100% de chances de récession mais 90% de chances de baisse de la bourse

Rédigé le 4 mai 2018 par | Bill Bonner, Inflation, dettes et récession Imprimer

Il y a de fortes probabilités pour que l’économie, les actions et les obligations chutent en même temps.

Lorsque nous vous avons quitté hier, la question philosophique la plus importante de toutes pendait à nos lèvres comme une cigarette froide…

Comment faire la différence entre les bons et les mauvais mythes ?

Nous y reviendrons. D’abord, il nous faut une petite période de chauffe… comme Kid Rock qui jouerait une première partie avant que les Rolling Stones n’entrent en scène.

Rien ne va changer

Hier, nous avons examiné les risques. Quelles sont les probabilités, nous sommes-nous demandé, d’assister à un désastre majeur ? Plus élevées qu’on le pense, selon le mathématicien B.J. Campbell. Mais il ne parlait que de raz-de-marée et de révolutions.

Assurez-vous d’avoir un refuge, conseille-t-il, et stockez-y de la nourriture, de l’eau et des armes à feu.

Les risques financiers sont bien plus imminents.

Les économies et les marchés suivent des cycles. Ce n’est pas toujours la hausse… la hausse… la hausse. Et la phase de baisse est toujours douloureuse. [NDLR : Limitez les dégâts pour votre patrimoine – quelques placements bien choisis vous permettront de protéger votre argent… et de sortir gagnant de la crise : cliquez ici.]

Et 68 000 milliards de dollars de dettes (le total aux Etats-Unis actuellement)… c’est aussi très risqué.

Les gens ont dépensé leur épargne. Ils ont joué leur retraite. Ils ont acheté des maisons… des voitures… des actions… et des études universitaire – en comptant sur le fait que « rien ne va changer ».

« Rien ne va changer », cela dure un temps. Ensuite, on passe à « quelque chose de différent ». Suite à quoi ceux qui survivent uniquement parce que « rien ne va changer » ont de gros problèmes.

Voici un antique proverbe : Ce qui monte doit baisser.

Après 106 mois d’expansion économique

Nous venons de franchir un seuil important. L’économie US grimpe depuis 106 mois, ce qui fait presque de cette période d’expansion la deuxième plus longue de tous les temps.

Depuis 1879, il y a eu 28 récessions aux Etats-Unis et (évidemment) 29 reprises. La reprise moyenne dure 41 mois. Nous sommes donc bien au-delà de la limite légale.

Quelles sont les chances de voir un accident se produire ? Nous ne sommes pas mathématicien, mais nous les mettons à environ 100% sur les trois prochaines années.

L’économie va entrer en récession. Des emplois seront détruits. Des voitures et des maisons seront saisies. Des gens seront désespérés.

Comme l’économie, les marchés actions et obligations sont eux aussi cycliques… et sont actuellement sévèrement handicapés. Nous sommes désormais dans la dixième année d’un marché haussier qui a fait grimper les prix à des sommets inédits.

A de tels niveaux, selon la sagesse boursière, la logique et les études du Prix Nobel d’économie Robert Shiller, les 10 prochaines années seront mauvaises pour les actions.

Les prix grimpent et baissent, disent les vétérans.

Quand baissent-ils ? Après avoir grimpé !

Après 38 ans de baisse des taux longs

Quelles sont les chances de voir un déclin majeur des marchés boursiers au cours des trois prochaines années ? A nouveau, nous ne faisons pas confiance aux chiffres, mais nous les mettons à 90% environ (avec une marge d’erreur de 10% parce qu’après tout, personne ne peut le savoir).

Et le marché obligataire, alors ? Les obligations suivent des cycles longs… sur une génération environ. La dernière fois que les obligations étaient aussi élevées, c’était à peu près au moment de notre naissance – après la Deuxième guerre mondiale.

Elles ont ensuite chuté pendant plus de 30 ans… atteignant un plus bas en 1980. Depuis, elles grimpent… grimpent… grimpent…

Mais comme l’a dit Carl Jung – explorateur de mythes par excellence : « aucun arbre ne peut monter jusqu’au ciel ».

Aujourd’hui, après 38 ans, il semble que l’arbre a atteint sa taille maximale. Le cycle s’est retourné.

En fait, nous pensons que le sommet a été atteint il y a près de deux ans, en juillet 2016.

Depuis, les rendements grimpent (tandis que les prix baissent). Déjà, le rendement du bon du Trésor US à 10 ans a quasiment doublé.

Rappelez-vous de l’antique dicton de la Bible disant que « le débiteur est l’esclave du prêteur ». Tant que les taux d’intérêt baissent, le débiteur peut refinancer… à des taux plus bas.

Mais lorsque les taux grimpent, le prêteur sort les chaînes et le fouet. C’est là que les choses deviennent difficiles.

Le retournement sera désastreux

Quelles sont les chances de voir les choses devenir difficiles au cours des trois prochaines années ?

Nous n’en savons rien.

Mais comme avec la mort elle-même, il n’y a pas d’issue. La question n’est pas « si », mais « quand » – et seuls les dieux connaissent la réponse.

Quelle sorte de désastre obtient-on quand les actions, les obligations et l’économie baissent toutes ensemble ?

Nous n’en savons rien. Mais à ce moment-là, nous souhaiterons peut-être avoir suivi le conseil de M. Campbell.

Lundi, nous revenons à notre question : Comment faire la différence entre la sagesse populaire/les mythes utiles… et les mensonges commodes et les sottises ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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