Pourquoi les restrictions budgétaires sont hors de question

Rédigé le 23 septembre 2010 par | Article Imprimer

▪ Rien d’intéressant sur les marchés. Nous n’avons toujours pas une idée claire de ce que va faire la Bourse…

… Le risque est-il au goût du jour, avec une vague de hausse de l’inflation ? Un dollar en baisse ? Un rebond sur Wall Street ? C’est ce que semblent anticiper les matières premières, en tout cas. Elles sont à leur le niveau le plus élevé de ces deux dernières années.

Ou bien le risque est-il passé de mode, avec une volée de bois vert pour les investisseurs — mettant K.-O. les matières premières, faisant grimper le dollar tout en passant à tabac les actions… et même l’or ?

Nous n’en savons rien. Nous attendons. Nous observons. Nous nous demandons ce qui va se passer ensuite…

… et nous maintenons notre capital en or et en liquidités jusqu’à ce que M. le Marché déclare ses intentions.

▪ Sur une note plus légère, voici Thomas L. Friedman exprimant ses pensées les plus profondes dans le International Herald Tribune.

"Ces dernières années, j’ai souvent dit à mes amis européens : vous n’aimiez pas un monde où les Etats-Unis avaient trop de pouvoir ? Eh bien, on va voir si vous appréciez un monde où les Américains n’ont pas assez de pouvoir — parce c’est ce qui attend la géopolitique. Oui, les Etats-Unis sont passés de vainqueur suprême de la Deuxième Guerre mondiale, avec des fusils et du beurre pour tous, à l’une des deux super-puissances de la guerre froide, puis à la nation indispensable après avoir gagné ladite guerre froide, et enfin à la ‘Superpuissance frugale’ d’aujourd’hui. Il faut vous y faire. C’est notre nouveau surnom. Les pacifistes américains n’ont plus besoin de s’inquiéter des ‘guerres de choix’. Nous n’allons plus nous lancer dans de telles choses. Nous ne pouvons pas nous permettre d’envahir la Grenade aujourd’hui".

Y a-t-il une chose que le Sage du New York Times ne sache pas ?

"La Superpuissance frugale" ? Pardon ? Les Etats-Unis ont un déficit qui dépasse le millier de milliards de dollars ?

Ne pas pouvoir se permettre d’envahir la Grenade ? Est-ce une plaisanterie ? Les Etats-Unis ne pourront peut-être pas ne PAS se permettre d’envahir la Grenade. Ils vont bientôt se retrouver à court de temps et d’argent. Et les activistes libertaires de la Tea Party commencent à peser sur la politique américaine. Ils exigent "des restrictions budgétaires".

Sauf que le gouvernement américain ne peut pas fournir de restrictions budgétaires. Pas dans une telle économie. Des réductions de dépenses produiraient probablement des déficits encore plus profonds, puisque l’activité économique diminuerait. Et il y a trop d’électeurs zombies et de lobbyistes. Et puis les Etats-Unis ont une planche à billets, que diable ! Des réductions sérieuses sont hors de question.

Mais quel genre de dépenses obtiendrait le soutien des activistes de la Tea Party… et de tous les autres activistes, parasites, râleurs, keynésiens et marginaux ? Vous l’avez deviné : les dépenses militaires. Déployez le drapeau, imprimez les billets verts et avancez les canons. Qui pourrait y redire ?

Qu’a fait Mussolini lorsqu’il s’est trouvé à la tête d’une nation en faillite ? Il a envahi l’Abyssinie.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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