Gel bancaire – Déposant bien enfermé = déposant facilement plumé

Rédigé le 23 août 2017 par | A la une, Cash - Cashless, Simone Wapler Imprimer

Une crise menace en raison de l’accumulation des créances douteuses. Pour la désamorcer, l’Union européenne voudrait légiférer sur le gel des dépôts bancaires.

Hier, je vous parlais du gel des dépôts bancaires. La Communauté européenne voudrait mettre en place une loi spoliatrice afin de protéger les privilégiés du système actuel, les détenteurs d’une licence bancaire.

Avoir une licence bancaire permet à certains de prêter de l’argent qui n’existe pas encore et de réclamer des intérêts. Les « risques », c’est-à-dire la perte des fonds propres des actionnaires, sont couverts par une banque centrale et/ou des gouvernements qui détiennent le pouvoir de pressurer des contribuables.

Les profits (l’encaissement des intérêts) sont pour les banquiers.

geler vos comptes bancaires

Ce système profite en premier lieu aux financiers mais aussi aux politiciens qui y trouvent un moyen de financement de leurs promesses électorales et leurs dépenses de redistribution. On ne mord pas la main qui vous nourrit et les banques prêtent volontiers aux gouvernements dépensiers.

Ce système est fondamentalement inflationniste car il multiplie la « monnaie », le crédit. Une partie des profits engrangés vient gonfler les fonds propres. Les prêts étant un multiple des fonds propres, le crédit se multiplie.

10 ans plus tard, encore plus de crédit et toujours plus subprime

2008 était une crise de surendettement et de solvabilité. 10 ans plus tard, l’endettement a été encore multiplié et la solvabilité se dégrade (solvabilité que vous pourriez, dans un premier temps, assimiler à la croissance).

Voici quelques chiffres pour illustrer mes propos.

En 10 ans, la croissance a-t-elle fait des flammes, les résultats des entreprises et les revenus des ménages se sont-ils envolés ?

Non.

Les revenus des ménages stagnent comme les salaires et les actions des entreprises se payent à des prix exorbitants en regard de leurs bénéfices. 3 $ ou 3 € de dette publique achète misérablement 1 $ ou 1 € de PIB supplémentaire. En France, par exemple, la production manufacturière reste à un niveau 10% inférieur à celui qu’il était en 2007. Elle a baissé aussi en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni. Elle est quasi identique en Allemagne.

Sans croissance, comment rembourser les intérêts des prêts ?

Créances douteuses et déflation

En réalité, le stock de créances douteuses gonfle inexorablement tandis que les contribuables sont exsangues…

Le schéma est le suivant :

Mais si des prêts ne sont pas honorés, que se passe-t-il ? C’est l’horrible (vous dit-on) déflation.

Créances douteuses -> pertes pour les banques -> danger pour le système -> pression fiscale ou spoliation à l’horizon pour vous car vous devez sauver ce système absurde qui vous ruine.

184 kerviels de créances douteuses dans les banques européennes

Quelques autres chiffres, cette fois sur les créances douteuses :

Les Echos du mardi 1er août citent une étude du cabinet comptable Deloitte et mentionnent 921 Mds€ pour la Zone euro. C’est 184 kerviels !

gel bancaire

Les instances souhaitent que les banques se débarrassent de ce fardeau en les revendant sur le marché ou même en évoquant la constitution d’une bad bank européenne (sur ce sujet, voir Bad banks et vilains secrets).

Les banques devraient sortir de leurs bilans 100 Mds€ cette année. Mais, selon Deloitte, elles sont très en retard. Normal, personne ne se bouscule pour reprendre le fardeau et tout le monde espère qu’il terminera dans un dépotoir bilan de banque centrale.

Les conditions économiques sont tellement riantes que des banques espagnoles et italiennes ont à nouveau dû être nationalisées, sauvées, « rachetées ».

