Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde

Rédigé le 7 septembre 2017 par | Article, Chronique, Ferghane Azihari Imprimer

« Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ». Ces mots prononcés par l’ancien premier ministre Michel Rocard servent de refrain chaque fois que la question migratoire revient au premier plan de la scène politique.

Bien sûr, on oublie de rappeler que la citation est tronquée. Il faudrait rajouter « … mais nous devons prendre notre part » pour obtenir les propos complets.

Peu importe.

Car malheureusement pour les quelques minorités bien-pensantes qui osent compléter ce refrain, il ne s’agit pas de philanthropie. Au contraire, se demander s’il faut accueillir « la misère du monde » est révélateur du mépris, peut-être inconscient, que nous témoignons vis-à-vis de ceux qui fuient la guerre ou la pauvreté. Que les philanthropes bien intentionnés ne s’y trompent donc pas : leurs discours misérabilistes teintés de paternalisme participent également à la marginalisation des immigrés.

Envisager la migration sans brandir l’assistanat

Suggérer qu’il faille « prendre notre part » de « misère du monde » montre avant tout que l’on n’arrive pas à concevoir les questions migratoires autrement qu’à travers l’assistanat. À croire que le réfugié qui émigre aspire à exporter sa seule condition misérable en se contentant de vivre aux crochets de la société sans chercher à améliorer sa situation personnelle.

Le réfugié est dépeint comme un être voué à demeurer un simple fardeau, incapable de faire preuve d’initiative quand bien même ses péripéties migratoires feraient pâlir les plus aventuriers d’entre nous.

Cette représentation infantilisante de l’immigré « parasite » n’est pas seulement insultante pour celui-ci. Elle ternit son image auprès des locaux, ce qui compromet ses chances d’être acceptés par ces derniers.

Les État-providence les plus généreux sont les plus fermés

La réputation des réfugiés est déjà bien entamée par les préjugés entretenus auprès des contribuables peu enclins à ajouter à la « solidarité publique ».

C’est pourquoi les électeurs tendent à demander une plus grande répression des réfugiés si cela permet d’éviter de nouvelles concessions budgétaires.

À la différence du capitalisme libéral, la social-démocratie ne peut en effet que fonctionner que dans le cadre étroit et primitif de la tribu nationale, sans quoi elle s’effondrerait.

Ceci explique pourquoi les État-providence les plus généreux sont également les plus fermés. Le Danemark est un cas emblématique. Notons que cette fraternité exclusive n’est pas sans contradiction avec les valeurs égalitaires prétendument incarnées par l’État social.

Le mythe de l’immigré parasite se heurte à toutes les données disponibles en la matière. Les informations dont on dispose suggèrent que les immigrés sont en moyenne plus entreprenants que les populations locales, pour peu qu’on les laisse travailler librement.

Mais cette option est rarement débattue dans les pays développés où sévit l’illettrisme économique qui conduit à considérer le marché de l’emploi comme un gâteau fixe. Selon cette vision, l’emploi de l’étranger se traduit par le chômage d’un autochtone.

À ceci s’ajoute la prédominance culturelle des idées socialistes qui considèrent toute immigration comme l’armée de réserve du capital.

Ces biais conduisent les populations à considérer que l’immigration économique appauvrit tout le monde. Sensibles aux pressions des masses, les gouvernements se contentent d’ouvrir des centres d’accueil et des camps de réfugiés.

Le marché noir préférable aux centres d’accueil

Mis à part peut-être les quelques technocrates qui vivent de la mise en œuvre de ces programmes, chacun sait qu’ils ne sont pas durables. Ceux qui « bénéficient » de ces mesures en sont eux-mêmes conscients. Selon les chercheurs Alexander Betts et Paul Colliers, dans des pays comme la Turquie et la Jordanie, 85% à 90% des réfugiés boudent les camps administrés par l’ONU pour s’employer sur le marché noir à défaut d’être autorisés à travailler légalement.

Certains gouvernements ont entrepris quelques réformes pour faciliter l’insertion professionnelle des réfugiés. L’Ouganda est à cet égard réputé avoir la législation la plus libérale en Afrique – à tel point que dans Kampala, la capitale du pays, 21% des réfugiés possèdent leur propre entreprise et emploient des autochtones.

En Europe, l’insertion professionnelle des réfugiés ne figure pas parmi les priorités des dirigeants. Même un pays comme l’Allemagne, qui a fait le choix d’accueillir sur son sol un million de réfugiés syriens, n’a pas pris la peine d’ouvrir son marché de l’emploi. Résultat : l’écrasante majorité des réfugiés – y compris les plus qualifiés – se retrouvent au chômage et sont condamnés à vivre de l’assistance publique ou privée.

