Plafond de la dette : plus de limite, est-ce bien raisonnable ?

Rédigé le 13 septembre 2017 par | Dette, Simone Wapler Imprimer

Le « plafond de la dette » américaine n’existera bientôt plus. La « valeur refuge » préférée des investisseurs institutionnels disparaît.

Un pacte a été conclu le 7 septembre 2017 entre Trump et les démocrates ; le prochain débat du Sénat en décembre prochain devrait être une simple formalité.

Le 8 septembre, la dette de l’Etat fédéral américain atteignait 20 000 Mds$.

Bill Bonner vous dévoile les dessous politiques de cette affaire.

Je vous propose de nous intéresser à l’arrière-cuisine financière.

Pour les investisseurs institutionnels, le cash n’existe pas. Quand on dit que le dollar est une « valeur refuge », les banquiers et gérants de fonds n’empilent pas des liasses de billets dans des coffres.

Ils achètent des bons du Trésor américain.

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Dans notre monde de monnaie fiduciaire, sans ancrage dans le réel, la dette privée est en principe illimitée. Avec 1 € ou 1 $ de fonds propres, une banque commerciale peut en faire surgir 20 ou 30 sous forme de crédit. Si les créanciers paient, des profits se rajouteront aux fonds propres et permettront à la banque de prêter encore plus.

Toutefois, la dette publique américaine était limitée par le plafond de la dette.

Les amateurs de « valeur refuge » savaient par exemple que le plafond était à 15 000 Mds$.

dette fédérale

Bien entendu, pour le confort du Deep State, ce plafond était toujours relevé. Mais nos investisseurs lisaient dans les journaux que tel était le cas et connaissaient la nouvelle limite fixée. Bref, leur « valeur refuge » augmentait en quantité mais de façon connue à l’avance.

Désormais ce ne sera plus le cas. La « valeur refuge » préférée des professionnels pourra être émise en quantité illimitée sans avertissement. 20 000 Mds$ mais pourquoi pas 40 000 Mds$ ? Les luttes contre la pauvreté, le changement climatique, le terrorisme sont des combats coûteux… Quel est le prix du bonheur universel, cher lecteur, en avez-vous une idée ?

Quelle est la vraie valeur de quelque chose qui peut se multiplier à l’infini ?

De nos jours, les monnaies fiduciaires contrôlées par les banques centrales ont deux concurrents : l’or et la famille des cryptomonnaies, bitcoin en tête. Ce sont deux actifs qui ne sont pas multipliables à l’infini. Comment ont-ils réagi ? [NDLR : Connaissez-vous cette stratégie pour profiter de l’essor des cryptomonnaies ? Si vous agissez avant le 30 septembre, elle pourrait vous permettre de transformer un billet de 20 € en… 2,18 M€. Aussi fort que le Loto !]

Le jour où Trump a conclu son accord politique concernant le plafond de la dette, le 7 septembre, l’or a connu une forte poussée. A New York, Il est passé de 1 338 $ l’once à 1 349 $ l’once. Cela fait +0,8% en quelques heures…

gold

Et comme vous pouvez le constater, pour la « relique barbare » selon Keynes, c’est une journée mouvementée. Lorsque l’Asie s’est réveillée, l’or a dépassé 1 350 $ l’once. En fait, juste après cet événement politique, l’or a grimpé de 1,3%.

gold 24h

Par la suite, l’effervescence est un peu retombée, évidemment, et l’or est revenu à son niveau antérieur.

Que s’est-il passé ce jour-là et le lendemain du côté des cryptomonnaies ? Rien — ou plutôt, elles ont chuté parce que dans le même temps la Chine mettait de nouvelles limites à la spéculation.

La capitalisation des quelque 1 100 cryptomonnaies est passée de 165 Mds$ à moins de 150 Mds$.

Aristote 1 – Platon 0

J’entends et je lis actuellement beaucoup de réflexions sur la monnaie émanant de ce qu’il est convenu d’appeler des « intellectuels », « économistes » en général étatistes.

L’ignorance de l’histoire monétaire de ces brillants esprits médiatisés est tout simplement confondante.

