Pas grand’chose à dire aujourd’hui… et pas beaucoup de temps pour le dire. Nous avons fait nos valises, et nous nous préparons à entamer une nouvelle partie de notre tour du monde. Qu’avons-nous appris en Afrique du Sud ? Qu’il faut avoir un plan B, cher lecteur… comme nous allons le voir dans quelques lignes. Cette semaine, le Dow a maintenu le suspense, et grimpé. Selon nous, la marée se retire. Le cycle du crédit a atteint son sommet au printemps dernier… et la vague de liquidités et de crédit s’en va.
Bill Bonner
Bill Bonner
Bill Bonner est le co-auteur de plusieurs best-sellers comme L’inéluctable faillite de l’économie américaine, L’empire des dettes et Hormegeddon. Dans son dernier livre, Gagner ou Perdre, il explore l’avancée de nos sociétés modernes, leurs hauts et leurs bas – et révèle en chemin la règle unique qu’une société doit suivre si elle espère progresser... tout en montrant ce qui arrive à ceux qui ignorent cette règle. En 1978, Bill a fondé Agora – désormais le plus grand réseau de recherche indépendante au monde. Il a lancé des entreprises partout dans le monde – dont les Publications Agora en France... emploie des milliers de personnes... a investi sur cinq continents... a acquis plus de deux douzaines d’entreprises... possède des centaines de milliers d’acres de terrain... parcourt plus de 150 000 km chaque année... et a lancé plus de 1 000 produits. Ses notes quotidiennes, publiées notamment dans La Chronique Agora, sont lues par plus de 500 000 personnes dans le monde – dont près de 40 000 en France. Bill s’est donné pour mission d’identifier les meilleures opportunités d’investissement – et de montrer où les investisseurs particuliers commettent les erreurs les plus coûteuses. En deux mots, Bill offre un regard lucide sur le monde de l’économie et de l’investissement -- un point de vue contrarien et sans concession, que vous ne retrouverez nulle part ailleurs.
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Qu’est-ce qui attend le dollar ? Sa valeur à long terme reste le zéro — et The Economist nous cite en ces termes exactement. Le fait que The Economist nous cite nous inquiète. Crier à la mort du dollar fait désormais la une. Le dollar pourrait donc être sur-vendu — au moins à court terme. Est-ce qu’il grimpera par rapport à l’euro ? Les derniers chiffres mettent la croissance de la masse monétaire européenne à plus de 12% par an. Ce n’est pas exactement le Zimbabwe, mais c’est tout de même trois à quatre fois plus rapide que le PIB. Le dollar n’est pas le seul qui retournera à zéro. Toutes les devises papier y arriveront. Laquelle prendra la tête ? Nous n’avons pas d’opinion.
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N’est-ce pas magnifique, la manière dont les gouvernements peuvent améliorer les choses par simple décret ? Par édit ! En votant une loi ! Vous avez des problèmes de contrats ? Bah, nous allons les changer. Vous ne pouvez pas payer vos factures ? On ne va quand même pas laisser la Constitution nous barrer le chemin… nous en changerons les termes… ou nous imposerons un moratoire sur le droit de collecter les sommes dues. En deux coups de cuiller à pot, c’est réglé. Vous avez dépensé trop d’argent ? Vous êtes un peu fauché ? Ne vous inquiétez pas ; nous imprimerons un peu plus de billets.
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"J’attendais qu’il rentre à la maison. Ensuite, j’écoutais la voiture rentrer au garage… et je me tenais à la porte jusqu’à ce qu’il sorte". La grand’mère d’Elizabeth nous expliquait comment étaient les choses durant la Grande dépression. Son mari, courtier, avait perdu quasiment tous ses clients… et peut-être tout son argent. Certains n’ont pas pu le supporter. Ils restèrent assis dans leur voiture, moteur allumé, jusqu’à ce que la Bourse et tous ses soucis disparaissent à tout jamais.
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Qu’avons-nous à voir aujourd’hui ? Eh bien, nous commençons avec deux histoires. "Le crédit US s’assèche, faisant naître des craintes de récession", titrait le journal International Herald Tribune. "Les artères financières se contractent au rythme le plus rapide jamais enregistré". C’est l’histoire d’une contraction du crédit — une pièce du grand puzzle que nous examinons depuis quelques semaines. Vous vous rappelez la règle, cher lecteur ? La force d’une correction est égale et opposée à l’illusion qui l’a précédée. Que peut-on attendre après la plus grande expansion de crédit de tous les temps ? Quelque chose de plutôt dramatique.
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"Voilà mes hommes. Je dois les suivre. Car je suis leur meneur". (Attribué à un général italien) Cette semaine, Don Kohn, numéro deux à la Fed, a déclaré au monde entier que la banque centrale américaine serait "flexible et pragmatique". Les gens savaient ce que cela signifiait. La Fed est prête à baisser les taux le mois prochain. Les investisseurs ont été si ragaillardis qu’ils ont acheté toutes les actions à portée de main. Le Dow a grimpé. Qu’est-ce que cela signifie ? Moins de choses que le pensent les investisseurs.
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Si les Etats-Unis se dirigeaient vraiment vers une récession, où serait-elle visible en premier ? Dans les ventes de 4×4. Personne n’a besoin d’un char d’assaut. C’est un achat haut-de-gamme, que l’on peut facilement retarder — surtout lorsque le carburant dépasse les 3 $ le gallon. Et qu’est-il arrivé aux ventes de 4×4 ces derniers temps ? "Winnebago Industries, Thor Industries et d’autres fabricants US de véhicules tous-terrains annonceront probablement que les expéditions ont chuté en 2007 pour la première fois en six ans"… déclare un article de l’International Herald Tribune.
