Memento mori

Rédigé le 5 novembre 2018 par | Indices, marches actions, strategies, Krach boursier imminent 2018 Imprimer

Tout passe, tout casse. Ce grand marché haussier, le plus long de l’histoire financière, finira lui aussi par se plier à cette règle.

Nous avons passé le week-end de la Toussaint en France avec des amis et de la famille.

L’une de nos tantes repose dans le cimetière local. Elle est venue avec nous lorsque nous avons emménagé en France, il y a 25 ans. Elle admirait énormément les Français et avait toujours voulu vivre en France.

Hélas, le temps ne l’a pas attendue. Elle avait déjà plus de 80 ans lorsque nous sommes arrivés, et avait déjà eu une attaque. Nous doutons qu’elle ait profité de son temps ici… et elle est morte quelques années plus tard.

Tout passe, tout casse…

Hier matin, il faisait froid et gris. L’été est bel et bien terminé. Nous avons profité de l’occasion pour faire notre propre memento mori.

« Quoi de neuf ? » avons-nous demandé à notre régisseur à temps partiel, Damien. Il nous a retourné la question pour se donner le temps de composer une réponse.

« Eh bien… rien. Notre petite ville est toujours la même. Rien ne change jamais. Sauf que les gens vieillissent. Jean-Pierre ne peut plus du tout marcher. Il pouvait s’en sortir avec des béquilles il y a quelques semaines encore. Maintenant, il est toujours en fauteuil roulant. Ses jambes ont enflé.

« Claude se bat toujours contre le cancer, et je crois qu’il perd. Il avait très mauvaise mine la dernière fois que je l’ai vu ».

Les dernières nouvelles de nos amis n’étaient pas bonnes.

« J’imagine que c’est comme ça pour tout le monde », a dit Damien d’un air sombre.

Nous pensions la même chose. « Tout passe, tout casse, tout lasse »… les montagnes, les hommes et les marchés… mais pas tous au même rythme.

Il faut des millions d’années pour aplatir une montagne. L’homme aussi a une date de péremption — soixante-dix ans, est-il dit dans la Bible (nous espérons tenir un peu plus longtemps)… Quant aux marchés, tout dépend.

En examinant la longue évolution du marché boursier telle que mesurée en véritable monnaie — l’or –, nous voyons quatre sommets et trois planchers majeurs sur les 100 dernières années.

Les génies des maths verront bien vite ce qui manque : un plancher. Tout « je suis » doit être suivi d’un « j’étais » — et à tous les grands sommets doit succéder un plancher majeur. Sinon, l’équilibre de la vie se trouve faussé.

graphe - évolution Dow Jones  - or

Source www.longtermtrends.net

 

Désespérément malade

Le premier grand sommet boursier, calculé en comparant le Dow à l’or, s’est produit en août 1929. Ensuite, le marché boursier est mort… perdant 90% de sa valeur, en termes d’or, sur les quatre années suivantes.

Le sommet suivant a eu lieu une bonne génération plus tard, en janvier 1966. Suite à quoi, alors même que le marché semblait au plus haut de sa forme, il est tombé désespérément malade… et s’est fané durant 14 ans, effaçant 95% de sa valeur — là encore en termes d’or.

Il a fallu 19 ans supplémentaires pour que le marché se remette entièrement et atteigne un nouveau plus haut, en octobre 1999. Ce fut le troisième — et plus grand — sommet du XXème siècle, où il fallait 40 onces d’or pour acheter toutes les actions du Dow.

Comme d’habitude, les commentateurs proclamèrent une « nouvelle ère ». Grâce à la Révolution de l’information, dirent-ils, ce marché pourrait vivre éternellement.

On n’en était pas au début du cycle de vie du marché, toutefois… mais bien à la fin. Il était déjà devenu ce qu’il était. Il était prêt à accomplir son destin… en mourant.

A la fin 1999, les actions avaient déjà commencé à baisser. Durant les 11 années qui suivirent, elles chutèrent, atteignant un plus bas en septembre 2011 — sur une perte de 85%.

A partir de là, eh bien… nous sommes désormais dans l’Histoire récente.

Les actions ont grimpé en flèche et sont désormais à un autre sommet majeur — pas aussi élevé que 1999 en termes d’or, mais plus haut que 1929 et proche du sommet de 1966.

Les actions pourraient-elles aller plus haut encore ? Oui, bien sûr… Toutes les maisons de retraite abritent quelques vieux croûtons qui ont surpris les médecins et consterné leurs héritiers.

Les tendances durent souvent plus longtemps qu’on le prévoit… puis chutent plus vite et plus dur qu’on le pensait possible.

Qui imaginait en 1929 — au plus haut des Années folles — qu’une Grande dépression était en route ?

Qui avait prévu — alors que la prospérité des années 1960 battait son plein — que nous attendrions 33 ans que les actions se remettent ?

Quel sage prévisionniste savait que la fabuleuse technologie de « l’Ere de l’information » serait un four ?

Aujourd’hui… juste au cas où… nous vous laissons sur un avertissement : ce qu’étaient ces krachs et ces dépressions, c’est ce que deviendra cette bulle.

Achetez de l’or. Vendez les actions.

Memento mori

 

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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Un commentaire pour “Memento mori”

  1. Sans Être expert en analyse graphique, il semble que 20 once/dow soit un bon support/résistance entre 1929 et 2010 ?

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