Restez lucide et essayez d’imaginer vos propres funérailles…

Rédigé le 9 janvier 2017 par | Bill Bonner, Richesse Imprimer

« 210 personnes ont été tuées par balle le premier jour de 2017 », clamait un gros titre sur le site Vox.

Baltimore y a contribué…

Peu après minuit, à Ellicott City [une banlieue de Baltimore], dans le Maryland, un garçon de 15 ans est entré par effraction dans la maison d’une jeune fille de 16 ans et lui a tiré dessus, de même que sur sa mère âgée de 52 ans. La jeune fille a été tuée et sa mère blessée.

Les victimes venaient de rentrer après avoir fêté le Nouvel An avec des parents.

Sans que cela ne figure dans les statistiques nationales, l’un de nos bureaux s’est fait cambrioler le Jour de l’An… et un employé a été menacé avec une arme à feu, à 30 mètres de notre porte d’entrée.

Entre la fête de la Saint-Sylvestre et la fête de l’Epiphanie nous tentons de sortir de notre routine habituelle et de prendre le temps de méditer, de prier et de beaucoup boire.

Tandis que les malfaiteurs et les courtiers reprennent le boulot, nous tentons de penser plus profondément à ce que nous faisons et à là où nous allons.

« Essayez d’imaginer vos propres funérailles », dit un confrère. « Ensuite, pensez à ce que vous aimeriez que les gens disent de vous. »

Nous ne savons pas trop ce que nous voudrions que les gens disent, mais nous savons que nous ne voulons pas qu’ils disent la chose suivante : « il a été abattu alors qu’il se rendait à son travail ».

Cette semaine a été sombre et solitaire. La première semaine de janvier est toujours difficile. Les vagues souvenirs des fêtes de Noël et du Nouvel An s’évanouissent comme les lumières éclatantes de Chicago… alors que le train s’ébranle dans les vastes pâturages déserts de la nouvelle année.

Les journalistes sont à nouveau devant leurs ordinateurs portables. Les apparatchiks du Deep State reprennent place à leurs bureaux. Ainsi que la bureaucratie du Congrès et de l’Etat. Plus personne n’est alors à l’abri d’une atteinte à sa vie, à son argent et à sa dignité.

A présent, le Wall Street Journal raconte que Donald Trump ne se contente pas d’intimider les entreprises américaines mais qu’il menace également les entreprises étrangères. Sans blague. Toyota est un constructeur automobile japonais. Trump pense qu’il doit avoir son mot à dire sur le choix du site où Toyota construira sa prochaine usine.

La dette atteint de nouveaux plus-hauts, ou s’en approche, dans toutes les catégories : ménages, entreprises et Etat. Dans le monde, la dette a augmenté de 79% depuis 2007.

La bulle est devenue bien plus volumineuse. Il est probable qu’elle éclatera avant la fin de l’année.

Quels jouets pour le cimetière ?

Mais cette semaine, nos pensées se sont essentiellement centrées sur notre univers personnel.

Il est déjà assez difficile d’essayer d’imaginer ses propres funérailles (nous avons cependant en tête quelques personnes, que nous aimerions bien voir dans un cercueil…).

Il est encore pire d’essayer de penser à ce que nous faisons et au « pourquoi » nous le faisons… tant que nous sommes en vie.

« A quoi bon ? » Cette question ne cesse de surgir. Nous n’avons jamais trouvé la bonne réponse.

Certaines personnes tiennent une liste de choses à faire avant de mourir. Si nous tenions cette liste, se faire tuer par balle ne figurerait pas dessus. Mais nous n’aimons pas cette idée « de liste avant de mourir ». On dirait un CV accompagnant une candidature au cimetière.

« Oh… Je vois que vous avez été au Grand Canyon. D’accord… vous pouvez entrer », dit la Faucheuse.

« Merci bien, mais nous préférons rester à l’extérieur. A la prochaine ».

