Un budget « insincère » et rouge sang

Rédigé le 17 octobre 2017 par | Banques Centrales, Simone Wapler Imprimer

Le budget 2018 est une hémorragie que les contribuables paieront cher. Seule lucarne d’espoir, une remise d’impôts pour les investissements participatifs dans les PME.

Le budget 2018 de la France est mal présenté.

Ce qui suit est extrait du « projet de loi de finance pour 2018 » que n’importe qui peut télécharger.

A moins que nous ne soyons dans un pays marxiste, l’Etat n’a pas la mainmise sur la totalité du PIB.

Pour financer ses dépenses (425 Mds€ prévues en 2018), l’Etat dispose de ses recettes fiscales. Pour compléter, il émet de nouvelles dettes qui représentent des impôts différés.

Dépenses : Tableau figurant en page 10 du document

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Recettes : tableau figurant en page 15 du document

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Le déficit doit donc être exprimé par rapport aux recettes et non pas au PIB.

Les recettes fiscales prévisionnelles s’élèvent à 289 Mds€ (auxquelles se rajoutent 13 Mds€ de recettes non fiscales). Ce qui nous fait des rentrées de 302 Mds€.

Le déficit, les dépenses non financées, est donc de 425 – 302 = 123 Mds€ (et non pas 83 Mds€ comme repris servilement par les medias).

La Russie la déteste… et l’Arabie Saoudite plus encore

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Les arguties entre déficit structurel ou conjoncturel, les dépenses du budget général ou les dépenses pilotables, etc. ne sont là que pour noyer le poisson. Laissez-les aux énarques de Bercy, aux coupeurs de cheveux en quatre. N’oubliez pas que l’arme favorite de la Parasitocratie est la complication. Souvenez-vous de l’expression de la Cour des comptes, qualifiant le dernier budget Hollande d’insincère…

Les tableaux ont beau être verts, ce nouveau budget est en réalité rouge sang.

Le vrai déficit est le rapport de 123 (dépenses – recettes) à 302 (recettes).

Le vrai déficit est de 40,7%.

Le reste est baratin.

Ceci nous promet, à nous contribuables, de la sueur, du sang et des larmes car ce n’est pas une croissance mirobolante de 1,8% qui va remplir les caisses de la République.

Une lueur d’espoir : réduction d’impôt pour investissement dans les PME

Maintenant passons à la petite lucarne d’espérance qui nous est ouverte.

Une réduction d’impôt pour investissement dans les PME portée à 30%. Une réduction d’impôt n’est jamais à négliger, contrairement aux avantages fiscaux dans la durée que l’Etat finit toujours par renier. Un « tiens » vaut mieux que deux « tu ne l’auras pas ».

Déjà, la Parasitocratie s’affaire à monter des « produits financiers » pour appâter les investisseurs particuliers.

francetransactions.com :

« L’investissement dans les PME c’est le nerf de la guerre pour le gouvernement. Le PEA-PME, pourtant spécialement dédié à cet objectif, reste un échec cuisant du précédent gouvernement. C’est pourquoi un produit d’investissement long terme, d’un nouveau type, est en cours de préparation auprès des banques. Il devrait sortir début janvier 2018. Investissement long terme, il pourrait servir des rendements élevés, de 5% à 10% annuels selon la députée LREM Amélie de Montchalin. Des rendements élevés, mais pas sans risques…

[…]

Proposer un produit d’investissement dans les PME, sans forcément choisir les PME financées, ce serait déjà une bien meilleure approche. Ces fonds d’investissements doivent pouvoir avoir toute latitude pour obtenir un rendement attractif. Le hic étant évidemment que le grand public est averse aux prises de risques sur le capital. Une couverture financière est donc à imaginer également afin d’éviter des déconvenues trop importantes.

[…]

D’après les informations transmises par BFM, ces produits d’un nouveau genre sont en cours de conception auprès des banques, mais pourraient voir le jour dès le début de l’année 2018. Le souci des concepteurs reste l’exposition aux risques financiers. Fournir un produit d’investissement grand public doit nécessairement présenter des risques limités.

De son côté, la députée LREM Amélie de Montchalin projette d’ores et déjà des niveaux de rendements attractifs (entre 5% et 10% !), supérieurs à ceux des SCPI, histoire évidemment de faire revenir les capitaux à l’endroit où ils sont censés aller, dans le financement des entreprises. »

LREM

Vous savez, cher lecteur, que j’estime que la sécurité des produits de placement collectif est illusoire. Surtout lorsque les banques sont dans un état si pitoyable.

Ces produits financiers sont inutiles.

Il existe aujourd’hui des sites (estampillés AMF) qui permettent aux investisseurs particuliers de prendre connaissance des dossiers de financement proposés par des entrepreneurs et d’investir en direct.

En multipliant les dossiers, vous répartissez vous-même vos risques. Vous n’avez pas besoin de confier votre épargne aux banques que vos impôts renflouent épisodiquement. Vous la confiez directement aux entrepreneurs que vous choisissez.

Si vous voulez des conseils pour repérer les bons dossiers, nous avons créé un service pour cela. Son fonctionnement est détaillé ici.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

Un commentaire pour “Un budget « insincère » et rouge sang”

  1. Indépendamment du fait que pour aller jusqu’au bout de la logique il faudrait rapporter le déficit public à l’ensemble des prélèvements obligatoires, ce qui ramènerait ce taux à moins de 10%, on ne rapporte pas le déficit aux recettes mais au PIB pour la raison suivante :

    Est-il préférable d’avoir un déficit équivalant à 2% du PIB avec un taux de recettes fiscales à 10% (soit un ratio de déficit/recettes fiscales de 20%), ou un déficit équivalent à 4% du PIB avec taux de recettes fiscales à 40% (soit un ratio de déficit/recettes fiscales de 10% seulement) ?

    En faisant abstraction de ce qu’on peut penser du niveau de prélèvement obligatoires en lui-même, tout le monde s’accordera pour répondre, même un socialiste (et encore davantage un libéral), que le second état est dans une situation budgétaire nettement plus détériorée que le premier, pourtant le ratio de déficit tel que vous le calculez y est inférieur.

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