Splendeur et décadence de la mondialisation

Rédigé le 4 juillet 2018 par | Guerre Commerciale, Liberalisme, Simone Wapler Imprimer

Petit à petit, le bon côté de la mondialisation – la liberté des échanges – s’efface tandis que le côté sombre – le gouvernement supranational et tentaculaire – progresse.

Le Conseil d’analyse économique prévoit une récession mondiale en cas de vraie guerre commerciale. Pendant ce temps, l’Europe discute de « l’Union bancaire » et la Banque centrale européenne fourbit ses armes administratives pour pouvoir geler les comptes des déposants en cas de nécessité.

Ce sont les deux visages de la mondialisation dont nous parlent les médias aujourd’hui. Le visage sympathique, la libre circulation des biens et service pourrait disparaître. Ne resterait que la face sombre : une technocratie irresponsable bafouant le deuxième droit naturel le plus élémentaire après la liberté : celui de propriété.

La mondialisation marchande en danger

Ce graphique publié par Les Echos montre ce que donnerait l’application de l’augmentation des droits de douane récemment brandis par les uns et les autres.

En moyenne, ceux-ci sont de 3% aux Etats-Unis et en Europe. Le Conseil d’analyse économique imagine qu’ils passeraient en moyenne à 3,6% et calcule ce que cela donnerait en termes de chute du PIB.

Ce graphique publié par Les Echos montre ce que donnerait l'application de l'augmentation des droits de douane récemment brandis par les uns et les autres.

Pour mémoire, si l’économie en France se contracte de 3,3% cela représente 1 250 € par Français.

Ces études valent ce qu’elles valent mais le bipède le plus obtus comprend qu’un contrat gagnant-gagnant consiste à acheter à d’autres au meilleur prix ce qu’ils font mieux que vous et de leur vendre au meilleur prix ce que vous faites mieux qu’eux. Toute barrière douanière pollue l’échange.

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Les chemins des caravanes du passé évitaient les juridictions trop gourmandes et les octrois.

Evidemment, les producteurs locaux parfois en difficulté iront solliciter leur gouvernement, geindre à propos de concurrence déloyale et obtenir un privilège de protection pour éviter de se transformer et de passer à autre chose. C’est en principe pour éviter ce clientélisme et ce parasitisme que les « filets sociaux » et les assurances chômage ont été créés, permettant aux travailleurs de se retourner.

Mais la mondialisation politique revient en force

Le ralentissement du commerce mondial et une récession économique seraient une catastrophe dans un monde surendetté.

Il apparaîtrait très vite que quantités de dettes – publiques et privées – ne pourraient être honorées.

Le système politique, bancaire et financier repose sur du crédit infini, adossé à rien et quasi-gratuit. Vous lisez maintenant tous les jours qu’il y a trop de dettes. Mais trop de dettes, c’est aussi trop de crédits.

Trop de crédits accordés à des gouvernements dispendieux.

Trop de crédits immobiliers, automobiles, de consommation, de prêts étudiants.

Trop de crédits d’investissements pour soutenir des entreprises insuffisamment rentables.

Une récession va multiplier les mauvais payeurs et ces crédits sont portés par des banques zombies.

Ces banques zombies ont en otage nos dépôts. Votre argent déposé en banque est un crédit que vous avez consenti à votre banque et une dette de cette dernière vis à vis de vous. [NDLR : Comment vous organiser et prendre quelques précautions pour ne pas voir votre épargne engloutie dans la prochaine crise ? Nous vous expliquons tout ici.]

Il est donc urgent de « faire quelque chose » pour que la mondialisation financière reposant sur l’argent bidon puisse survivre si jamais les déposants avaient la mauvaise idée de vouloir leur argent, alarmés par une cascade de faillites.

Rassurez-vous, les fonctionnaires de la Banque centrale européenne, payés par vos impôts, s’emploient depuis un moment à éviter qu’une panique bancaire puisse se produire. Ils planchent là-dessus depuis la fin de l’année 2017, précisément.

bloomberg

La complexité des dizaines de milliers de pages de documents censés réguler l’activité financière et bancaire est effrayante et indigeste. On ne peut réguler une escroquerie : « votre argent en banque vous appartient et il est en permanence disponible » alors que la banque l’a prêté et prête même plus que les dépôts.

Cette réglementation absconse n’est connue que de quelques spécialistes qui organisent notre spoliation au grand jour mais dans l’indifférence. Tout ce qui transparait pour le moment est que l’Union européenne a repoussé l’échéance de l’union bancaire – initialement prévue en juillet – à novembre de cette année.

« Le pilier le plus controversé qui manque encore pour compléter l’union bancaire, le Système européen d’assurance des dépôts (SEAD), est resté en suspens puisque des pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas s’opposent à l’idée de partager la protection des épargnants européens tant que certaines banques, en particulier en Italie, ne réduisent pas davantage leurs risques »…

Euractiv, le 2 juillet

Dans une tribune publiée dans Les Echos, Augustin Landier, économiste et professeur à HEC, plaide pour plus de ce que les gens refusent : le supranationalisme.

« Comment répondre au rejet de la globalisation ? Il faut améliorer la légitimation démocratique de l’échelon supranational en créant de véritables espaces de délibération. »

Il n’y a rien à « délibérer » quand les droits élémentaires de liberté et de propriété sont bafoués. Il n’y a aucune légitimité au pouvoir supranational de fonctionnaires ou d’élus qui ne sont pas exposés aux conséquences de leurs décisions.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

Un commentaire pour “Splendeur et décadence de la mondialisation”

  1. Toujours la même blague. Les dépôts des particuliers représentent une goutte d’eau dans le bilan des banques au passif. Par ailleurs, en France le bilan de la banque de détail est séparé de celui de la banque d’investissement. Ce ne sont pas les dépôts qui financent les positions de marché! Donc le risque au bilan pour les particuliers n’existe pas. D’ailleurs si les dépôts étaient mêlés au financement de la banque d’investissement, ils ne représenteraient quasiment rien dans le financement. On remarquera qu’il n’y a dans ce laïus que des affirmations non corroborées par une analyse technique du bilan des banques et notamment du passif. Idem pour l’absence d’analyse des effets de la réglementation sur la structure du passif et comment les investisseurs contribuent au renflouement des banques en fonction de leur positionnement dans le « funding » des banques (senior, senior subordonné, mezzanine, etc). Donc, encore une fois, Agora affiche son mépris du client par son enfumage cynique pour paresseux du cerveau.

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