Comment restituer sa grandeur à l’Amérique

Rédigé le 30 janvier 2017 par | Bill Bonner, Richesse Imprimer

Comment savoir si les nouveaux programmes de Trump vont améliorer ou aggraver l’état de l’économie ?

Voici une formule toute simple :

R = vr (gg – gp) où la Richesse est égale à la valeur réelle des échanges gagnant-gagnant moins celle des échanges gagnant-perdant.

Oui, cher lecteur, c’est aussi simple que ça. Comme un tailleur de bois travaillant la matière, nous avons tellement raboté qu’il ne reste rien… sauf l’essentiel : le coeur du bois.

Et maintenant, nous pouvons nous en servir pour voir de quelle façon les changements opérés par Trump vont affecter l’économie.

En ce moment, nous nous trouvons à la pointe sud de la Floride, en compagnie de fervents confrères brésiliens, à qui nous expliquons comment nous menons nos affaires.

« Je lis votre Chronique« , m’a dit l’un d’eux. « Mais d’après ce que j’ai vu, on dirait que vous mettez en colère un bon nombre de vos lecteurs ».

« Est-ce vraiment une bonne idée ? Ne faites-vous pas fuir des clients potentiels ? »

« Euh… Qui sait ? », avons-nous répondu, en prenant de la hauteur. « La Chronique est gratuite. Mais les lecteurs payent avec quelque chose de plus important que de l’argent : leur temps. Et nous nous efforçons de faire en sorte que ce temps vaille la peine, en nous intéressant à ce qui pourrait mal tourner ».

Diminuer le pouvoir des initiés

Alors, qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

Toutes les observations ruminées au cours de ces dernières semaines ont été digérées et se formulent désormais dans une vaste hypothèse :

  1. Le système de l’argent falsifié a été instauré par l’Etat en 1971… Même Milton Friedman, fervent défenseur du libre marché, y était favorable.
  2. Or il s’avère que c’est la meilleure chose qui se soit jamais produite pour l’ennemi juré du libre marché : le Grand Gouvernement. Ce système monétaire a offert des financements quasi illimités aux initiés. Ils s’en sont servi pour bâtir un « Deep State » : une alliance contre nature de l’argent et du pouvoir, un « gouvernement de l’ombre », qui dirige le pays indifféremment de vos choix électoraux.
  3. Ces initiés utilisent le système de l’argent falsifié afin de siphonner pour eux et leurs compères des milliers de milliards de dollars de l’économie ordinaire, essentiellement issue de l’activité de la classe moyenne.
  4. Et à présent, ces initiés contrôlent le gouvernement et son argent.
  5. Donald J. Trump dit qu’il a l’intention « d’assainir le marigot ». Peut-être est-il sincère. Si c’est le cas, il a du pain sur la planche.
  6. Les marchés actions et obligataires auraient déjà dû baisser. Et à l’issue de la plus longue période d’expansion jamais enregistrée depuis les années 1930, une récession devrait également se produire.
  7. Même si ces choses n’arrivent pas, les bestioles du marigot pourraient encore avoir le dessus.

Le nouveau président a bien pris une mesure allant dans la bonne direction, en se retirant de l’accord de partenariat Trans-Pacifique.

Il en a également pris une autre en suspendant la poursuite de la mise en oeuvre de l’Obamacare. Selon un article paru dans le Wall Street Journal, il a gelé toute mesure susceptible de « peser sur les individus, les familles et les assureurs ».

Assainir le marigot, cela veut dire éliminer ces fardeaux. C’est la seule façon de Restituer sa Grandeur à l’Amérique, du moins économiquement.

Aujourd’hui, nous apprenons qu’il a l’intention de réduire les financements de l’ONU. C’est également une bonne mesure.

Pour que le pouvoir et la richesse des Américains augmentent, alors le pouvoir et la richesse des bestioles du marigot doivent diminuer.

La formule de la richesse

Souvenez-vous : il n’existe que deux façons d’obtenir ce que vous voulez.

La première solution, c’est de conclure un accord gagnant-gagnant avec les autres, selon lequel vous donnez quelque chose en contrepartie de ce que vous voulez.

Vous avez une vache. Votre voisin a un poulet. Vous donnez du lait. Votre voisin vous donne des oeufs.

Le « capitalisme », c’est simplement l’élaboration de cet échange. Et toutes les politiques gouvernementales (le QE, la loi Dodd-Frank, les tarifs douanier, les taux d’imposition… tout) peuvent être évaluées par cela.

Est-ce qu’elles facilitent… ou bien compliquent… ces échanges gagnant-gagnant ? [NDLR : Comment faire pour sélectionner les entreprises engagées dans ces échanges fructueux, gages de profits ? Comment les mettre en portefeuille dans votre PEA ? Tout est expliqué ici.]

La deuxième solution, en vue d’obtenir ce que vous voulez, c’est de prendre sans rien donner en échange. Vous abattez la vache de votre voisin et vous la mangez pour le dîner. Le voisin se plaint, alors vous l’abattez lui aussi.

Ca, c’est un accord gagnant-perdant. Vous gagnez. Il perd.

Des incitations perverses

Les accords gagnants-perdants ne créent pas de richesse. Ils se contentent de la détourner.

Le calcul est simple…

Un accord gagnant représente un plus. Un accord perdant représente un moins. Si l’on additionne un plus à un moins, ont obtient zéro (1+ -1 = 0). La richesse mondiale n’augmente pas. Elle ne le peut pas. Car le gain s’est produit aux dépens de quelqu’un d’autre.

Bien entendu, des coûts de transaction et des incitations perverses entrent en jeu.

Le voisin, craignant que vous n’abattiez son bétail, ne prend plus la peine d’en élever. Ni même d’ériger un mur très haut afin de vous éloigner de ses bêtes. Ou bien il tue sa vache, simplement, pour éviter qu’on ne la lui vole. Ou bien il vous tue.

Toutes ces choses détruisent la richesse car les gens obtiennent une part moindre de ce qu’ils veulent réellement.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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