Si nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde, la première chose à faire est alors d’arrêter de la fabriquer en multipliant les restrictions sur le marché de l’emploi.

Ferghane Azihari
Ferghane Azihari
Coordinateur pour Students for Liberty

Ferghane Azihari est journaliste et analyste indépendant spécialisé dans les politiques publiques. Membre du réseau European students for Liberty et Young Voices, il collabore régulièrement avec divers médias et think tanks libéraux français et américains pour promouvoir une culture favorable à l’économie du marché. Ses centres d’intérêt portent plus précisément sur les politiques publiques européennes et nationales qui touchent au commerce et à la concurrence.

5 commentaires pour “Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde”

  1. Je pense que votre article est « en dehors de la plaque » comme on dit! Le titre déjà est incomplet. « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ». Il faut y ajouter « ..parce que la culture occidentale » – anglo-saxonne protestante crypto-calviniste surtout et française jacobine et franc-maçonne et anticléricale – » par son colonialisme séculaire et son néocolonialisme par les multinationales a généré.. » serait plus exact pour que le VULGUS(le peuple de basse origine..) européen puisse comprendre la cause de cette immigration. Après avoir dilapidé les ressources minières, agricoles et humaines ou autres du continent européen et « américain », elles s’acharnent sur les deux seuls continents encore disponibles à savoir la Russie et la Chine jusqu’à Vladivostok. Ne nous étonnons pas que les peuples émigrent de ces régions migratoires insensées alors que ces multinationales dites « libérales » ou « démocratiques » dilapident sans vergogne toute la planète. Revoyez votre article car il ne parle pas des causes mais dilue les conséquences dans des raisonnements totalement absconses pour rendre la compréhension du problème compliqué au profane alors qu’il est tout simple: Arrêter de voler les richesses des autres sans scrupule pour le bien être d’une minorité parasite qui ne bosse jamais.

  2. Article sans grand intéret ,qui sent le racisme anti-europeen ; rien à faire dans cette chronique….

  3. Bonjour,

    L’immigration est une forme d’esclavage par laquelle les esclaves sont poussés à se déplacer d’eux-mêmes vers les lieux de servitude. Finies les rafles, oubliés les transports « négriers » et les marchés de la honte. L’esclavage à l’ancienne, devenu hors de prix, s’est réorganisé.

    L’immigration est, plus que jamais, l’armée moderne de réserve du capital.

    Les guerres entretenues (par qui?) en périphérie européenne lui apportent des régiments de réfugiés en renfort.
    Et donc non, l’immigration de masse, ne serait-ce que par ses causes, n’appauvrit pas tout le monde et surtout pas les marchands d’armes.

    Pour le reste, cet article est trop marécageux pour que j’aie la moindre envie de m’y enfoncer davantage. Je veux bien me mettre à la place des victimes, mais pas lorsqu’elles refusent de comprendre qu’elles sont manipulées et instrumentalisées pour culpabiliser d’autres gogos afin qu’ils paient la facture finale pour avoir bonne conscience.

    L’immigration est une gigantesque arnaque. Elle est un crime organisé.

  4. EchoGmt7, je partage pleinement votre point de vue.

    J’ai omis dans mon commentaire en parlant des deux continents, le continent africain et la partie asiatique et russe du continent eurasiatique.

  5. je suis entiere ment d accord avec Amora….
    l immigration est en grande partie du a l occident qui intervient dans les pays en mettant les gouvernement â sa botte pour exploiter les ressources de ces pays. vous savez, monsieur, moi même je clame, depuis des decennies, qu il faut stopper l immigration et laisser aux gens la possibilite de vivre dans leur pays, je ne pense pas qu il viennent en europe perdre leur illusion par plaisir, seulement cela va prendre fin dans un cataclysme car nous allons au devant d une crise economique sans precedent.
    croyez moi que le jour ou l argent social ne pleuvra plus de l etat qui sera en banqueroute, vous verrez la souffrance que les immigres vont devoir endurer grace a des gens comme vous qui encouragé l’immigration et traite les peuples des « democratie » de raciste. Nous ne sommes pas raciste mais nous devinons qu a ce rytme nous allons avoir prochainement un probleme… si vous ne sentez pas cela arriver alors changer de metier et faite de l humanitaire ou du social

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