Les génies de la finance ont remanié, acheté et vendu la dette subprime jusqu’à entendre les premiers craquements signalant l’effondrement. Ils pensaient que le crédit étant bon tant que les propriétaires pouvaient payer leurs traites. Et ils ne voyaient aucune raison que les propriétaires ne puissent PAS payer leurs traites, tant qu’ils avaient un emploi. C’était là leur couleuvre — et ils l’ont avalée. Dans un monde de plein emploi, il n’y avait aucun motif de voir les prêts mal tourner — en théorie. Mais les théories apparaissent selon les besoins, lorsqu’il y a une vente à conclure.
Bill Bonner
Bill Bonner
Bill Bonner est le co-auteur de plusieurs best-sellers comme L’inéluctable faillite de l’économie américaine, L’empire des dettes et Hormegeddon. Dans son dernier livre, Gagner ou Perdre, il explore l’avancée de nos sociétés modernes, leurs hauts et leurs bas – et révèle en chemin la règle unique qu’une société doit suivre si elle espère progresser... tout en montrant ce qui arrive à ceux qui ignorent cette règle. En 1978, Bill a fondé Agora – désormais le plus grand réseau de recherche indépendante au monde. Il a lancé des entreprises partout dans le monde – dont les Publications Agora en France... emploie des milliers de personnes... a investi sur cinq continents... a acquis plus de deux douzaines d’entreprises... possède des centaines de milliers d’acres de terrain... parcourt plus de 150 000 km chaque année... et a lancé plus de 1 000 produits. Ses notes quotidiennes, publiées notamment dans La Chronique Agora, sont lues par plus de 500 000 personnes dans le monde – dont près de 40 000 en France. Bill s’est donné pour mission d’identifier les meilleures opportunités d’investissement – et de montrer où les investisseurs particuliers commettent les erreurs les plus coûteuses. En deux mots, Bill offre un regard lucide sur le monde de l’économie et de l’investissement -- un point de vue contrarien et sans concession, que vous ne retrouverez nulle part ailleurs.
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Près d’un demi-millier de milliard de dollars de dettes viendront s’ajouter dans les deux années qui arrivent, selon le plan Bush. Mais, en 2012, les autorités promettent d’enregistrer un modeste surplus — d’un peu plus de 60 milliards de dollars. Bien entendu, cela ne sera possible que si rien ne tourne mal en Irak ou en Afghanistan (comment cela serait-il possible ?), et si l’on est d’accord pour employer des comptables qui sont également des menteurs invétérés.
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Les spectacles publics suivent des schémas prévisibles, avons-nous remarqué. Ils commencent par des mensonges… on commence en général par prétendre que c’est une Nouvelle Ere, et que les anciennes règles ne s’appliquent plus. Ensuite, on passe au stade de la farce… où le mensonge commence faire des siennes. Et finalement, tout se termine en désastre. On peut voir ce schéma se développer en Irak, par exemple, aujourd’hui. Ou durant la Seconde guerre mondiale… les mensonges d’Hitler — la supériorité raciale, le besoin de Lebensraum à l’est, etc. — ont rapidement été suivis de programmes absurdes et de retraites aux flambeaux… avant de se terminer à Stalingrad et à Berlin.
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…des complexes d’appartements dont les balcons portent des affiches vantant le fait qu’"ici, les jeunes professionnels peuvent mener une vie saine"… "Effrayé par le marché boursier ?" demande une autre affiche, qui invite les clients à appeler le fonds Franklin Templeton… des Musulmanes habillées de noir de la tête aux pieds… des élégantes à la peau claire portant sari… des êtres squelettiques accroupis le long de l’autoroute… des acres et des acres de bidonvilles aux toits de tôle ondulée… "9% d’intérêt avec la Catholic Syrian Bank… dépôt minimum : 100 roupies (environ 1,5 euros)"…
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Aux Etats-Unis, la mode de la politique a atteint son sommet sous l’administration Kennedy. Les remarques inaugurales de Kennedy — "ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous… demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays" — ont marqué un zénith historique pour cette tendance. C’était avant que la guerre au Vietnam ne s’enlise, et avant le lancement de la guerre contre la pauvreté et la guerre contre la drogue. Les gens croyaient à ces guerres — et ils ont été terriblement déçus lorsque les victoires ne se sont pas concrétisées. Aujourd’hui, évidemment, il y a la guerre contre la terreur… mais peu de gens en parlent… et aucune personne sensée ne la mentionne sans un sourire ironique. En fait, la guerre contre la terreur n’est pas du tout politique — c’est une campagne destinée à couvrir le flanc du grand empire financier. Si l’on découvrait qu’elle diminuait les dépenses de consommation, ou augmentait les taux de prêts hypothécaires, par exemple, on y mettrait fin dès demain.
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Le petit nouveau à la tête de la Fed a fait savoir que l’inflation n’est "pas bienvenue". Ce terme est décrit partout comme étant "un langage de dur" ; en ce qui nous concerne, cela nous semble plutôt courtois. C’est aussi un énorme mensonge, bien entendu. Ce qui ne serait vraiment "pas bienvenu", c’est l’absence d’inflation, le manque d’augmentations dans les prix à la consommation, le durcissement soudain d’un dollar habituellement flexible.
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La semaine dernière, l’or a chuté à un plancher de deux mois. Nous ne savons pas qui remercier — des manipulateurs calculateurs ou des spéculateurs en pleine panique. Mais nous avons deux pressentiments. Pour commencer, le prix de l’or chutera probablement sous les 600 $ avant que cette correction ne prenne fin. Et deuxièmement, que quiconque vend maintenant se sentira génial la semaine prochaine — et complètement idiot l’année prochaine.
