Donald Trump est-il un traître ? | La Chronique Agora


Donald Trump est-il un traître ?

Rédigé le 18 juillet 2018 par | Bill Bonner, Deep State Imprimer

La Russie est l’ennemi désigné par le Deep State mais Trump pactise avec Poutine, déclenchant des cris d’indignation…

Une fois encore, cette semaine, nous avons assisté à une explosion d’indignation dans la presse mondiale. Les scribouillards étaient contrariés… consternés… scandalisés.

Evidemment, c’est encore Le Donald qui a déclenché tout ça. Mais cette fois-ci, ils ne l’accusaient pas d’être un goujat ou un crétin. Cette fois-ci, l’accusation était de celles qui peuvent faire pendre un homme… ou tomber un président.

Et cette fois-ci, contrairement à hier, nous prenons sa défense non pas par malice ou moquerie… mais en toute bonne foi.

Le changement climatique vu d’Irlande

Pour commencer… quelques nouvelles de nos voyages. Nous avons rallié l’Irlande en voiture depuis la France. Les lecteurs qui ont une carte de l’Europe en tête verront rapidement que c’est impossible. L’Angleterre est séparée de la France par la Manche… et de l’Irlande par la Mer d’Irlande.

Dans la mesure où nous ne pouvons ni marcher ni rouler sur l’eau, nous avons emprunté le tunnel sous la Manche, embarquant notre voiture pour 35 minutes de train… avant de prendre le ferry reliant le pays de Galles à l’île d’Emeraude.

Londres était bondée et brûlante. Il nous a fallu des heures pour en sortir. Nous sommes ensuite allé vers l’ouest, traversant la Severn pour rallier le pays de Galles. Partout où nous posions les yeux, l’herbe était brune.

Notre lieu d’embarquement se trouvait à Pembroke, où nous avons fait la queue parmi d’autres voitures, principalement des vacanciers avec des enfants sur la banquette arrière et un coffre supplémentaire sur le toit. Sur le ferry lui-même régnait une pagaille monstre, avec des enfants courant dans tous les sens et des nourrissons en pleurs.

« Ce sont de grandes familles », remarqua Elizabeth. La moyenne semblait être de quatre rejetons. Heureusement, nous avions réservé une cabine, où nous avons pu nous reposer en paix jusqu’à notre arrivée au port de Rosslare, environ quatre heures plus tard.

Ce matin, il fait frais en Irlande… et on annonce de la pluie. Mais ici aussi, l’herbe est desséchée.

« Le climat change », nous a dit un ami. « L’Angleterre et l’Irlande deviennent plus méditerranéennes, avec des étés secs et chauds »…

Nous verrons bien…

Les trois parties guerrières du Deep State

Revenons-en à l’actualité mondiale. A la Chronique, nous parlons d’argent. Aujourd’hui, cependant, nous nous détournons de nos sujets habituels pour tenter de relier quelques points se situant à la périphérie.

La question qui nous occupe : Donald Trump vient-il de déclarer la guerre au Deep State ?

Le programme du Deep State comporte trois parties : l’Etat guerrier, l’Etat providence et l’Etat policier. A eux trois, ils font en sorte que l’argent continue d’affluer dans les poches des initiés.

Jusqu’à présent, M. Trump s’est montré prêt à adhérer aux trois. Il a annoncé qu’il ne réduirait pas les dépenses galopantes de l’Etat providence. Il n’a même pas essayé de calmer les 17 agences de renseignement américaines. Et il a carrément augmenté les dépenses du Pentagone de quelque 700 Mds$ sur les 10 prochaines années.

Qu’est-ce qui justifie de dépenser autant pour la défense ?

Pourquoi soutenir un vaste système de renseignement pour un Etat policier, dans ce qui est censé être un pays libre ?

De quoi avons-nous aussi peur ?

Les terroristes sont un ennemi insignifiant. Malgré tous les encouragements des Etats-Unis – bombardements, assassinats, tuerie de milliers de civils –, les « insurgés » semblent incapables de s’organiser.

Ils ne présentent pas de menace plausible pour les Etats-Unis ; ils n’ont pas de chars, d’avions, de navires ou de fanfares. Pire, comme une série télévisée de l’an passé, le public a perdu tout intérêt pour eux.

Qui est-ce qui reste ? La Russie !

La Russie, un croquemitaine tout trouvé

L’idée est absurde. Mais c’est apparemment la meilleure qui soit venue aux stratèges du Deep State.

