"Ah, je ne sais pas… On était prêts à l’acheter, cette voiture, mais maintenant… avec ce qui se passe… l’autre nous durera bien quelques années de plus !" Et voilà comment on résume, en une phrase entendue au passage dans un magasin, à la fois les conséquences de la crise actuelle mais aussi les raisons pour lesquelles elle sera prolongée et douloureuse : la crainte. Une crainte viscérale, répandue dans toutes les couches de la population… qui empêche les consommateurs de consommer
Françoise Garteiser
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Il est assez angoissant de se trouver dans un véhicule lancé à pleine vitesse et se dirigeant tout droit vers un mur — sans pouvoir y faire quoi que ce soit. C’est un peu mon sentiment lorsque j’observe le système économique et financier mondial en ce moment ; depuis 2001, les bulles enflent les unes après les autres, toujours plus énormes, aux conséquences toujours plus graves. La dernière en date pourrait faire sombrer dans la faillite ce qui est encore (pour l’instant !) la première économie au monde
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Un de nos lecteurs, C.F., a écrit à Bill Bonner pour nous poser quelques questions… entamons donc le dialogue ! Je suis un lecteur assidu de vos articles […] Cependant, une pensée s’impose, et c’est à ce sujet que j’aimerais avoir votre opinion : et si la dette n’était pas destinée à être remboursée ? Et si un nouveau coup était déjà préparé
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Soit le rebond a été de courte durée… soit il n’a pas encore eu lieu. "Un rebond de marché baissier est la chose la plus sûre sur laquelle on puisse parier après un tel effondrement", déclare souvent Bill Bonner. On dirait, toutefois, que M. le Marché a décidé de prendre son temps… à moins qu’il ne nous réserve une des surprises dont il a le secret
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Oui… sauf sur les dernières séances de septembre 2008. "Kerviel, c’est sans aucun doute le plus gros scandale financier de tous les temps !" Oui… jusqu’à ce que Madoff arrive. "Allons donc, dans le secteur de la finance, ils sont too big to fail… les autorités ne les laisseront jamais tomber !" Oui… et quelles sont les nouvelles de Bear Stearns, déjà ? "De toute façon, le gouvernement sera toujours là pour renflouer — un pays, ça ne fait jamais faillite !" Oui… il n’y a qu’à voir l’Islande. Bref, M. le Marché est en train de nous réapprendre la morale économique. Et il nous fait la leçon de manière délicieusement retorse et cruelle
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Allez, cher lecteur, sacrifions à la tradition… et faisons un petit tour d’horizon des prévisions de nos rédacteurs pour l’année 2009 — en gardant en tête les déclarations de Bill hier : "le problème, c’est que nous ne savons rien. En dehors de ce que nous voyons et entendons directement, ce ne sont qu’hypothèses, déductions et conjecture". Voici donc les "hypothèses, déductions et conjecture" de quelques-uns de vos correspondants
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Comme une épidémie, la crise se répand ; elle se rapproche, frappe de plus en plus près. Les gens se regardent, se surveillent, comme un malade guettant des symptômes : "lui est affecté, elle aussi, et moi ? J’ai un travail… la maison est payée… les études des enfants aussi… mais si j’étais licencié ? L’activité n’est pas brillante ces derniers temps…" Et alors que l’anxiété se répand, la seule solution que les autorités ont à proposer, c’est de s’appauvrir encore ! Dépensez, dépensez, dépensez, c’est la seule voie de salut, nous disent les hautes instances politiques et économiques
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Le verdict est tombé dans la nuit de jeudi à vendredi — le plan proposé par le Congrès US pour le renflouage des trois grands constructeurs automobiles américains a été refusé par le Sénat. Entre nous, je trouve un peu mesquin de mégoter sur 15 milliards de dollars alors que des centaines de milliards viennent d’être déboursés (sans doute en vain) pour tenter de sauver un système déliquescent
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Pour aborder le vaste sujet de la destruction de valeur, partons d’un exemple concret, l’immobilier américain. Remontons quelques années dans le temps, aux beaux jours de la bulle immobilière — et intéressons-nous au cas d’un citoyen lambda (et parfaitement imaginaire), Bob
