L’Empire américain se détruit tout seul

Rédigé le 14 février 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Victoribus spolia… Jusqu’à présent, ce qu’il y a de plus satisfaisant avec cette victoire de Trump, ce sont les cris et lamentations émanant de l’establishment.

Chaque nomination – certaines bonnes, certaines mauvaises, de notre point de vue – a provoqué un tollé de lamentations.

On dirait que Washington a été envahi par des Goths violant désormais de chastes vierges (si tant est qu’il y en ait dans Washington intra muros) sur les pelouses de la Maison Blanche, tandis que le Capitole est réduit en cendres.

Certes, Trump est là.

Et les personnes qui ont rendu cela possible ressentent désormais différents degrés de remords… de souffrance… ou d’hystérie.

Quel enchantement de les voir tant souffrir !

Tout le long de l’autoroute I-95 – du Tunnel Holland à la Route 295, au cœur de D.C. (à une distance l’un de l’autre équivalant à un stade de football) – on remarque leurs légendaires leaders, lieutenants et porteurs d’eau, crucifiés, entourés d’une petite foule en train de pleurer.

Il y a Hillary, bien sûr. Et la sénatrice Elizabeth Warren (secrètement ravie qu’Hillary soit vaincue).

Ensuite, il y a Paul Krugman, l’économiste lauréat du Prix Nobel, qui écrit dans le New York Times. S’il y avait une autre crise du 11 septembre avec Trump au pouvoir, nous met-il en garde, « l’Amérique telle que nous la connaissons disparaîtrait rapidement ».

Il y a les traitres républicains – Colin Powell, Henry Paulson, Michael Chertoff – désormais suspendus à leurs croix.

Et il y a les néoconservateurs qui ont retourné leur veste, également : Max Boot, Robert Kagan. La crucifixion est probablement trop clémente pour eux.

Ce ne sont pas seulement des traitres à la cause républicaine, quelle qu’elle soit, mais également des va-t-en-guerre, prêts à changer d’allégeance uniquement pour que l’argent continue de couler à flot sur leurs compères du secteur de la sécurité.

A présent, ils pleurent tous… Mais à quoi s’attendaient-ils ?

N’ont-ils pas dépouillé les travailleurs à tour de bras pendant des dizaines d’années ? Avec leur argent falsifié et leurs guerres bidon, ils se sont mis dans les poches des milliers de milliards de dollars détournés de l’économie du quotidien.

Ensuite, après le plus grand casse de toute l’histoire, n’ont-ils pas fait la leçon aux pauvres victimes du réchauffement climatique, du racisme et des « questions de genre » ?

S’ils n’avaient pas eu l’esprit aussi rapace et moralisateur… leur propre candidate nuisible pourrait être à la Maison Blanche en ce moment ! A la place, le pays est dirigé par un homme qu’ils considèrent comme un monstrueux crétin.

Sniff… sniff… Nous sommes désolé pour eux.

« Le Grand Perturbateur » en est-il vraiment un ?

Mais où en sommes-nous, alors ?

Eh bien nous nous retrouvons avec le héros de 2016 : l’homme qui a mis en déroute tous ces incorrigibles geignards.

Et nous nous retrouvons avec le même marigot… les mêmes bestioles qui tirent les ficelles et fomentent des plans… et les mêmes guerres bidon : contre l’économie réelle, le terrorisme, la pauvreté et la drogue.

Jusqu’à maintenant, les perdants pleurent… ce qui ne les empêche pas d’empocher leurs gains.

Donald Trump est un « Grand Perturbateur », dit la presse. Que va-t-il perturber, exactement ?

Si M. Trump « restitue sa Grandeur à l’Amérique », il faut qu’il fasse plus que mettre les initiés en rogne. Il doit les faire payer.

Nous avons vu ce qui a détruit l’empire de l’Union soviétique : les accords gagnant-perdant.

La nomenklatura… les initiés… les politicards du parti communiste s’en sont tous bien sortis… pendant un temps. Parallèlement, le citoyen moyen souffrait. Ses revenus avaient chuté à la mesure de sa liberté. Naturellement, énormément de gens n’appréciaient pas cette situation.

Staline a dû recourir à des mesures draconiennes afin de maîtriser les perdants. Entre 1936 et 1937, sa police secrète, la NKVD, a arrêté 1,5 million de personnes. Elle en a fusillé 600 000, soit environ 1 000 par jour, en moyenne.

En 1953, il y avait cinq millions de personnes dans les goulags ou en « exil dans le pays » : en Sibérie. Des groupes entiers ont été exterminés, notamment des poètes, des écrivains, des scientifiques, et 85% du clergé russe orthodoxe.

Pendant ce temps, les accords gagnant-gagnant – les échanges volontaires — étaient pratiquement hors la loi. Sans eux, le système est devenu si pathétique et improductif, que même l’élite a renoncé à tenter d’en extirper quoi que ce soit.

Trump maîtrisera-t-il les financiers et les gendarmes ?

A présent, nous savons pourquoi la classe moyenne américaine souffre également… pas à la même échelle, mais pour la même raison de base.

Trop d’accords gagnant-perdant lui ont été imposés par les parasitocrates, les initiés : ces mêmes personnes qui, à présent, détestent le président qu’elles méritent tant.

Aux États-Unis, le revenu des ménages est désormais plus faible qu’à la fin du siècle dernier. En l’an 2000, un foyer moyen touchait un revenu de 58 574 dollars. Aujourd’hui, il s’élève à 57 827 dollars.
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Donc, nous savons désormais ce que doit faire M. Trump : réduire le nombre d’accords gagnant-perdant afin de laisser davantage de place aux accords gagnant-gagnant. C’est aussi simple que cela.

Mais ce n’est pas si simple.

Les bestioles du marigot – les initiés et les parasitocrates qui contrôlent les réglementations et législations gouvernementales, et en tirent parti – sont derrière ces accords gagnant-perdant. Ils vont se battre pour les préserver.

Nous avons vu, également, que ces accords se rangent dans trois principales catégories : les prestations sociales, le complexe militaire, industriel et de la sécurité, et Wall Street.

En ce qui concerne le premier, les républicains ont promis de remanier l’Obamacare. Mais le président a fait passer des messages mitigés.

Il a également plaidé pour ne pas réduire les prestations sociales. Et lorsqu’il lui a été demandé de quelle façon il les paierait, il a répondu qu’il savait « auprès de qui obtenir cet argent » et que « personne d’autre ne le sait ».

Il est plus que probable que le nouveau président ne pourra pas, ou ne voudra pas, réduire considérablement les dépenses consacrées aux pensions, aux médicaments ou aux écoles. Il y a tout simplement trop de compères au sein des bestioles du marigot, et trop d’électeurs zombies, qui en bénéficient.

En outre, ce ne sont pas des programmes totalement perdant-perdant. Ils sont peut-être trop chers et inefficaces, mais les citoyens ordinaires en tirent tout de même de véritables avantages.

Cela nous laisse les deux géants : le complexe militaire, industriel et de la sécurité, et Wall Street.

Le voile nuageux se lève et l’image devient plus nette.

Trump et son équipe devront tenter de maîtriser les gendarmes et les financiers : sinon, ce ne sont rien d’autres que des escrocs.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “L’Empire américain se détruit tout seul”

  1. http://www.aim.org/aim-column/its-time-to-impeach-the-judges/

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