Par le passé, des « intellectuels » s’étaient penchés sur la monnaie. Méconnaître les réflexions d’Aristote, Platon, Copernic (pour ne citer que quelques morts illustres et ne vexer personne) sur ce sujet est assez surprenant. Oseriez-vous présenter vos théories sur la physique en ne sachant rien de Newton, ou sur l’électricité en ignorant tout de Volta à Edison ?

Mais comme disait Audiard : « les cons, ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît ».

Après avoir étudié les finances des cités grecques et quelques faillites, après avoir codifié les principales fonctions de la monnaie, Aristote était arrivé à une conclusion qui contredisait Platon, son maître.

Pour Aristote, la monnaie devait avoir un ancrage réel pour être un réservoir de valeur, une fonction très importante. La monnaie devait être adossée à une marchandise car pour qu’un accord soit équitable, il faut échanger quelque chose contre autre chose plutôt que du vent.

Pour Platon, la monnaie pouvait n’être qu’une simple « convention sociale ».

Six siècles avant Jésus-Christ, environ trois siècles avant qu’Aristote ne se penche sur la question monétaire, l’or et l’argent s’imposaient progressivement par l’usage. Ces métaux ont été plébiscités et préférés à d’autres marchandises en concurrence telles que le bétail, les céréales, les coquillages ou les perles de verre.

1 500 ans plus tard, la conclusion d’Aristote est validée par les faits. Parmi 775 monnaies fiduciaires ayant existé ou encore existantes, 599 sont mortes d’hyperinflation, de guerre, par effondrement d’empires…

1 500 ans plus tard, l’or sommeille toujours dans les coffres des banques centrales tandis que de dangereux alchimistes sévissent à la tête des banques centrales.

Selon les travaux du professeur de génétique de Stanford, Gerald Crabtree, l’intelligence humaine aurait culminé à l’époque grecque. Et s’il avait raison ?

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

2 commentaires pour “Plafond de la dette : plus de limite, est-ce bien raisonnable ?”

  1. Je partage pleinement depuis fort longtemps l’opinion du professeur de génétique de Stanford, Gerald Crabtree, « l’intelligence humaine aurait culminé à l’époque grecque.  »

    En tout cas dans celui de la logique des sciences et de la pensée humaine. L’Intelligence Artificielle qui ébahi la plupart des scientifiques tous analystes et non synthétistes est un vrai piège pour l’Humanité qui participera à sa destruction sans état d’âme. Et si le robot dit « intelligent » doté de l’IA était la nouvelle espèce qui remplacera celle des hommes et des autres espèces vivantes d’ici 30 ans?

  2. Pour convaincre les sceptiques sur notre avenir très proche où tous les humains seront remplacés par les robots dotés d’IA et dans l’ébahissement le plus total de nos scientifiques analystes médusés par leurs performances…

    Comme dans les précédents concerts tenus sous le plafond de fresque du magnifique Teatro Verdi, à Pise, en Italie, les musiciens sont attentifs, des instruments prêts, des yeux concentrés sur le Maestro. Les solistes sont prêts aussi, en attendant le début du mouvement du conducteur vers le haut avec le baton. Pourtant, ce n’est pas une performance ordinaire, et aucun conducteur ordinaire. Ici, YuMi d’ABB, le premier robot à double bras véritablement collaboratif du monde, fait ses débuts directeurs.

    C’était la scène la nuit dernière, alors que YuMi dirigeait le tenor italien Andrea Bocelli dans un programme de Verdi lors d’un concert de charité pour le gala du First International Festival of Robotics. Plus de 800 invités illustres du monde entier ont apprécié le programme intitulé «Un souffle d’espoir: du Stradivarius au robot». Parmi les invités de cette performance spéciale, le PDG d’ABB, Ulrich Spiesshofer, sous le leadership de YuMi, a été développé lorsqu’il était responsable de la tour de l’activité Robotique.

    Voir et écouter l’effondrement de l’Humanité dans l’Art et la Culture… : https://www.youtube.com/watch?v=xnLzxkkKFJU

    Con(s)vaincus ou pas encore? 😉

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