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J’avoue, cher lecteur, ils me font un peu rire, tous ces politiciens, publicitaires, journalistes : "la crise, la crise, la crise !" On n’a plus que ce mot à la bouche, la crise est désormais cause de tous les maux — comme si, du jour au lendemain en septembre dernier, le monde avait brusquement basculé… comme s’il n’y avait jamais eu de signes annonciateurs… comme si l’économie ne vacillait pas depuis longtemps, construite qu’elle était sur le sable de la consommation excessive et de l’endettement
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C’était en gros titre dans le Guardian et Le Monde hier matin : la fin de la domination américaine est pour 2025. Les Etats-Unis ne sont d’ailleurs pas les seuls concernés : c’est tout le monde occidental qui pourrait être en train de couler, si l’on en croit le dernier rapport du Conseil national du renseignement américain
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Décidément, c’est "un pas en avant… six pas en arrière" pour les marchés en ce moment. Lancés dans une sorte de valse-hésitation dantesque — avec, pour partenaire très exigeant et pas franchement plein de sollicitude, une économie mondiale au bord de l’apoplexie — les investisseurs se sont pris les pieds dans le tapis
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Depuis quelques jours que je suis à nouveau quotidiennement l’évolution des marchés, je n’arrivais pas à me débarrasser d’une drôle d’impression… d’un sentiment bizarre… que les choses n’étaient pas comme d’habitude. Et puis ce matin, j’ai compris : depuis quelques semaines, les marchés réagissent désormais à de vraies nouvelles économiques
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Epargne
Le G20 ne débouche sur rien… et la crise économique s'aggrave
par Françoise Garteiser 18 novembre 2008Une fois encore, les statistiques économiques sont venues peser — très lourd — sur les cours boursiers hier. Oui, la récession est bel et bien là ; on peut jouer sur les mots, compter les dixièmes de points entre "récession technique" et "croissance", voir qui "y est" et qui n’ "y est pas"… il n’en demeure pas moins que la crise est mondiale, et que l’effet domino est en train de se propager
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Les prix à l’importation sont dans le rouge, avec un recul de 4,7% (merci à la baisse des matières premières !) — et les stocks des entreprises ont baissé de 0,2%, toujours pour le mois d’octobre. Seul chiffre dans le vert pour ce vendredi : la surprise de l’indice de confiance du consommateur, calculé par l’université du Michigan. Il est en légère hausse, à 57,9 pour novembre contre 57,5 en octobre. La suite de "l’effet Obama"
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La température était bouillante sur les marchés américains hier, mais plutôt tiédasse du côté européen : le CAC 40 a enregistré une molle hausse de 1,10% sur la journée d’hier, terminant à 3 269,56 points, dans des volumes faibles. Du côté de Londres, le Footsie a chuté de 0,31%, tandis qu’à Francfort, le DAX progressait de 0,62%. Aux Etats-Unis, en revanche, les hausses ont été fulgurantes
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Votre correspondante part au Japon pour un mois. La nouvelle, annoncée alors que le CAC 40 chutait à pic, a plongé mes collègues dans la perplexité, voire l’incrédulité. "Il n’y aura même plus d’avions, si ça se trouve !", se moquait Philippe Béchade le jour du "vendredi noir". "Vous êtes sûre ? Vous ne pourrez peut-être pas revenir !", disait mi-sérieux, mi-amusé, l’éditeur du Déclin du Dollar, avec qui je discutais le même jour. J’avoue préférer la deuxième option… Mais toute plaisanterie mise à part, ces bribes de dialogue révèlent bien l’état d’esprit qui règne sur les marchés en ce moment
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Epargne
L'Islande, boule de cristal pour le reste de la planète ?
par Françoise Garteiser 10 octobre 2008Alors… par où commencer ? Par la saignée des marchés ? Par les tentatives désespérées des banques centrales d’enrayer la crise ? Par le G7 ? Non, cher lecteur, je vais commencer par l’Islande. Parce qu’en y regardant de plus près, ce petit pays du nord me semble une parfaite "maquette" potentielle de l’avenir de la planète boursière
