Quel imbécile, ce George Washington !

Rédigé le 21 août 2017 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

Le politiquement correct qui veut réviser l’histoire et effacer l’esclavage est aussi ridicule que la prétention des banquiers centraux  à effacer les crises.

Quel imbécile, ce George Washington !

Il possédait 317 esclaves. Ne voyait-il donc pas que c’était mal, l’esclavage ?

Et Jefferson ? Et Madison, Monroe, Jackson, Van Buren, Tyler, Harrison, Polk, Taylor, Johnson ? Et Ulysses S. Grant.

Ne voyaient-ils donc pas la misère qui régnait dans les quartiers des esclaves et n’entendaient-ils pas résonner le fouet de Simon Legree, dans les champs [NDR : La Case de l’Oncle Tom] ? Ne voyaient-ils pas que ces cœurs nobles aspiraient à la liberté ?

Quelle bande d’idiots !

Depuis le 16 août, le Dow Jones est en baisse.

Le vétéran de Wall Street, David Stockman – qui surveille le marché de plus près que nous – m’a dit lors d’un bref entretien que, selon lui, le marché « était prêt à s’effondrer à tout moment ».

Nous consulterons notre « Indice de la Ruine » bientôt. En attendant…

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La mise à mort de « Little Nellie »

Les esclaves eux-mêmes devaient être des abrutis.

Voici ce que disait de son maître William Mack Lee, domestique de Robert E. Lee pendant la guerre et affranchi dix ans avant qu’elle ne débute :

J’ai été élevé par l’un des plus grands hommes du monde. Nulle femme n’a jamais mis au monde un homme plus grand que le général Robert E. Lee, selon moi.

William Lee a accompagné le Général Lee – « Maît’ Robert », comme il l’appelait – tout au long de la guerre.

Il était à ses côté à Cheat Mountain, à Seven Days, Manassas, South Mountain, Antietam, Fredericksburg, Chancelorsville, Gettysburg, Wilderness, Spotsylvania, Deep Bottom… et enfin à Appomattox Court House, soit presque tous les théâtres sanglants de la Guerre de Sécession.

Il cuisinait, faisait le ménage, amenait son cheval à Maître Robert. Il s’occupait des généraux de la Confédération, lors de leur passage. Il fut blessé à la tête et à la hanche et estropié jusqu’à la fin de ses jours.

Dans ses mémoires, il ne se rappelle qu’une seule fois où le général Lee s’est mis en colère contre lui : c’était le 3 juillet 1863.

Un groupe de généraux arrivait pour une réunion. Il fallait les nourrir. Or il n’y avait d’autre nourriture que la poule pondeuse préférée de Lee. N’ayant d’autre choix, le cuisinier passa la poule à la casserole.

Un chroniqueur du XIXe siècle mentionne que William Lee avait la larme à l’œil en racontant cet incident, 30 ans plus tard.

« Il a fallu que j’attrape la petite Nellie. Je l’ai attrapée puis farcie de pain mélangé à du beurre. Nellie était avec nous depuis deux ans, et j’ai détesté la perdre. C’était Nellie qui fournissait tous nos œufs.

Eh bien, Monsieur, lorsque j’ai apporté Nellie à la cantine et que je l’ai servie à Maît’ Robert, il m’a grondé devant tout le monde : « William, maintenant que tu as tué Nellie, qu’allons-nous faire, pour les œufs ?

Il fallait bien que je le fasse, Maît’ Robert, ai-je dit.

Non, William. Je vais écrire à Mademoiselle Mary à ton sujet. Je vais lui dire que tu as tué Nellie. »

Des grues et de la dynamite

Que savait Willian Lee, à propos de Robert E. Lee ?

Il a été à son service pendant les quatre ans de la guerre la plus sanglante de l’histoire de l’Amérique.

Ils ont vécu dans des tentes, par des hivers au froid mordant, des printemps boueux et des étés étouffants. Ils ont vu des hommes mourir… des milliers d’entre eux… sans médicaments permettant de les sauver, ni morphine pour soulager leurs souffrances.

