L’Illinois, le premier Etat américain en faillite

Rédigé le 16 juin 2017 par | Banques Centrales, Bill Bonner Imprimer

L’Illinois est en mauvaise posture.

Cet état déplore 14,6 Mds$ de facture impayées… sans compter 130 Mds$ de pensions de retraite à régler. Il enregistre un déficit de 6 Mds$, et, sans budget depuis deux ans, le fonctionnement de son gouvernement est problématique.

L’Illinois est le premier état américain en faillite. A notre avis, ce ne sera pas le dernier…

… ce qui nous invite à réfléchir, brièvement, à ce qui nous attend.

Le gouvernement représente toujours un moyen par lequel quelques personnes exploitent la multitude. Mais depuis que l’usage des armes et de la presse bon marché s’est répandu, ces quelques personnes doivent soudoyer, intimider et embobiner la multitude afin de conserver le pouvoir.

C’est ce qu’elles appellent la « démocratie ».

Traditionnellement, les états empruntent et font des promesses, en reportant les financements à plus tard. Il y a deux ans, Forbes a estimé que la totalité des engagements de retraite non financés de tous les états américains s’élevait à 3 000 Mds$. Sans tenir compte des obligations des pouvoirs publics locaux, telles que celles des villes et des comtés des Etats-Unis.

Le contrôle de l’argent permet d’accéder au crédit illimité

Traditionnellement également, l’Etat et les pouvoirs publics locaux doivent équilibrer leurs budgets. Tout comme les familles et les sociétés privées, leur crédit est limité. Cela signifie qu’ils doivent travailler avec de « l’argent réel », et non des dollars falsifiés obtenus à crédit.

L’argent réel limite la capacité du gouvernement à imposer des taxes, emprunter et dépenser… ce qui limite également la dimension de l’inévitable problème. L’argent falsifié, lui, est plus facile à obtenir… et plus facile à promettre… surtout si vous pouvez « l’imprimer » vous-même.

Voilà pourquoi les gouvernements nationaux parviennent à s’enliser beaucoup plus profondément… et voilà pourquoi, comparé au gouvernement des Etats-Unis, l’Illinois est un modèle d’intégrité financière avec ses modestes 130 Mds$ d’engagements de retraite.

Ces 10 dernières années, la croissance économique de l'Illinois a été inférieure à celle atteinte durant les 10 années après la Grande Dépression

L’Etat fédéral américain a promis quelques 200 000 Mds$ de pensions et prestations de santé, et le tout sans financement.

Ces promesses sont des accords gagnant-perdant. Le côté gagnant intervient au moment où la promesse est formulée. Le côté perdant n’intervient pas tant que le moment de payer la facture n’est pas arrivé.

« En Allemagne, dans les années 1970 et 1880 », nous explique un confrère, « Bismarck a créé un système génial ».

« L’ancienne génération est gagnante. La jeune génération est perdante. Cela fonctionne à merveille tant que la population augmente. Les jeunes pensent qu’ils seront gagnants lorsqu’ils seront âgés.

« Mais à présent, les femmes allemandes n’ont pas assez d’enfants, ne serait-ce que pour maintenir la démographie. Il n’y a aucun moyen de payer toutes les pensions qui ont été promises. Ils comptent sur les immigrés. Mais cela ne va pas marcher ». [NDLR : Connaissez-vous le « plan Brongniart », le plan de retraite préféré des vétérans de la Bourse de Paris ? Cliquez ici pour découvrir ses résultats impressionnants.]

Revenons aux Etats-Unis…

Nos fidèles lecteurs tiennent encore à comprendre ce qui ne va pas, chez nous. Paraphrasons :

« Hé, Bill, vous n’arrêtez pas de vous plaindre. Pourquoi ne cessez-vous pas de critiquer le président et pourquoi ne lui donnez-vous pas un coup de main ? Au moins, lui, il essaie d’arranger les choses… et il a besoin de notre soutien. »

Premièrement, permettez-nous de nier cette allégation. Nous ne nous plaignons pas. Nous ne faisons qu’observer, nous moquer, ridiculiser, et frapper au-dessous de la ceinture dès que l’occasion se présente.

Deuxièmement, nous dégageons toute responsabilité sur tout ce qui pourrait se produire. Quoi que nous disions ou pensions, cela n’aura aucun effet sur les évènements futurs.

Et troisièmement, nous n’avons rien contre M. Trump. Nnous remarquons simplement que les progrès réalisés par les humains dépendent d’accords gagnant-gagnant. Seuls les accords gagnant-gagnant peuvent produire ce que les gens désirent (pour ce que cela vaut).

Ce qu’un gouvernement peut accomplir

La seule chose qu’un gouvernement peut accomplir, c’est protéger la vie, les libertés et la propriété – c’est-à-dire votre liberté de conclure des accords gagnant-gagnant – et fournir de l’argent honnête. Il ne devrait se mêler de rien d’autre.

Alors lorsque le président propose de faciliter la réalisation d’accords gagnant-gagnant – en réduisant les dépenses, les impôts et les réglementations – nous le soutenons à 100%. Lorsqu’il propose davantage de guerres, de murs et d’ingérences idiotes… nous doutons que cela nous mène là où nous le souhaitons.

Cela n’a rien de personnel.

M. Trump est le patron. Il dirige un gouvernement qui prend le même chemin que l’Illinois. Il a conclu plus de 200 000 Mds$ d’accords gagnant-perdant… qui vont bientôt basculer du côté perdant.

Déjà, la Sécurité Sociale sombre dans le rouge. Le coût des prestations de santé dépasse de loin ceux des autres pays. Et il est déjà prévu que le gouvernement fédéral alourdisse la dette publique de 10 000 Mds$ au cours des 10 prochaines années.

Le président s’est engagé à ne pas réduire la partie « gagnante » des accords. Inévitablement, la partie « perdante » suit. Et l’économie – plombée par les accords gagnant-perdant que l’Etat et ses compères la forcent à conclure – a du mal à avancer.

Ce n’est pas toute l’histoire, mais c’est un de ses aspects importants

Cela n’a rien de personnel… mais ce serait bien que quelqu’un le dise.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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