L’entrée d’Eiffage dans le CAC 40 ne reflète pas un redémarrage de la construction, mais l’essor spectaculaire des activités liées aux énergies renouvelables. Une croissance largement portée par l’explosion des dépenses publiques, les subventions et l’endettement des Etats, dont profitent une poignée de grands groupes industriels et financiers.
Eiffage, groupe français de construction et de concessions, a fait son entrée dans le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris.
Le titre est en hausse quasi continue depuis une dizaine d’années, après avoir lourdement chuté lors de la crise de 2008, marquée par l’effondrement de la construction de logements.

Les résultats du troisième trimestre, arrêtés à fin septembre, confirment cette dynamique pour l’exercice en cours. Le chiffre d’affaires progresse de 7,9 % sur un an. Dans le détail, la croissance atteint 5,3 % dans la construction, 8,3 % dans les infrastructures et 11,8 % dans les activités liées à l’énergie, qui incluent notamment la construction de parcs éoliens.
Contrairement à l’idée d’un rebond de l’immobilier, l’essentiel de la croissance d’Eiffage provient désormais du secteur de l’énergie.
Le groupe figure parmi les grands bénéficiaires des contrats liés au déploiement des énergies renouvelables et à la gestion de leur intégration dans les réseaux électriques.
Comme le montre la présentation de mi-2025, le développement des activités énergétiques repose largement sur une stratégie d’acquisitions. Depuis 2016, la majorité des rachats réalisés par Eiffage concerne les activités liées à l’énergie, loin devant les infrastructures et la construction traditionnelle.
Cette évolution se reflète clairement dans la structure du chiffre d’affaires. Sur le premier semestre 2025, le pôle énergie représente 38 % des revenus, contre 30 % en 2021. A l’inverse, la part de la construction recule à 19 %, contre 27 % quatre ans plus tôt.
En réalité, l’expansion des activités énergétiques – et donc la croissance des revenus et des bénéfices – découle directement de l’explosion des dépenses publiques engagées à travers le monde pour accélérer la transition vers les renouvelables.
La présentation annuelle 2024 du groupe est explicite :
« La transition écologique, la transition numérique, et la recherche de souveraineté industrielle et énergétique sont nos principaux moteurs. »
Le rapport annuel détaille de nombreux projets emblématiques : contrats de transmission d’électricité depuis les parcs éoliens en mer du Nord, construction de parcs solaires en Espagne, ou encore développement des réseaux électriques reliant les sites de production aux consommateurs.
Le document mentionne également onze nouveaux contrats liés à la fourniture de matériaux et de services pour l’éolien offshore : construction de quatre sous-stations électriques au large de la Belgique, réseaux de transmission pour des parcs situés au large de la Pologne, et pose de fondations pour deux centrales en Normandie, dans le cadre des projets Centre Manche 1 et Centre Manche 2.
En résumé, l’entrée d’Eiffage au CAC 40 illustre parfaitement les bénéfices retirés par une poignée d’entreprises de l’envolée des dépenses publiques consacrées aux renouvelables et aux réseaux électriques.
Dans un second temps, ces mêmes entreprises exercent un lobbying actif auprès des autorités pour soutenir ces politiques, en particulier les quotas de renouvelables et les subventions aux parcs.
Essor des renouvelables : une explosion des dépenses publiques
Les médias mettent largement en avant ce qu’ils présentent comme un succès incontestable des énergies renouvelables.
Le magazine Alternatives Economiques affirme ainsi :
« Le regard négatif sur les énergies renouvelables est un tropisme français. Au-delà de l’Hexagone, leur boom n’est pas un sujet… »
Un autre article de Ouest-France souligne l’essor spectaculaire du secteur dans les régions depuis six ans. En Normandie, le chiffre d’affaires des entreprises liées aux renouvelables atteint 1,3 milliard d’euros en 2024, contre 37 millions en 2020. En Pays de la Loire, il grimpe à 1,6 milliard, contre 97 millions quatre ans plus tôt.
Mais cette hausse des revenus repose sur une augmentation massive des subventions, qui dépassent 10 milliards d’euros en 2024. L’Etat garantit en effet des niveaux de revenus aux exploitants de parcs, y compris lors des excédents de production sur le réseau, quand éoliennes et panneaux solaires doivent être mis à l’arrêt.
Les investissements suivent la même trajectoire. En Normandie, ils atteignent 1,2 milliard d’euros en 2024, contre 74 millions en 2020. En Pays de la Loire, ils s’élèvent à 1,1 milliard, contre 106 millions quatre ans auparavant. La Bretagne, pour l’instant, reste à l’écart de cette dynamique.
Autre illustration de cette illusion de succès : la communication autour des obligations vertes, présentées comme un levier majeur de la lutte contre le changement climatique.
Sur BFM, on pouvait ainsi lire :
« Les investissements verts ont repris du poil de la bête en 2025. Selon Bloomberg, les émissions mondiales d’obligations vertes ont atteint un record de 947 milliards de dollars. »
Mais comme le montrent les données de Sustainable Fitch, l’essentiel de ces flux provient désormais des émissions de dette publique. Autrement dit, la hausse des investissements dits « verts » reflète avant tout l’augmentation des budgets des gouvernements, financée par un recours accru à l’endettement.
En 2016, les Etats représentaient moins de 40 % des émissions d’obligations dites « pour la planète ». En 2025, leur part dépasse 60 %.
Par ailleurs, les investissements mondiaux dans les renouvelables dépassent désormais du double ceux consacrés à l’extraction de pétrole, de gaz et de charbon. Un graphique de l’Agence internationale de l’énergie illustre clairement ce déséquilibre.

Le succès apparent des projets liés aux énergies renouvelables — tout comme celui de la finance dite « verte » — repose en réalité sur une explosion des dépenses publiques et de l’endettement des Etats.
Des entreprises comme Eiffage, mais aussi des cabinets de conseil et des intermédiaires financiers, figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette dynamique fondée sur la dépense publique et la dette.
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1 commentaire
Si l’éolien a tendance à produire davantage à la morte saison et le solaire à la belle, lisser et mutualiser ces sources d’énergie non pilotables suppose des capacités de transmission et de stockage (barrages plutôt alpins) nécessitant des transferts massifs et peu prévisibles d’énergie sur de grandes distances et donc à très haute tension. Il faudra sans doute aussi faire appel à des délestages ou des consommations imposées (batteries) chez les utilisateurs.
En tout , un gros système bien complexe et connecté de surcroît à des centrales nucléaires ne pouvant se passer du réseau pour fonctionner et présentant une inertie de mise en service contraignante…
L’Ukraine s’était déjà rappelée à notre bon souvenir en 1986, mais à l’avenir, il se pourrait que le nuage radioactif n’ait pas à traverser la frontière pour contaminer les glandes thyroïdes des français.
C’est d’autant plus plausible si les comptes du subventionneur (déjà bien endetté) et l’humeur des employés de l’opérateur public se dégradent de concert.