Vous comprenez donc la nécessité de finaliser une législation qui permettra de prolonger encore la vie des banques zombies et de l’escroquerie du système monétaire actuel.

Interdiction du cash et gel possible des dépôts en cas de crise, tout sera alors en place pour vous faire payer la prochaine crise.

Bien entendu, les médias présentent ces législations (Sapin 2, gel des dépôts, bannissement du cash) sous des angles flatteurs.

Capital :

« Cette réflexion sur un potentiel gel des retraits ne part pas d’une mauvaise intention, au contraire. Il s’agit en effet d’éviter que des banques déjà en difficulté ne se retrouvent définitivement plombées par des retraits massifs, qu’elles ne seraient pas capables d’honorer.

‘Geler les retraits lorsqu’une banque est au bord du gouffre pourrait permettre d’éviter sa faillite. Si l’établissement venait à sombrer, les clients risqueraient alors bien pire, c’est-à-dire de perdre tous leurs dépôts au-delà de la garantie de 100 000 euros’, rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, un think tank. Sans compter que cette fameuse garantie de 100.000 euros reste très hypothétique, comme nous l’avons déjà souligné…« 

Ce n’est pas une « mauvaise intention, au contraire » que de vouloir sauver les banques au détriment des déposants.

Capital, toujours :

« Mais tous ne voient pas cette mesure d’un si bon œil. L’Association des marchés financiers européens (AFME), qui compte à son comité de direction des hauts responsables de nombreuses banques (BNP Paribas, Goldman Sachs, Credit Suisse…) a ainsi fait part dans un rapport publié en juin de ses craintes qu’un tel mécanisme ait l’effet inverse à celui espéré, en poussant les clients des banques à retirer leurs billes encore plus précocement. »

La fuite des déposants, la grande angoisse… D’où la guerre contre le cash, les espèces.

Déposant bien enfermé = déposant bien ponctionné.

Ceci dit, les autorités jouent avec le feu car les cryptomonnaies ont fait leur apparition. Étrangement, elles attirent de plus en plus de monde. [NDLR : pour en savoir plus sur ces systèmes de paiements hors banque, comment les utiliser efficacement et comment vous procurer bitcoin, ethereum et autre unités de comptes, cliquez ici.]

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

Un commentaire pour “Gel bancaire – Déposant bien enfermé = déposant facilement plumé”

  1. Bonjour, Je me posais la question des raisons qui me faisaient douter, puis l’envie de ne plus lre toutes vos élucubrations. Seulement sur l’économie et la politique, et pas sur les conseils boursiers. Avec ce texte répétitif de ce jour, j’ai compris. Vos positions sont incohérentes et contradictoires et, pire, systématiquement négative, jamais constructives. Vous crachez sur Trump, sur les banques centrales, sur les banques ordinaires, sans seulement comprendre que tout est lié. Des créances douteuses = dues essentiellement par des défauts dus au chômage ; si les banques ne prêtent plus, l’économie s’effondre. Votre seule certitude est la mondialisation bienfaitrice mais pour qui en réalité ? Pour les grandes valeurs des principaux indices boursiers ? Et, à l’analyse les nécessités des bénéfices distribués de ces multinationales vont essentiellement aux fonds de pensions US qui paient les retraites des ex travailleurs US et aident donc à faire tourner l’économie. Mais ceci étant insuffisant les banques centrales émettent de la monnaie de singe pour compléter. Donc l’économie actuelle reposerait surtout sur les aides sociales et les retraites; les ajustements sociaux se faisant sur le mode 1984 d’Orwell = les hors société. Quand donc, vous en tête, reposeront nous les pieds sur terre ? Une nouvelle économie est à inventer tenant compte de l’absence de travail dues aux avancées technologiques pointues et la robotisation. Et que faire des masses de gens mis hors circuit ? Voilà les vraies questions à se poser et à tenter de résoudre; mais c’est bien plus difficile que de critiquer et détruire à tout va comme vous le faites. Bien cordialement.

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