Les cryptomonnaies en mode « fin de bulle »

Rédigé le 8 janvier 2018 par | Bill Bonner, Bitcoin et autres cryptomonnaies, Crypto Monnaies, Guerre des monnaies Imprimer

Les cryptomonnaies ne tiennent pas vraiment leurs promesses mais le marché est devenu hystérique. La tragédie est proche.

cryptomonnaies ripple krach 2018 bulle bitcoinVoyons voir… quel secteur a enregistré les meilleures performances sur le marché US l’an dernier ? La technologie.

Un investissement dans les 100 meilleures valeurs du Nasdaq aurait grimpé de 34%.

Plus bas sur le podium, on trouve le Dow Jones (+28%) et le S&P 500 (+22%). Parmi les perdants se trouve l’énergie (-4%), le secteur le moins performant étant le gaz naturel (en baisse de 44%).

Notre portefeuille RàlM (Retour à la Moyenne) a gagné 33% sur les 12 derniers mois — pas mal, pour une stratégie aussi simple.

Achetez ce qui est au plus bas et vendez ce qui est au plus haut

Notre portefeuille RàlM est si simple que n’importe qui pourrait y arriver.

Il suffit de chercher les valeurs ayant les pires performances au monde, et de les acheter. Ensuite, on compte sur le fait que ce qui a baissé va probablement remonter.

Début 2017, les places russe, polonaise et italienne étaient les marchés les moins chers — et les plus corrects — que nous puissions trouver.

Il s’est avéré qu’en 2017, les actions polonaises (en hausse de 55% en dollar) et les actions italiennes (+29% en dollar) faisaient partie des investissements les plus profitables.

Le marché russe n’a grimpé que de 2%. Ma foi, deux sur trois, ce n’est pas mal.

N’est-ce pas ainsi que les choses sont censées fonctionner ? Achetez au plus bas possible, vendez au plus haut — pas l’inverse.

Cela nous ramène au troisième de nos Evénements Remarquables de 2017 — l’incroyable hausse du bitcoin et d’autres cryptomonnaies. Si une « classe d’actifs » peut réclamer la première place en janvier 2017, ce sont bien les cryptomonnaies.

Le bitcoin a pris 1 300% l’an dernier — soit environ 42 fois plus que le Nasdaq 100.

Ceci dit, il fait figure de bras cassé dans le secteur des cryptos au sens large : la troisième cryptomonnaie en termes de valeur sur le marché, l’ethereum, a grimpé de 8 900%.

Et tenez-vous bien : toujours en termes de valeur sur le marché, la deuxième crypto au classement, Ripple, a grimpé de 36 000%.

Lorsque nous avons ouvert les journaux mardi dernier, nous avons découvert que Ripple avait pris +50% en une journée !

Si vous aviez investi 1 000 $ dans Ripple au début de l’année, vous auriez à présent environ 361 000 $.

Fin de Bulle et hystérie blockchain

Comment ? Vous n’avez pas investi dans Ripple ? Avons-nous oublié de le recommander ? Nous avons dû oublier…

Nous avons d’ailleurs oublié d’acheter Ripple nous aussi. Pas l’un de nos fils — qui s’intéresse de très près aux cryptomonnaies et y a investi un peu de l’argent familial. Il raconte :

« Je suis largement gagnant. J’ai récupéré mon investissement initial presque immédiatement. Maintenant, je réfléchis à faire le tour du monde ».

« Je n’attendrais pas, à ta place », avons-nous conseillé. « Prends tes gains et achète tes billets pendant que tu le peux encore ».

Les cryptos sont de toute évidence en mode « Fin de Bulle ».

Le mois dernier, la valeur LongFin Corp. a vu son titre exploser à la hausse après que cette petite entreprise financière eut annoncé qu’elle avait lié son activité à la blockchain — la technologie de stockage et de transmission d’information qui soutient les cryptos — en acquérant une société appelée Ziddu.com.

Les actions ont immédiatement bondi de 1 000%, avant de se calmer un peu, terminant sur un gain de 400%.

