L’histoire montre qu’aucune hausse des marchés n’est éternelle. Sans prédire un retournement imminent, il est essentiel de se préparer dès maintenant à l’éventualité d’un marché baissier. Avant que la prochaine correction ne teste vos nerfs, posez-vous ces trois questions essentielles.
L’un de mes amis est très riche. Et pourtant, dès que le marché baisse, il me demande s’il doit en sortir.
« Cela dépend de ta tolérance au risque », lui ai-je expliqué. Je lui ai posé toute une série de questions pour l’aider à identifier s’il pouvait sereinement rester sur le marché.
Le marché actions a atteint des plus-hauts historiques. Le S&P 500 a flirté avec les 7 000 points pour la première fois de l’histoire, et le Dow Jones Industrial Average se rapproche des 50 000 points.
Et donc, je me dis que bon nombre d’investisseurs ne sont pas prêts à gérer un mouvement de baisse ou, carrément, un marché baissier.
Notez bien que je ne suis pas en train de prédire l’arrivée d’un marché baissier. Je dis simplement que, tôt ou tard, un marché baissier finit par arriver (super prédiction, Nostradamus).
Si un sell-off se produisait bientôt, ce pourrait être violent, dans un contexte où les investisseurs sont mal préparés aux gifles que peut leur infliger le marché, de temps en temps.
Après des années d’évolution à la hausse, globalement, j’ai peur que l’on ait oublié comment traverser un marché en baisse. En fait, au cours de l’année dernière, chaque fois que le marché a baissé de 3 %, disons, j’ai reçu des e-mails me demandant s’il était temps de décamper.
Alors ces trois questions vous aideront à gérer le prochain marché baissier.
Quand aurez-vous besoin de l’argent que vous avez investi sur le marché ?
Si vous n’avez pas besoin de l’argent que vous avez investi dans des actions pendant encore dix ans, alors un marché baissier – même redoutable – ne doit pas beaucoup vous inquiéter.
Ce ne sera pas gai, mais le marché actions s’apprécie presque toujours, sur une durée de dix ans. En fait, la seule façon de perdre de l’argent, sur dix ans, ce serait d’avoir vendu au paroxysme de la Grande Dépression ou de la Grande Récession. Même si vous aviez acheté au plus haut du marché, en 2007, juste avant l’effondrement financier de 2008, et tenu bon pendant dix ans, vous auriez gagné de l’argent.
Chaque correction et chaque marché baissier de l’histoire – sans exception – a été suivi d’un nouveau plus haut.
Mais si vous avez besoin sous trois ans des fonds que vous avez investis dans des actions, retirez-les dès maintenant.
Ce n’est pas parce que nous atteignons un plus haut historique, ou parce que je crains un marché baissier, mais parce que vous ne pouvez pas vous permettre d’exposer cette somme au risque à court terme.
N’importe quoi peut arriver, sur le marché, en trois ans, et le fait de savoir qu’une échéance importante – comme des frais d’université – va arriver alors que le marché serait en baisse vous rendrait fou. Et là, vous finiriez probablement par vendre au plus bas, sous l’emprise de la panique.
Alors vendez vos actions si vous avez besoin de cet argent sous trois ans.
Utilisez-vous des stops suiveurs ?
Les stops suiveurs protègent vos gains et votre capital si quelque chose tourne mal sur le marché.
Le meilleur aspect d’un stop suiveur, c’est qu’il ôte toute émotion à vos décisions de vendre.
On a vite fait de se pétrifier et d’ignorer ses propres règles, quand le marché plonge. « L’action cotait 50 $. Et maintenant, elle cote 47 $. Si elle remonte à 50 $, je vendrai. »
C’est ce que l’on se dit. Et ensuite 47 $ devient 45 $ puis 40 $…
Faire des transactions sous l’emprise de l’émotion est dangereux et peut vous coûter cher.
Je recommande un stop suiveur à 25 %.
Si une action cote 100 $, alors votre stop doit être à 75 $. Si l’action grimpe à 110 $, votre stop suiveur doit grimper à 82,50 $.
Un stop protège vos gains sur un marché en hausse et limite vos pertes lors d’une correction de marché ou d’un marché baissier. La clé, c’est de respecter votre stop et de ne pas le retirer quand l’action commence à s’en rapprocher.
Si vous placez un stop suiveur, vous sortirez quand les choses commenceront à devenir tendues, et il vous restera plein de fonds à placer de nouveau sur le marché quand vous serez prêt.
Êtes-vous émotionnellement capable de gérer une baisse de marché ?
Répondez à cette question en toute honnêteté. Il n’y a aucun problème à reconnaitre qu’un sell-off de marché vous terrifie.
Si c’est le cas, et que les réponses aux deux premières questions ne vous réconfortent pas, récupérez vos gains dès maintenant et investissez dans quelque chose de plus sûr comme des bons du Trésor, des comptes à terme, etc. À long terme, vous n’obtiendrez pas du tout le même type de rendement que sur le marché actions, mais vous serez moins stressé.
Et c’est important.
Le stress portant sur les questions financières peut briser un mariage, provoquer des soucis de santé, et il est difficile à vivre. Nous sommes tous passés par là.
Alors si vous n’êtes pas suffisamment tranquillisé à l’idée que votre horizon est assez lointain pour pouvoir récupérer des pertes potentielles (et que des stops suiveurs protègeront votre capital), ne vous exposez pas au marché ou à ce stress.
Avoir un plan bien établi avant un marché baissier vous permettra de bien mieux le supporter quand il arrivera enfin.
