Ruine et révolution pour les Etats-Unis ?

Rédigé le 24 octobre 2011 par | Bill Bonner, Inflation, dettes et récession Imprimer

▪ Le mouvement Occupy Wall Street (OWS) se poursuit aux Etats-Unis. Et 70 000 Grecs ont « affronté la police », disent les journaux.

Les gens sont mécontents. Ils savent que quelque chose ne va pas. Mais ils ne savent pas quoi. La véritable explication est trop compliquée. Ils ne veulent pas rester assis pour l’entendre. Ils cherchent donc des boucs-émissaires — les riches… les banques… les Chinois.

Une plaisanterie circule sur internet. Goldman Sachs a décidé de tenter de profiter des manifestations d’OWS. L’institution a donc mis en place un « Fonds Enragé » qui investira dans des entreprises fabriquant matraques, gaz lacrymogène, bandages et vitrines.

C’est une plaisanterie. Mais ça pourrait se révéler être une bonne stratégie d’investissement.

▪ A la Chronique Agora, nous avons fait un certain nombre de grandes prévisions. Certaines des choses que nous avions prédites se sont réalisées — le krach de la bulle des dot.com… l’effondrement du marché immobilier… la Grande correction. D’autres ne se sont pas encore produites. Certaines ne le feront jamais.

Mais voici notre prédiction la plus audacieuse à ce jour : les Etats-Unis sont en route pour la ruine et la révolution. La révolution sera quasi-certainement écrasée, dans la violence. Mais la ruine ne peut être enrayée.

Oui, cher lecteur, l’empire américain suit son cours naturel… Avec les zombies aux commandes et les esclaves de la dette qui murmurent à la trahison. L’empire ne peut se permettre assez de pain pour maintenir le bonheur du poppolo minuto. Il sera forcé de sévir. Ce n’est qu’une question de temps avant que la police secrète rassemble les leaders et les fasse disparaître.

Après tout, le gouvernement Obama a déjà décidé qu’il a le pouvoir de tuer des citoyens sans aucune forme de procès. Qu’est-ce qui irait l’empêcher d’en tuer beaucoup ?

Les Etats-Unis devront faire quelque chose. C’est du moins comme ça que la plupart des gens voient les choses. Les Etats-Unis seront « en guerre » contre leurs mécontents. Lorsqu’on déclare la loi martiale — comme démontré par les régimes Bush et Obama — on peut s’en sortir avec n’importe quoi.

Les Etats-Unis continueront aussi le programme de cirques à l’étranger. Il serait plus raisonnable de ramener les troupes à domicile et de renforcer les finances du pays. Mais un empire ne recule pas. Et il réussit toujours à trouver un crétin pour le mener là où il doit aller — à sa propre destruction.

Aujourd’hui, la révolution est une marmite bouillonnante de malentendus graisseux et d’illusions peu ragoûtantes. Mais le feu au-dessous est bien réel : c’est la chaleur émise par un système qui ne fonctionne plus.

 

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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