Au-delà du Brexit, d’autres séismes à venir

Rédigé le 1 juillet 2016 par | Politique et vie quotidienne Imprimer

Lundi 20 juin 2016, je me trouvais dans le London Eye, la grande roue de Londres, de l’autre côté du Parlement britannique, avec une équipe de tournage afin d’enregistrer une alerte urgente pour les Anglais et les investisseurs internationaux.

Je disais alors que le vote du Brexit (qui était trois jours plus tard, le 23 juin) pourrait produire un séisme financier. Dans Trades Confidentiel ou même dans mon autre service Alerte Guerre des Devises, nous avons donné des conseils et des stratégies précises afin d’éviter des pertes et de profiter de la catastrophe à venir. Il s’agissait notamment de parier sur la baisse de la livre sterling, sur la baisse du marché anglais et d’acheter de l’or.

La sagesse la plus élémentaire a manqué aux investisseurs : ils se sont focalisés sur les cotes des sites de paris (les fameux bookmakers) qui montraient une probabilité du « Remain » à 75%.

Cette prise en compte de la cote des bookmakers a faussé les probabilités du marché et a transformé ces probabilités en une très mauvaise prédiction des événements. J’ai passé des décennies à mettre en place des outils de prédiction pour la CIA et je connais donc leurs forces… et leurs faiblesses.

Dans les grandes lignes

Quoi qu’il en soit, vous connaissez désormais les grandes lignes du Brexit. Le 23 juin, les citoyens britanniques ont voté à 52% en faveur de la sortie de l’Union européenne. Les marchés avaient clairement intégré une victoire du « Remain« . Par conséquent, ils ont subi une correction violente et instantanée. L’or s’est envolé de plus de 40 $, les marchés actions ont chuté, la livre sterling s’est effondrée de près de 10% et l’euro a sombré de 4%, le tout en seul jour. Cela représente des mouvements de grande amplitude, même sur une année… Alors quand cela se produit en un seul jour, c’est l’équivalent financier d’un séisme d’amplitude 7 sur l’échelle de Richter.

La fin du monopole bancaire ! Lancée en 2002, une start-up est sur le point de donner une véritable correction aux banques européennes en s’octroyant 5 milliards d’euros de transactions.

Elle va devenir le leader européen du commerce en ligne. Pour le moment, elle ne cote que 7 €… mais son cours pourrait doubler dans les mois qui viennent… avant de s’envoler plus haut encore.

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La question-clé, pour les investisseurs, c’est de savoir s’il s’agit d’une correction exceptionnelle du cours des actifs, ou si c’est le début de quelque chose qui va durer longtemps. Si comme nous le pensons, ce n’est que le début d’une série de faillites du système, alors il n’est pas trop tard pour tirer parti de certaines de nos positions préférées, notamment nos paris sur la hausse de l’or, la baisse de la livre sterling, et la hausse des bons du Trésor américain.

Lorsque les marchés subissent des mouvements aussi extrêmes que ceux que nous venons de voir, la contagion commence

Car oui : nous pensons que toute cette histoire est loin d’être terminée. Lorsque les marchés subissent des mouvements aussi extrêmes que ceux que nous venons de voir, la contagion commence…

Les traders à effet de levier doivent liquider leurs actifs les plus liquides pour faire face aux appels de marge sur des actifs en perte et impossibles à revendre par manque de liquidité.

Cela diffuse la pression vendeuse des places de marché initiales (Londres) à d’autres plus éloignées, comme les marchés asiatiques. La contagion s’empare ainsi du monde financier dans son ensemble. Certaines personnes commencent à paniquer et à retirer leurs billes : une crise de liquidité survient alors au niveau mondial.

Nous avions observé cela en 1998 et en 2008. Et nous en voyons à nouveau les prémices. C’est un phénomène qui peut se déclencher en une journée, mais qui ne s’arrêtera pas à cette seule journée. Cela prendra des semaines avant que les « cadavres sortent des placards » : certains hedge funds et négociants vont petit à petit faire faillite à cause des pertes liées au Brexit.

J’aimerais bien que cela s’arrête là, mais ce n’est pas le cas. De nouveaux séismes vont bientôt se produire, dans le prolongement du Brexit car :

– les élites sont de plus en plus éloignées des citoyens, – les experts utilisent des modèles obsolètes qui engendrent des mauvaises prévisions et des pertes sur les marchés, – les banques centrales sont impuissantes car des réponses monétaires ne résolvent pas des problèmes structurels.