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Hier matin, nous avons appris que de nouveaux projets immobiliers majeurs sont abandonnés à Washington DC, ainsi qu’à Las Vegas et à Miami. Dans tous les Etats-Unis, il y aurait quatre millions de maisons neuves et anciennes sur le marché. Des chiffres en provenance de tous le pays nous parlent de hausse des stocks, de chute des ventes et de baisse des prix.
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"Tout le monde peut vieillir", a déclaré la reine Elizabeth II à l’occasion de son 80ème anniversaire, "il suffit de vivre assez longtemps". Nous aurions formulé cela différemment : le secret de la vieillesse, c’est de ne pas mourir. Cela nous fait penser à une chose : bon nombre des meilleures choses dans la vie s’obtiennent simplement en ne faisant rien.
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Les marchés, eux aussi, doivent faire ce qu’ils sont "censés" faire. Lorsque les choses sont déséquilibrées, elles doivent se rééquilibrer d’une manière ou d’une autre. Lorsqu’elles sont loin de la moyenne, elles doivent y retourner. Sinon, il n’y aurait pas de moyenne vers laquelle revenir. Il n’y aurait pas de "normal", pas d’usuel, pas d’ordinaire, pas de commun, pas de standard. C’est-à-dire qu’il n’y aurait pas de schémas familiers, dans la vie. Chaque jour serait une surprise.
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Cette semaine, le Maître des Maîtres de l’Univers a été officiellement accepté par le Sénat américain en tant que Maître du département du Trésor US.
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La chute du marché aurifère de ces derniers jours nous a fait le même effet que la gifle d’une maîtresse jalouse. Nous étions certain qu’il fallait faire quelque chose en retour… mais nous ne savions pas quoi. Est-ce la fin de notre histoire avec l’or ? Ou simplement le début de quelque chose de plus merveilleux encore ? Nous y avons réfléchi, et nous en sommes venu à une conclusion familière.
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"Je pense que le métal ‘devrait’ valoir environ 1 000 $ l’once actuellement pour être à peu près en équilibre avec la valeur des autres choses le dollar peut acheter", déclare notre vieil ami Doug Casey. "C’est une supposition arbitraire ; je ne connais pas de méthode exacte pour déterminer la véritable valeur de l’or en dollars. Mais en supposant que le gouvernement américain rembourse les dollars détenus par des étrangers — sans parler des Américains — à quelle hauteur faudrait-il porter le prix de l’or ?
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Nous étions heureux avec la branche paléo-anarcho-chrétienne du conservatisme américain — un groupe électoral d’au moins deux ou trois personnes — puis nous découvrons que le système de santé français fonctionne en fait plutôt bien. Nous maîtrisons enfin l’analyse fondamentale des valeurs de croissance, puis nous trouvons quelqu’un qui fait mieux que nous grâce à l’astrologie védique. Si nous continuons ainsi, nous nous demandons ce qui va advenir de nous.
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Nous conseillions aux gens d’acheter de l’or des années avant que la lumpen-presse ne mentionne le métal jaune. Nos rédacteurs ont chanté les louanges des matières premières — argent-métal, ressources naturelles, Chine, Inde et énergie — bien avant le brouhaha actuel. Nous avons averti les gens de la bulle des technologiques des années avant que la bulle n’explose — tout comme nous parlons de la bulle immobilière aujourd’hui. Lorsque la presse y arrive, par contre, il est en général trop tard pour y faire quoi que ce soit. Pour accomplir tout cela, nous n’avons que des mots. Des mots exprimant des idées, des pensées, des recommandations, des conjectures, des opinions, des informations et même des hallucinations. Notre activité consiste à vendre des mots, contrairement à l’industrie financière, dont l’activité consiste à vendre des actions… et qui est en plus affligée de conflits d’intérêt.
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Depuis le 11 septembre 2001, selon le journal londonien The Observer, "une industrie très lucrative" est née aux Etats-Unis — protéger la mère-patrie contre les terroristes. On n’avait pas vu un tel racket à la protection depuis le maffieux Lucky Luciano dans le New York des années 20. Dans tous les états de l’Union, il n’y a peut-être pas assez de terroristes pour remplir une petite prison de campagne, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’argent à faire dans le domaine de la sécurité nationale.
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Les lecteurs qui nous subissent de longue date savent que l’humilité est notre seule véritable vertu, et même dans ce domaine, nous ne sommes pas vraiment sincère. Notre humilité provenait du fait que nous avons eu profondément tort durant une période de temps si longue que c’en était embarrassant. Année après année, notre stock d’or a perdu de sa valeur, tandis que notre stock d’humilité grimpait. Notre humilité ne tarda pas à accumuler une valorisation digne des technos, le stade de bulle. Nous étions si humble, en l’an 2000, que nous en étions tout à fait arrogant. Bien entendu, l’humilité nous donnait un avantage et une longueur d’avance ; bon, d’accord, elle nous rendait parfaitement supérieur ! Et voilà, cher lecteur : une confession pleine et entière.
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Un empire étant un spectacle public plutôt majestueux et important, il engendre beaucoup de gros titres. Tous suivent cependant le même sentier — grimpant la montagne d’un côté, et la redescendant de l’autre. La grande réussite historique de l’équipe Bush a été de trouver une piste leur permettant de franchir rapidement la butte, pour se retrouver sur le chemin de l’auto-destruction.