Il y a des cas encore plus étranges. Un fabricant de boissons a trouvé le moyen de se greffer à la blockchain… de même qu’un fabricant de soutien-gorge.

Et puis il y a eu ce fabricant de patches de contrôle urinaire, appelé UrinStopper, dont les actionnaires se sont pratiquement fait dessus lorsque l’entreprise a ajouté le mot blockchain à son business model.

« On obtient ce qu’on paye », a dit Milton Friedman. Les investisseurs veulent des cryptos… et ils sont prêts à payer pour ça.

De jeunes arnaqueurs sont là pour répondre à ce besoin… et plus encore.

Des promesses non tenues

A l’origine, le bitcoin était basé sur un principe : la quantité de nouvelle monnaie était limitée par les liens infrangibles de l’internet mondial. Hélas, les introductions de nouvelles cryptos semblent se succéder plus vite que des billets de 10 000 Mds$ de la banque centrale du Zimbabwe.

Quant à la promesse que les coûts de transaction seraient moins élevés, elle semble avoir été mise à mal par le soudain succès du secteur. Les investisseurs ont rapporté des délais et de la pagaille lorsqu’ils tentaient d’acheter ou de vendre (et encore, attendez le krach !…)

Si vous vouliez acheter une bouteille de bière avec des bitcoin, le coût de transaction était jusqu’à récemment plus cher que la bière elle-même.

Envolée aussi, l’affirmation que posséder du bitcoin est intrinsèquement plus sûr ou plus simple que posséder de l’or. Les investisseurs perdent leurs codes… et leurs pièces. Contrairement à un compte Facebook, apparemment, il n’y a pas de fonction « mot de passe oublié »…

Mais revenons-en à Ripple : qu’est-ce que c’est ?

C’est « un système de paiement brut, centralisé, en temps réel ». Pigé ?

D’accord… nous non plus, nous n’avons pas la moindre idée de ce que c’est. Mais depuis la semaine dernière, son co-fondateur Chris Larsen est la 15ème personne la plus riche des Etats-Unis.

Que nous apprend cette histoire remarquable ?

Premièrement, on peut affirmer de façon plausible que le système financier (la monnaie) est prêt à être révolutionné par une innovation comme le bitcoin.

Dans un monde d’argent factice, les gens se languissent d’argent réel. Lorsque la poussière finira par retomber, quelques-uns de ces nouveaux jetons seront probablement encore en circulation.

Deuxièmement, il ne faut jamais sous-estimer la puissance des « instincts animaux » dans le monde de l’investissement.

Dès l’instant où les gens pensent pouvoir devenir riches sans travailler dur ou étudier de longues heures, il y aura une ruée vers l’opportunité.

Troisièmement, nous appelons le bitcoin une classe de loisirs, non une classe d’actifs.

Soyez vigilant. Les monnaies virtuelles pourraient rapidement passer de la comédie amusante au thriller effrayant… voire à la tragédie. [NDLR : Envie de profiter de la folie des cryptos… sans y laisser de plumes ? C’est parfaitement possible — en appliquant cette stratégie. Cliquez ici pour tout savoir.]

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

5 commentaires pour “Les cryptomonnaies en mode « fin de bulle »”

  1. Vous devriez vous renseigner sur le ripple et les évolutions de la Blockchain on dit partout que la ville va exploser le bitcoin semble se stabiliser, l etherum monte régulièrement et les marchés ne sont pas juste dépendants des rumeurs mais font un investissement sur la technologie. Pour ripple ce qu il propose est juste révolutionnaire mais vous ne comprenez pas bien évidement ça on le sait.
    Aux lecteurs si vous voulez gagner peut être 33 pr cent suivait cette article si vous prenez plus de risque investissez dans l avenir et pas seulement la crypto des stars ups innovantes également. Plus de risque cette mais bien plus de profit comment sortir la crypto d un portefeuille d investissement par les temps qui courent sachant que Goldman Sachs
    Va bientôt lancer sa propre plateforme réveillez vous dans l avenir chers amis

  2. Bon bon bon

    L’éthereum est un ordinateur décentralisé plutôt révolutionnaires, le Ripple est un moyen de virement inter-banquaires offrant 30% de gains et une grande vitesse d’exécution par rapport au système actuel (quelques secondes contre quelques jours).

