Notre Indice de la Ruine s’anime…

Rédigé le 27 juillet 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

Les marchés actions grimpent toujours et rien ne semble pouvoir les freiner. Pourtant, les hausses des chiffres d’affaires et des bénéfices sont modestes dans l’absolu.

Est-ce que quelque chose pourra stopper ce marché haussier ?

Au moins, nous connaissons la réponse à cette question : oui.

Quand ?

Les fidèles lecteurs de la Chronique sont bien placés pour savoir qu’il ne faut pas se fier à nos conseils en matière de market timing. Alors au lieu de se fier à notre instinct, le département recherche de Bonner & Partners a mis au point un Indice de la Ruine pour nous guider.

Or que dit-il en ce moment ?

Pour l’actualisation de l’indice, nous nous tournons vers notre excellent analyste, Joe Withrow.

Mais d’abord, un petit peu de contexte…

L’Indice de la Ruine est composé de 11 indicateurs :

  1. Croissance des prêts bancaires
  2. Baisse des notes de crédit
  3. Prix des junk bonds (obligations pourries)
  4. Valorisations boursières
  5. Soldes débiteurs des comptes sur marge
  6. Sentiment des investisseurs (indicateur contrarien, l’optimisme généralisé étant plutôt mauvais signe)
  7. Sentiment des industriels
  8. Fret ferroviaire
  9. Emplois non agricoles
  10. Ratio dette/revenus disponibles des ménages
  11. Permis de construire trimestriels

Joe et son équipe actualisent ces indicateurs tous les trimestres. Et tous les trimestres, ils attribuent des points en fonction de ce que révèlent ces indicateurs.

Lorsque l’indice atteint six ou sept points, il est temps de se montrer prudent. Lorsqu’il atteint huit ou neuf points, il est temps d’agiter les lambeaux du drapeau d’Alerte au Krach.

Tout ce qui dépasse neuf signifie que les actions – et l’économie – ont de graves problèmes.

Alors, quelles sont les dernières nouvelles ? D’après Joe :

« La plupart des données relatives au deuxième trimestre sont disponibles. Mais nous attendons toujours les chiffres du trafic ferroviaire et des permis de construire. L’Indice ISM manufacturier révèle à nouveau des données relativement fortes. Je ne m’attends pas à ce qu’elles baissent pour le moment.

L’Indice de la Ruine est à six points désormais, ce qui correspond à notre ‘premier niveau d’alerte’.

Voici les indications relatives au deuxième trimestre : la Fed a annoncé une croissance du crédit de 0,8%. C’est en baisse par rapport au chiffre de 1,5% publié par la Fed au premier trimestre.

Nous avons également constaté une légère hausse des dégradations des notes attribuées aux obligations ce mois-ci. La tension sur les marchés du crédit est presque palpable. Mais les cours des junk bonds résistent encore fortement.

Les valorisations boursières demeurent élevées par rapport aux niveaux historiques. Mais notre indicateur de sentiment haussier, en ce qui concerne les investisseurs, est relativement bas. L’euphorie qui précède un krach majeur est absente.

Les ratios dette/revenus des ménages se situent encore à des niveaux modérés, eux aussi. D’un autre côté, les crédits-autos et les prêts étudiants crèvent le plafond.

Alors, dans l’ensemble, il y a à boire et à manger dans les données recueillies pour le deuxième trimestre. »

Des pertes sans espoir de rétablissement

Nous ne sommes pas plus doué que les autres – voire moins, peut-être – pour vous dire à quel moment le prochain krach interviendra. Ni même de quelle manière. Mais il va se produire… nous n’en doutons pas.

Et lorsque cela va arriver, les pertes – à en juger par des évènements similaires survenus dans le passé – seront probablement supérieures à 50%.

Pire encore, ces pertes pourraient être permanentes, tout comme cela s’est produit au Japon.

La Banque centrale japonaise a usé de tous les tours de passe-passe connus pour faire remonter son marché actions : le ZIRP (politique des taux à zéro), le NIRP (politique des taux négatifs), le QE (assouplissement quantitatif), et l’endettement le plus colossal du monde.

Mais les cours du marché actions sont toujours inférieurs à leurs niveaux de 1989… soit il y a 28 ans de cela.

En tant qu’investisseur, votre objectif est de tenter d’obtenir des rendements corrects sur votre argent, sans le perdre lors d’un effondrement. Les actions américaines sont assorties d’un grand risque. Il vaut mieux les éviter.

Cette semaine, des sociétés dont la capitalisation boursière dépasse les 3 000 Mds$ vont annoncer leurs résultats. Sauf quelques surprises, elles afficheront toutes une modeste hausse de leurs bénéfices.

Mais attendez, il y a quelque chose de louche, là. Depuis 2009, les bénéfices par action, en ce qui concerne les entreprises américaines, ont augmenté de 265%, soit une hausse spectaculaire. En revanche, les chiffres d’affaires, eux, n’ont augmenté que de 32%.

Comment est-ce possible ? Encore un miracle ?

Mots clé :

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Laissez un commentaire