Toutes ces faiblesses des élites ont été dévoilées au grand jour lors du fiasco du Brexit qui se déroulait en direct dans les médias. Mais cela n’empêche pas les élites d’être toujours à côté de la plaque. Ils maintiennent les mêmes discours, les mêmes modèles erronés et les mêmes mauvais conseils stratégiques. Cela veut tout simplement dire que d’autres fiascos du type Brexit sont à prévoir.

Nos prévisions

Plus précisément, nous prévoyons que la livre sterling va encore chuter beaucoup plus, peut-être jusqu’à 0,80 $, soit une forte baisse de 40%, par rapport à ses niveaux actuels. Mais elle n’ira certainement pas en ligne droite.

Nous pensons également que l’or va grimper beaucoup plus haut. Ce dernier s’orientait déjà à la hausse, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le Brexit, notamment la nouvelle attitude accommodante de la Fed à l’égard des relèvements de taux. Mais l’incertitude liée au Brexit fournit un nouvel élan à une tendance déjà amorcée.

Le Brexit n’est qu’un début. Le dépouillement des votes n’était pas terminé que le Parti national écossais commençait à réclamer un nouveau référendum pour que l’Ecosse quitte le Royaume-Uni et demeure au sein de l’UE. Le résultat logique, ce serait que l’Ecosse adopte l’euro en tant que monnaie et abandonne la livre sterling. Cela exercerait une pression à la baisse supplémentaire sur la livre sterling.

Tous les partis politiques du Royaume-Uni sont en pleine tourmente. Une lutte a éclaté au sein du parti conservateur autour du remplacement du Premier ministre actuel, David Cameron, qui a annoncé sa démission après sa défaite liée au Brexit. Le Parti travailliste (l’opposition) est en plein désarroi car ses porte-paroles, partisans du Remain, ont le sentiment que le leader travailliste, Jeremy Corbyn, n’a pas pleinement assuré son rôle à la tête des forces en faveur du Remain. Finalement, le leader du parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, Nigel Farage, a été exclu des négociations menées avec l’UE concernant le Brexit. Farage promet de se venger à Bruxelles, où il est membre du Parlement européen, et où il peut avoir son mot à dire sur le Brexit, de l’autre côté de la table des négociations.

L’UE va probablement adopter une approche punitive dans le cadre des négociations liées au Brexit

L’UE va probablement adopter une approche punitive dans le cadre des négociations liées au Brexit. Cela servira « d’exemple pour les autres », afin de couper l’herbe sous les pieds aux autres mouvements nationalistes souhaitant quitter l’UE. En montrant le coût élevé qu’entraîne une sortie de l’UE, les principaux leaders de l’UE (l’Allemagne, la France, l’Italie) espèrent dissuader les autres de partir.

Le Royaume-Uni sortant de l’UE, la Banque centrale européenne va interdire que le règlement et la compensation des transactions en euro s’effectuent à Londres. Les chambres de compensation devront être situées dans des pays membres de l’UE, tels que Paris, Amsterdam et Milan. Cela va réduire le rôle de Londres en tant que place financière, bien au-delà de ce que prédisent même les plus pessimistes.

La liste ne s’arrête pas là (la Fed va continuer à avoir un discours musclé quant à la hausse des taux mais ne sera pas capable de passer à l’action, la pénurie d’or physique va se faire sentir partout dans le monde, et les tensions géopolitiques sont en train d’augmenter en mer de Chine, en Syrie, en Turquie, au Venezuela, en Libye, en Corée du Nord, et à d’autres endroits encore), mais vous avez bien compris.

Les marchés n’ont intégré qu’une infime part de l’impact de ces évènements. Cela signifie que les tendances de marché vont durer.

Par-dessus tout, ces tendances impliquent de l’incertitude. Si les marchés peuvent intégrer les risques sur la base de probabilités, ils ne peuvent intégrer l’incertitude, dans un contexte où pratiquement tout peut arriver. Dans ces situations, les marchés s’orientent vers des valeurs refuges, autrement dit les liquidités, les bons du Trésor américain et l’or. [NDLR : Comment profiter de ces tendances de manière efficace et profitable ? Cliquez ici pour tout savoir.]

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Jim Rickards
Jim Rickards
Rédacteur en chef de Strategic Intelligence

James G. Rickards est le rédacteur en chef d’Intelligence Stratégique, la toute nouvelle lettre d’information lancée par Agora Financial aux Etats-Unis. Avocat, économiste et banquier d’investissement avec 35 ans d’expérience sur les marchés financiers de Wall Street, Jim est également l’auteur de Currency Wars et de The Death of Money, deux ouvrages devenus best-sellers du New York Times. Enfin, Jim est également chef économiste pour le fonds d’investissement West Shore Group.

Il est également rédacteur en Chef de Trades Confidentiels et Alerte Guerre des Devises.

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