    Vous pouvez remarquer que je parle ici de ces crypto-monnaies en tant qu’utilisateur et non en tant qu’objet de spéculation.

    Les innovations à venir sur la blockchain ont pour vocation de tout simplement remplacer le net tel qu’on le connais ainsi que beaucoup d’autres organismes.

    Élargissez votre vision des choses s’il vous plaît.

    Et sur le plan de la spéculation, le marché des crypto-monnaies n’as jamais eu une capitalisation aussi grande (environ 800 milliards), sachant qu’elles continue de grandir.

    (Pour ce qui est de votre « fin de bulle » intéressé vous au fait que certain gouvernement asiatique on quelques peu bloqué l’utilisation des crypto-monnaies et que de grands sites tel que binance, ont du bloquer les inscriptions, ce qui à eu pour effet de ralentir la cadence).

    Enfin, loin de moi l’idée d’être dépositaire du savoir absolu, après tout, dans dix ans, ce sera sans aucun doutes les courageux qui profiterons de tout ça.

    (Ps : Évidemment, il ne faut investir que ce qu’on est capable de perdre).

  3. Enfaite c’est vrai que les frais de transactions bitcoin sont chères mais ils existent beaucoup d’autre cryptomonnaie, dont certaines avec aucun frais de transaction.

    Personnellement j’ai bien aimé bitcoin et bon je ne vais pas le détester maintenant, mais oui avec le nombres d’utilisateurs de plus en plus nombreux et les transactions de plus en plus lentes, l’utilisation du bitcoin et puis les frais, c’est à abandonné. Par contre je pense que vous ne devriez pas critiquer toutes les cryptomonnaies puisque finalement on tente d’apporter des améliorations chaque jours. Chez bitcoin les développeurs actuels n’ont hélas pas prit la peine de faire le travaille que beaucoup de gens attendait.

    Et puis pour être franc je n’aime pas Ripple 🙂 Tout les Ripple sont initialement détenue par des groupes de banques (dont certains appartiennent au crédit agricole, entre autres), et je n’ai pas vraiment envie de participer à se ponzi. Le Ripple ne sert à rien sauf à spéculer car contrairement à d’autre cryptomonnaie avec lesquelles on peut acheter sur des site internet. Le Ripple depuis des années ne sert que à spéculer.

    Bonne journée quand même mais essayer les cryptomonnaies. Il y en a beaucoup des plus ou moins bien, faut attendre que ça se stabilise un peu.

  4. Здравствуйте! Cela nous ramene au troisieme de nos Evenements Remarquables de 2017 — l’incroyable hausse du bitcoin et d’autres cryptomonnaies. Si une « classe d’actifs » peut reclamer la premiere place en janvier 2017, ce sont bien les cryptomonnaies.

  5. Здравствуйте! Mais cela signifie-t-il pour autant que les cryptomonnaies sont une heresie et que leurs beaux jours sont derriere elles ? Nous pensons que non. La bulle Internet n’a pas signifie la mort du web, bien au contraire. Elle s’est construite trop vite, sur des societes aux fondamentaux plus que bancals mais Internet est et demeure un tournant majeur dans l’histoire de notre economie. De meme, les monnaies virtuelles semblent aujourd’hui etre au c?ur d’une bulle speculative a l’issue vraisemblablement malheureuse mais la blockchain et les cryptomonnaies avec elle representent tout de meme un secteur d’avenir, capable de disrupter de nombreux pans de notre economie, et pourquoi pas tout notre systeme monetaire et financier. Nous predisons donc aux cryptodevises un bel avenir mais qui devrait dans un avenir proche se solder par une deconfiture de la quasi-totalite des acteurs. Un moyen de faire le tri et de partir sur des bases saines pour revolutionner le monde !

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