William Lee a vu son maître de près et sous pression. Il le connaissait bien, mais seulement en tant qu’homme, et non en tant que dieu.

Comme tous les gens qui ont vécu avant nous, William Lee devait être idiot. Nous sommes tous tellement plus sages, … tellement plus intelligents… nous valons tellement mieux, à présent.

Nous savons que son maître ne méritait aucun honneur, aucun compliment et aucune commémoration.

Toutes les statues de Robert E. Lee devront être déboulonnées. Ainsi que presque toutes celles des présidents ayant précédé la guerre de Sécession.

Quitte à éradiquer les symboles de l’esclavage, autant faire sauter ces monuments construits par des esclaves, en Europe et en Afrique du Nord, également. Les pyramides en Egypte. Le Parthénon et l’Acropole, en Grèce. Le Colisée, en Italie.

Et pourquoi s’arrêter là ?

Que dire de la Kaaba, à La Mecque, du Taj Mahal, en Inde, des pyramides mayas, de la Grande Muraille de Chine, et d’Angkor Vat ?

Et que dire des œuvres de Platon, Aristote, Archimède, Marc Aurèle, Sun Tzu, Dante et Virgile ?

Qui leur servait le thé ? Qui nettoyait leurs maisons ? C’est sûr, leurs livres – et les monuments à la mémoire de ces abrutis (n’avaient-ils donc aucune jugeote ?) – devraient être brûlés.

Tous les vestiges de ce passé odieux devraient être rasés.

Oui, voilà. Nous allons débarrasser le monde de toute trace d’esclavage une bonne fois pour toutes… et enfin vivre dans cette perfection que nous méritons, nous qui sommes pratiquement des dieux, qui savons tout et ne nous trompons jamais.

Des dieux et des démons

Nous avons débuté la semaine en nous inclinant devant nos dieux mais agenouillé pour poser des tomettes.

Nous l’achevons à présent la tête baissée… à regarder nos pieds : et là, le sol sur lequel nous nous tenons, c’est l’enfer dans lequel nous sommes tombés.

Donald Trump – malgré toutes ses balivernes et âneries – a raison : les informations sont bidon. Mais cela a toujours été ainsi.

William Lee connaissait son maître comme un maçon connaît son bloc de granit : comme un homme véritable. Pour nous, ce n’est qu’un personnage de bande dessinée, un homme « qui n’est pas pour de vrai », un dieu ou un démon… selon la direction dans laquelle souffle le vent des médias.

Et aujourd’hui, il souffle un vent d’autosatisfaction. Pour l’instant, enfin, au bout de tant de siècles, nous avons atteint le summum de la supériorité morale et intellectuelle. Nous connaissons la Vérité.

A présent, nous savons que les héros d’hier étaient des traitres et des terroristes. Les dieux d’hier étaient des démons. Et les grands penseurs d’hier étaient des crétins.

Mais attendez… Que penseront de nous les saints et les génies de demain ?

Que penseront-ils de ces 2,2 millions de personnes qui peuplent nos prisons ? C’est le nombre le plus élevé sur Terre ; seuls les goulags soviétiques et les camps nazi en ont compté davantage.

Que penseront-ils de nos guerres meurtrières : plus de 2 millions de morts au Moyen-Orient, dans le cadre de la guerre de l’Amérique « contre le Terrorisme » ? « Quel était le propos ? », se demanderont-ils.

Que penseront-ils de notre système monétaire totalement bidon – qui a abouti à la plus vaste bulle de la dette de toute l’histoire du monde… laquelle sera probablement suivie de la plus gigantesque explosion jamais enregistrée ?

Que penseront-ils du fait que l’on ait volé la classe moyenne productive afin d’enrichir Wall Street et les initiés du Deep State ?

Et que penseront-ils de cet orgueil démesuré… de l’intolérance… du culot… de ces gens qui jugent leurs pères et leurs grands-pères si durement et qui pensent sérieusement qu’ils sont plus intelligents et valent mieux que les 10 000 générations qui les ont précédés ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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