La Russie a une économie minuscule. Ses capacités militaires sont impressionnantes mais n’arrivent pas à la cheville de celles du Royaume-Uni, par exemple, sans parler des Etats-Unis. Le Pentagone dépense 10 fois plus que l’armée russe.

Pourquoi s’inquiéter de la Russie ? Ses tanks ne vont pas traverser le Rhin. Ses soldats ne vont pas lever le drapeau russe sur la Tour Eiffel. Pas plus qu’elle ne va faire débarquer ses troupes en Alaska et s’emparer des parcs nationaux américains. Les Russes ne vont pas déclarer la guerre aux Etats-Unis… parce qu’ils ne pourraient pas gagner.

Pourtant, les élites soutiennent que les Russes sont « les méchants ».

Paul Ryan, président de la Chambre des Représentants :

« Il n’y a pas d’équivalence morale entre les Etats-Unis et la Russie, qui reste hostile à nos valeurs et idéaux les plus élémentaires »…

Mitch O’Connell, leader de la majorité au Sénat :

« Je l’ai dit à plusieurs reprises et je le répète, les Russes ne sont pas nos amis et je fais entièrement confiance aux conclusions de nos agences de renseignement ».

Des amis, des amis… La Russie a des « valeurs » et des « idéaux » qui lui sont propres. Exactement comme tous les autres pays. Et comme tous les peuples du monde, les Russes font de leur mieux avec ce qu’ils ont à leur disposition.

Mais pour l’establishment, la Russie est la bête noire… le croquemitaine… le monstre des steppes. Attila avec une kalachnikov. Gengis Kahn avec des têtes nucléaires. Qu’un président américain traite le président russe avec un respect amical et c’est l’anathème. Il aurait aussi bien pu dîner avec le diable en personne.

Anderson Cooper, présentateur sur CNN :

« L’une des performances les plus déshonorantes […] que j’aie jamais vues ».

James Fallows de The Atlantic :

« … une performance honteuse… [Trump est] un outil consentant [ou] un idiot utile… ce sont les choix »…

Jim Acosta, de CNN :

« Ce président des Etats-Unis croit le président russe sur parole… plutôt que ses propres services de renseignement… C’était stupéfiant, tout simplement stupéfiant, d’être dans la pièce ».

John Brennan, ancien directeur de la CIA :

« Ce n’était rien moins qu’une trahison »…

« Cela dépassait les bornes », a ajouté un ancien officier de la CIA.

Trump, raisonnable en comparaison avec les hystériques

En comparaison avec les hurlements hystériques des va-t-en-guerre de l’élite, Donald Trump semblait tout à fait raisonnable :

« Je pense que les Etats-Unis ont été idiots. Je pense que nous avons tous été idiots. Nous aurions dû avoir ce dialogue il y a longtemps ; bien avant, franchement, que je n’accède à ce poste ».

Mais qu’est-ce que cela signifie ? Le président américain est-il en train de saper les fondations du pouvoir impérial américain – l’Etat guerrier… et l’Etat policier ? Est-ce un défi aux puissances du Deep State lui-même ?

Les Russes ont-ils des choses sur lui ? Ou bien est-ce juste Le Donald dans toute sa splendeur – incontrôlable… et improvisant à mesure qu’il avance ?

Et qu’en est-il de la tentative russe de fausser les élections américaines ? Trump n’aurait-il pas dû les punir sévèrement pour cela ? [NDLR : Découvrez le « vilain petit secret » de Donald Trump… et comment il pourrait vous permettre de prendre une retraite plus que confortable ! Cliquez ici pour tout savoir.]

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Donald Trump est-il un traître ?”

  1. Du 18 au 20ème siècle, la grande crainte des Anglais étaient la constitution d’un puissant empire sur le continent euro-asiatique qui ferait concurrence à leur propre empire. Toute leur politique internationale était guidée par cette vision, contre les Français, les Espagnols, les Hollandais, les Portugais, les Chinois et les Russes. Le succès Anglais est indéniable et leur élite en a tiré une puissance et une richesse, substantielles.
    Après quelques guerres meurtrières, destructrices et finalement suicidaires, les pays européens se sont effondrés, les Français et les Anglais ont perdu leur empire et leur puissance, politique et économique.
    La nature ayant horreur du vide, les USA ont pris le relais en détruisant leur principal concurrent, côté océan Pacifique, le Japon.
    Les joueurs ont changé mais ne paraissent pas plus malins.
    Refaire les mêmes erreurs en espérant un autre résultat est le propre de la bêtise.

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