Mais même si nous sommes tous destinés à finir au cimetière, une liste de choses à faire avant de mourir sous-entend que l’on n’a rien de mieux à faire que de cocher des cases vides au fur et à mesure : aller quelque part, faire quelque chose, se débarrasser de quelque chose.

A la fin du voyage, les portières de la voiture s’ouvrent et on en sort pour être placé dans la tombe. La vie est finie, il ne reste plus rien sur la liste.

Si, d’un autre côté, on fait exprès d’indiquer sur sa liste des choses que l’on ne peut accomplir, alors ce n’est plus qu’une « liste de souhaits » : comme un vin que l’on aurait voulu goûter ou un film que l’on aurait voulu voir. On peut dresser ce type de liste à tout moment.

« Le gagnant est celui qui possède le plus de jouets » selon la sagesse populaire.

Mais gagnant en quoi ? C’est le grand avantage dont bénéficient les pauvres de leur vivant. Ils peuvent imaginer que posséder davantage de choses leur apporterait joie et amour.

L’homme riche ne cultive pas ces illusions. Il possède déjà tous les gadgets qu’il veut. Il sait que quel que soit le plaisir qu’ils apportent, il est fugace… et vain, en fin de compte.

En ce qui concerne l’amour, laissez tomber. Tout ce qu’il a eu, avec ses millions, c’est une épouse russe… qui s’est enfuie avec le maître-nageur.

Les vrais riches aiment faire semblant

Pendant ce temps, les vrais riches se moquent des parvenus, de leurs belles voitures rutilantes et de leurs nouvelles demeures surdimensionnées.
[NDLR : Au fait, vous venez de payer vos taxes foncières et l’ardoise vous a paru un peu lourde ? Savez-vous que ces impôts sont truffés d’erreur ? Vous pouvez contester et ainsi économiser des milliers d’euros au fil des années. Comment contrôler votre imposition et obtenir jusqu’à 50% d’abattement ? Tout est expliqué ici.]

D’ailleurs, on ne peut plus impressionner personne avec une maison coûteuse car tout le monde en a une. Le Wall Street Journal indique que les promoteurs ont construit tellement de maisons luxueuses sur le marché que les prix commencent à dégringoler.

Les vrais riches prennent du plaisir à faire semblant. Ils vivent modestement, en faisant semblant d’être au-dessus des choses matérielles. Ou bien ils font semblant d’être « bons », en faisant de généreuses donations en faveur du changement climatique ou des orphelins syriens.

Cet argent finit généralement dans les poches des zombies et des compères, tout en transformant les pauvres en parasites dépendants et en appauvrissant le monde car on utilise davantage de richesse que l’on en produit.

Mais les riches ne peuvent s’en empêcher. Ils font des donations aux musées et constituent des collections d’oeuvres d’art… Ils donnent des millions pour que les Haïtiens ne vivent pas dans les rues de Miami.

Mais au bout du compte… qui s’en soucie ? Vous êtes descendu dans le Grand Canyon, avez nagé dans l’Hellespont, remporté un Prix Nobel ?

Qui se soucie que vous possédiez un manoir… ou même que vous ayez raison à propos des krachs boursiers ? Vous… qui n’avez probablement jamais changé un pneu de votre vie… que savez-vous de l’endroit où Toyota devrait construire sa prochaine usine ?

Au final, vous vous retrouverez nez-à-nez avec votre Créateur. Peu importe les usines que vous n’aurez pas mises au bon endroit, les honneurs que vous aurez reçus, ou les vieilles dames que vous aurez aidées à traverser la rue…

… Il se moquera probablement de vous.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Restez lucide et essayez d’imaginer vos propres funérailles…”

  1. Que voulez-vous que l’on inscrive sur votre tombe….. et qui vous suivra outre?

    Moi, c’est « il a vécu sa vie ».

    http://wp.me/p4Im0Q-1tG

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