le 17 avril 2018 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Donald Trump est un populiste. Ses guerres factices font le jeu de l’armée et de ses fournisseurs et cristallisent le soutien populaire.

South Beach, à Miami, en Floride…

Nous étions attablé devant notre petit-déjeuner, dans le restaurant de l’hôtel…

Un homme – la trentaine – était appuyé contre le comptoir. Son pantalon sale tombait. Il portait un t-shirt noir avec une tête de mort. Il posa sa tête sur le comptoir… marmonna quelque chose d’incompréhensible… commanda un café, avant de tituber vers une chaise et de s’y effondrer, parlant tout seul.

Quelques minutes plus tard, il se leva et remonta son pantalon, qui lui tombait désormais presque aux genoux. Il tanguait. Il titubait. Il se dirigea vers la porte et disparut.

Une jeune femme… voluptueuse… jolie… vêtue d’un jean blanc et d’un t-shirt très décolleté, entra. Elle jeta un regard dans notre direction et dit quelque chose. Nous n’avons pas compris quoi : demandait-elle l’heure ? Une adresse ?

Elle s’assit à côté de nous et murmura :

« Vous voulez un massage ? »

Deux jeunes hommes entrèrent ensuite, en short et tee-shirt : des tenues quasiment identiques – sauf que l’un portait sa casquette de base-ball à l’envers. Ils se tenaient par la main en se souriant. Ils commandèrent un cappuccino… et repartirent.

South Beach…

Nous sommes à présent de retour à Baltimore, pour rendre visite à notre petite-fille. Ensuite, nous repartirons en Irlande. Nous voyageons beaucoup.

Fut un temps, nous attendions cela avec impatience. Acheter un billet d’avion pour une destination romantique promettait des frissons, une aventure – et l’occasion d’apprendre des choses. Seul le coût nous freinait.

Plus maintenant. Désormais, nous préférerions rester chez nous… mais ne pas voyager nous coûte plus cher : nous devons nous occuper de nos affaires. A mesure que l’entreprise se développe, ses besoins font de même.

Mais revenons-en à notre thème habituel : le monde de l’argent. Ou, plus précisément, le monde de tromperie et d’illusions connue sous le nom d' »économie ». Pas très romantique. Sordide, même. Mais fascinant.

De la tragédie à la farce ou l’inverse

Hier, nous vous avons quitté sur des réflexions concernant les guerres factices. Comme vous le savez, ce sont des guerres que personne ne veut gagner, puisque leur but véritable est de détourner la richesse, la faisant passer du public vers les secteurs de la défense.

Nous avons essayé de démontrer que même les guerres factices échappent parfois à tout contrôle.

Il semblait que le président des Etats-Unis n’avait pas compris le genre de guerre qu’il menait. Plus tôt dans la semaine, il prenait la guerre commerciale bien trop au sérieux… puis, après que ses dompteurs du Deep State l’ont remis sur les rails, il a déclaré qu’il voulait à nouveau faire partie du Partenariat TransPacifique.

Puis il est à nouveau parti en roue libre… sur la guerre contre le terrorisme, menaçant d’une dangereuse escalade. Vendredi, cela aussi semblait avoir baissé d’un cran… de la tragédie à la farce.

L’attaque à l’arme chimique avait été probablement mise en scène, disait-on, pour provoquer une réaction de la part des Etats-Unis. Sauf que la revanche des Etats-Unis était mise en scène elle aussi !

Des observateurs se sont demandés pourquoi le président n’attendait pas de savoir qui avait perpétré ces atrocités, si effectivement elles avaient eu lieu.

Ils ne comprennent pas la nature de la guerre factice : peu importe que des atrocités aient été commises, et par qui. Tout cela est mis en scène pour les beaux yeux des fans.

La Russie avait été avertie en avance sur où et quand les frappes auraient lieu, permettant ainsi à « l’ennemi » – quel qu’il soit – de se carapater.

Jusque-là, rien à dire. Le Donald avait l’occasion de démontrer à quel point il était un chef puissant et costaud… sans nuire au spectacle de la guerre factice.

Les guerres du Deep State ne sont pas faites pour être gagnées

Et puis à peine avions-nous eu le temps de respirer dimanche qu’une nouvelle guerre éclatait – une guerre entre Donald J. Trump et le Deep State lui-même.

Nombreux sont ceux qui pensent que cette guerre est réelle. Donald J. Trump, pensent-ils, lutte pour « le peuple »… et le Deep State tente de l’en empêcher. Il veut vraiment assainir le marigot, disent-ils ; ce n’est pas de sa faute si l’eau devient plus profonde.

A La Chronique, nous en doutons fort. M. Trump a peut-être des instincts populistes – il comprend certainement bien mieux que la plupart des politiciens le côté « spectacle » de tout cela –, mais il n’est pas idiot.

Il a passé son accord avec le Deep State avant même d’être élu. A peine le soleil s’était-il couché sur les bureaux de vote qu’il avait invité les initiés de Goldman Sachs – et un trio de généraux de l’armée US – à le rejoindre à la Maison Blanche. [NDLR : Au lieu de subir le Deep State… rejoignez-le : grâce à ce système confidentiel, directement inspiré d’un outil classé par la CIA, vous pourriez détecter les mouvements de marché avant qu’ils se produisent… et les transformer en gains. Cliquez ici pour tout savoir.]

Mais il y a de nombreuses factions différentes au sein du Deep State. Comme des porcs devant une auge, ils se bousculent pour parvenir à la pâtée – et les gagnants sont généralement ceux qui sont le plus lourdement armés.

En prenant un peu de hauteur, nous remarquons qu’à chaque fois qu’il y a un mouvement populiste en politique, cela mène quasiment toujours à ce que l’aile militaire du Deep State prenne le contrôle.

Lénine, Mao, Mussolini, Hitler, Perón… Castro – les révolutions commencées au nom du « peuple » tendent à se dégrader en dictatures militaires. Pourquoi ? Parce que le gouvernement est toujours une fraude envers le peuple… et ladite fraude est plus simple à mettre en place lorsqu’on peut faire appel aux émotions ataviques du « eux contre nous ».

Les lumpenélecteurs se rallient tout naturellement au « panache blanc » et soutiennent l’armée – aussi absurdes que soient ses prétentions.

Et s’ils ne le font pas, il suffit de les fusiller.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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