Et si vous vous occupiez de vos affaires ?

Rédigé le 13 juin 2018 par | Liberalisme Imprimer

Les interventionnistes estiment que les problèmes viennent des autres et souhaitent les contraindre à changer. Mais ce n’est pas une méthode gagnante à long terme.

On peut diviser tout le monde sur Terre – tous les gaffeurs, les empotés, les idiots et les saints – en deux catégories.

Il y a les gens honnêtes qui vaquent à leurs affaires et tentent d’améliorer leur vie grâce au travail, à l’inventivité, à la persévérance et à la chance. Et il y a les canailles.

Nous sommes tous l’un ou l’autre… et souvent les deux.

Le progrès et les améliorations impliquent du changement. La plupart des gens essaient d’améliorer leur propre vie… et changent ainsi le monde qui les entoure. Les canailles, elles, tentent de contraindre les autres à changer.

A court terme, les deux approches fonctionnent. A long terme, seule l’une d’entre elle est durable.

Même dans la vie privée, nous accusons parfois les autres de nos problèmes. Le patron au travail… le conjoint à la maison – tous deux peuvent être des tyrans, réels ou imaginaires.

Tout de même, les gens bien avancent et s’entendent, ajustant leur propre comportement lorsque c’est nécessaire.

Ils cuisent du pain… et nourrissent ceux qui ont faim. Ils programment des logiciels informatiques… et distraient les oisifs. Ils brassent leur propre bière… et étanchent la soif de la multitude.

Médecins, maçons, comptables – ils mènent leur vie dans leur propre intérêt… et un miracle se produit : le monde dans son ensemble s’en trouve mieux !

L’une des lectures lors de la cérémonie du mariage dont nous vous parlions hier était celle sur les fameuses noces de Cana, où Jésus a accompli son premier miracle. Il a changé l’eau en vin.

Le premier accord gagnant-gagnant

Dans son sermon, le prêtre a approfondi l’idée (notre retranscription est très libre – nous avons perdu le fil, la sonorisation étant mauvaise dans l’église) :

« L’histoire de la création… Adam et Eve… contient elle aussi un miracle. C’est le miracle que nous célébrons aujourd’hui. C’est le miracle qui rassemble deux personnes. Hier, ces deux personnes étaient des individus séparés. Après aujourd’hui, ils ne seront plus séparés. Ils seront transformés – comme la nature transforme une chenille en papillon – en une chose différente. Chacun d’entre eux sera une partie de cette nouvelle chose. Et de cette chose nouvelle et différente, un autre miracle peut apparaître – une nouvelle vie.

Ce miracle n’est possible que parce que vous êtes prêts à changer… de ce que vous étiez à ce que vous serez, ce que vous pouvez être. C’est tout ce que Dieu vous demande ».

Le prêtre n’en a pas parlé, mais le mariage est la forme la plus ancienne de l’accord gagnant-gagnant.

Comme tous les accords gagnant-gagnant… les parties y adhèrent de leur plein gré, chacune espérant un miracle. Souvent, ils en obtiennent un. Ils additionnent un plus un… et obtiennent trois, ou quatre, ou cinq.

Bien entendu, ça ne fonctionne pas toujours ainsi. Parfois, on se retrouve avec deux personnes malheureuses comme les pierres et un problème de drogue. Et une fusillade dans une école. Mais c’est rare.

La charité forcée avec l’argent des autres

Les accords gagnant-perdant sont complètement différents. Les empêcheurs de tourner en rond n’acceptent jamais aucun blâme ou responsabilité personnelle. Et ils n’admettent jamais qu’ils ont besoin de changer.

Au lieu de ça, c’est toujours de la faute de l’autre : il faut qu’il arrête d’adorer de faux dieux, qu’il arrête d’exporter de l’acier bon marché, qu’il arrête de se droguer… ou de boire de l’alcool.

Il doit faire ce que les bonnes âmes lui disent – ou sinon gare aux conséquences.

Même lorsqu’ils font semblant d’accomplir des actes de bonté et de charité, les crétins le font avec de l’esclavage et de l’argent volé.

Forcez les riches à entretenir les pauvres ! Utilisez les salaires des jeunes pour financer les soins médicaux des vieux. Les banques doivent accorder des crédits immobiliers aux bons à rien… Quant à ceux qui nient le changement climatique, ils peuvent tout de même bien payer les subventions de nos potes dans le secteur de l’énergie solaire !

Et qu’apprend-on lorsque ces programmes échouent ? « Je ne le ferai plus » n’a aucun sens. Si les victimes avaient vraiment eu le choix, elles ne l’auraient pas fait dès le début.

De toute façon, au milieu de l’épais brouillard des sottises et des slogans électoraux… reflété par la boue luisante des fake news… qui sait ce qui se passe vraiment ?

Les 7 000 milliards de dollars dépensés pour la guerre contre la terreur ont-ils été gâchés ? Ou bien ont-ils effectivement protégé les citoyens de Duluth et d’Albuquerque d’attentats terroristes ? [NDLR : Pour quelques éléments de réponse qui vont plus loin que les fake news… et vous permettront de prendre des décisions d’investissement vraiment profitables, cliquez ici.]

Le Canada, un faux coupable

Ce week-end, le « problème du jour » était le déficit commercial américain, qui dépasse les 550 milliards de dollars.

Est-ce vraiment un problème ? Donald Trump dit que oui.

A qui la faute ?

Ce doit être les autres. Mais oui : c’est le Canada !

Attendez… pourquoi tant d’histoires ? Les barrières commerciales s’effondrent depuis plus de 30 ans.

Jusqu’à l’arrivée de Peter Navarro à Washington, quasiment tous les économistes et experts politiques étaient d’accord : les barrières commerciales doivent disparaître. Même Donald Trump l’a dit : le libre-échange est le bon choix.

Et le Canada est déjà loin sur ce chemin. La moyenne des taxes frappant les produits importés est à peine supérieure à 2%… Presque rien, en d’autres termes.

Taxes à l'importation en %, tous produits

Source Indexmundi, World Bank

Tandis que les barrières commerciales ont baissé, les dépenses et la dette ont grimpé… menaçant désormais la solvabilité de l’économie toute entière.

Alors pourquoi dépenser tant de temps et de crédit politique à presser une orange à qui il reste si peu de jus ? Pourquoi ne pas attaquer le fruit bien mûr qui grossit sur les rives du Potomac… au sein de la capitale américaine ?

Ah, cher lecteur… vous connaissez déjà la réponse, n’est-ce pas ?

A suivre…

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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