Alors que de nouveaux documents refont surface, l’affaire Epstein continue d’être traitée comme un feuilleton salace. Pourtant, derrière les récits croustillants, se cache une mécanique de pouvoir, de corruption et de compromission que peu semblent pressés d’examiner… ou de critiquer.
« On m’a dit qu’Epstein appartenait aux services secrets et qu’il fallait laisser tomber. »— Alexander Acosta
Avec la nouvelle salve de documents sur Epstein, une information remarquable nous parvient.
« Tu es sur la liste », m’a annoncé un ami.
« Quelle liste ? »
« La liste d’Epstein. Apparemment, tu figures dans les dossiers. »
« Oh non… »
Jusqu’ici, tout semblait pourtant clair. Jeffrey Epstein était un escroc de bas étage. Il y a des escrocs pauvres et des escrocs riches. Epstein a commencé dans le premier groupe et terminé dans le second.
Toute cette affaire est fascinante, salace et – si l’on met de côté la pédophilie – presque divertissante. Les grands noms impliqués (Trump, Clinton, Lutnick) affirment tous avoir rompu avec Epstein après sa condamnation pour proxénétisme sur mineure. Puis d’autres documents ont été rendus publics… et ils ont désormais bien plus d’explications à fournir.
Mais tandis que les grands médias se focalisaient sur le sexe, l’essentiel se jouait ailleurs : le pouvoir, la corruption et la trahison. Epstein n’était ni trader sur le marché des changes, ni gestionnaire de fonds.
C’était un escroc à qui Les Wexner et d’autres soutiens inconditionnels d’Israël avaient confié des milliards de dollars.
Il s’est servi de cet argent pour se rendre indispensable auprès de dirigeants et de personnalités influentes à travers le monde — et pour les piéger au profit des services de renseignement israéliens. Des caméras vidéo étaient installées partout. Au fil des années, le faux gestionnaire de fonds a accumulé des « informations compromettantes sur tout le monde ».
Jonathan Cook écrit :
« Une fois encore, les empreintes des services de renseignement — en particulier israéliens — apparaissent dans cette nouvelle série de documents divulgués. Mais les indices étaient visibles depuis longtemps.
Il y avait bien sûr sa relation intime, presque surnaturelle, avec Maxwell, dont le père, magnat des médias, fut démasqué après sa mort comme agent israélien. Et l’amitié de longue date entre Epstein et Ehud Barak, ancien chef du renseignement militaire israélien devenu Premier ministre, aurait dû constituer un autre signal d’alarme.
Yoni Koren, officier en activité du renseignement militaire israélien, était un invité régulier de l’appartement new-yorkais d’Epstein entre 2013 et 2015. Un courriel montre également que Barak a demandé à Epstein de transférer des fonds sur le compte de Koren.
La dernière publication apporte même des éléments supplémentaires. Un document déclassifié du FBI cite une source confidentielle selon laquelle Epstein était ‘proche’ de Barak et aurait été ‘formé comme espion sous ses ordres’.
Le lien avec l’espionnage était si évident que même nous l’avions remarqué. Pourtant, au lieu d’enquêter sur l’affaire la plus explosive du XXIᵉ siècle — deux présidents américains potentiellement victimes de chantage ! — la presse dominante a préféré se rabattre sur un scénario de méchant de bande dessinée. Le Daily Mail avance ainsi que :
L’empire sexuel d’Epstein était un ‘piège à miel du KGB’ : le financier pédophile aurait rencontré Poutine à plusieurs reprises après sa condamnation, avec des jeunes femmes russes amenées par avion afin de collecter du kompromat sur des personnalités mondialement connues. »
Mais ce n’est pas Poutine qui a financé Epstein. C’est Wexner. Et Wexner a également constitué un cercle de milliardaires pro-israéliens baptisé le Mega Group. Parmi ses membres figure Ronald Lauder, qui en est le président. Pure coïncidence, bien sûr : le nouveau directeur désigné de la Fed, Kevin Warsh, est justement marié à la fille de Lauder.
Aujourd’hui, tandis que le massacre se poursuit au Levant, aucune des grandes figures prises dans les filets d’Epstein — Clinton, Blair, Trump — n’ose émettre la moindre critique.
Quel dommage qu’Epstein n’ait jamais pu vendre la mèche. Submergé par le remords, il aurait choisi de mettre fin à ses jours précisément au moment où ses gardiens faisaient une pause cigarette. Encore une coïncidence !
Mais qu’en est-il de nous ? Epstein détenait-il des informations compromettantes sur nous ?
Un instant de panique. Comment avions-nous pu oublier une chose pareille ? Les « informations compromettantes », au début, c’est presque amusant. Ce sont le genre de souvenirs qui s’impriment durablement… et qui égayent les longues heures solitaires. Pourtant, nous ne nous rappelions pas avoir jamais rencontré cet homme — ni sa complice, Ghislaine Maxwell — ni aucune des jeunes femmes qu’il utilisait comme appâts.
Nous avons passé la soirée à réfléchir calmement, à boire beaucoup et à prier modérément. Les gens finissent toujours par penser ce qu’ils doivent penser, au moment où ils doivent le penser. Et peu à peu, nous nous sommes remémorés des souvenirs… qui n’avaient jamais existé.
Jeffrey Epstein ? Un type formidable. Un investisseur exceptionnel. Quel homme !
Il nous avait invités dans son jet privé pour visiter son île privée. Quelle gentillesse, vraiment. Puis nous avions rencontré ses « assistantes ». Des femmes remarquables. Des universitaires. Des athlètes. D’une intelligence éblouissante. Nous avions passé presque tout le week-end à débattre de Nietzsche et des erreurs de politique monétaire de la Fed.
Chaque minute fut un pur moment d’enrichissement intellectuel.
Quelle déception, alors, de voir aujourd’hui ces méchants démocrates transformer cette tragédie en spectacle public, un canular politique dont le seul but serait de nuire au meilleur ami de Jeff depuis tant d’années : Donald Trump.
C’est vraiment triste !
« Attends, Bill…, a finalement repris notre ami. Tu figures dans les dossiers uniquement parce que tu as écrit sur Epstein. Tu n’as jamais été invité à ses soirées… ni mis les pieds sur son île… On dirait que tu n’étais pas si important que ça. »
« Oh… merci. »