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"Rien de ce que la technologie promet ne fonctionne comme prévu", nous disait un participant au dîner d’hier soir. "Où en est-on avec les ‘bureaux sans papier’ ? Toute l’idée de progrès est une fraude. La vie ne fonctionne pas vraiment comme ça. Si l’on en croit le laïcisme, chaque pas est un pas en avant. Mais ce n’est pas vrai ; la moitié du temps, on recule. Chaque génération et chaque personne doit trouver son chemin — à nouveau". Son chemin vers le paradis, peut-être. Mais on ne peut pas nier le progrès technologique. Toutes les nouvelles générations se tiennent sur les épaules de celles qui les ont précédées.
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Nous pourrions y être, cher lecteur. Cette semaine, on pourrait atteindre trois seuils importants. Lorsque nous vous avons quitté hier, les forces implacables de l’inflation semblaient se diriger tout droit vers l’objet immobile qu’est la déflation. Ce matin, nous vérifions les gros titres. Que s’est-il passé ? Regardons d’abord l’inflation. Le plus inflationniste de tous les prix, c’est celui du pétrole. Et devinez quoi ? Il a atteint un nouveau sommet, à 98 $. La barre des 100 $ n’est plus qu’à une tasse de café Qu’est-ce qu’un pétrole à 100 $ signifierait ? Faites marcher votre imagination, cher lecteur.
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Lorsque nous avons commencé à écrire, il y a six ans de cela, les Etats-Unis étaient en pleine folie boursière. ‘Cela ne peut pas durer’, avons-nous dit. Mais cela continuait déjà depuis plus longtemps que nous le pensions. Nous attendions toujours la fin. Puis, après un moment, nous nous sommes lassé de guetter. Les Etats-Unis sont désormais absorbé dans une folie plus grande encore. Les investisseurs ne sont pas les seuls à avoir perdu la tête… il s’agit également de gens ordinaires n’ayant guère de tête pour commencer.
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Lorsque nous vous avons laissé la semaine dernière… les choses devenaient intéressantes. Les forces implacables de l’inflation étaient sur le point d’entrer en collision avec l’objet immobile de la déflation. Et les deux deviennent de plus en plus proches. Dans peu de temps, le choc aura lieu. La richesse est en train de s’évaporer. Lorsque la marée se retire, déclare Warren Buffett, on voit qui était en train de nager nu — on découvre qui avait oublié de mettre son maillot.
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Nous observons les nouvelles avec attention. Pourquoi ? Parce que nous pensons que quelque chose va arriver. Les marchés sont dans une position inconfortable — et potentiellement explosive. Les forces implacables de l’inflation semblent prêtes à entrer en collision avec un objet immobile : la chute du prix des actifs. Que se passera-t-il quand ils se rencontreront ? Nous n’en savons rien, mais nous voulons être au premier rang quand ça arrivera.
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Pauvre Freddie. L’organisme de prêts hypothécaires US a annoncé une perte de près de cinq milliards de dollars. Soudain, tout le monde lui est tombé sur le râble. On aurait dit qu’il venait d’allumer une cigarette dans un restaurant de sushi. Les investisseurs ont administré une raclée à la société… dont les actions ont chuté de 30% après qu’elle a annoncé une réduction du dividende allant jusqu’à 50%. Sa sœur Fannie Mae ne s’en est pas mieux tirée, avec des actions en baisse de 22%.
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Nous voilà en Irlande où nous marchons… nous flânons et nous cogitons… et les idées s’entrechoquent. Notre sujet de méditation, c’est le "contrarianisme". Nous savons que cela fonctionne dans le monde de l’investissement. "Achetez lorsque le sang coule dans les rues", disait Nathan Rothschild. Mais si ça fonctionne pour l’investissement, pourquoi pas dans le reste de la vie ? "Vous êtes soit contrarien… soit victime", déclare notre vieil ami Rick Rule. Ceux qui suivent les foules sont victime des marchés financiers.
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La question est toujours en suspens. La marée s’est-elle retirée ou non ? Nous regardons les bouteilles de bière et les canettes de soda. Flottant à la surface des flots, elles devraient nous indiquer le sens du courant. Mais elles semblent bien incertaines ; bloquées dans des tourbillons et des remous, il est difficile de dire dans quel sens flottent les ordures. Et les marchés n’arrivent toujours pas à se décider.
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Nous avons un exemple personnel à fournir. Un de nos vieux amis nous a annoncé avoir vendu son entreprise, qu’il avait lancée depuis chez lui il y a 35 ans de ça, quasiment sans soutien financier — un véritable exemple de la réussite à l’américaine. A présent, notre ami a la soixantaine ; que peut-il faire ? Il aurait pu gérer sa société lui-même pendant encore 10 ans environ… il aurait pu la transmettre à sa famille. Au lieu de ça, il l’a vendue — pour 140 millions de dollars. A qui a-t-il vendu ? Quelqu’un se trouvant dans le même secteur ? Un autre entrepreneur ? Non. Il a vendu à un groupe d’investisseurs qui — pour autant que nous puissions en juger — n’ont guère d’expérience dans le secteur.
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"Panique sur les pâtes en Italie", titre le magazine Fortune Oh là là, cher lecteur… les choses deviennent sérieuses. "Si les prix continuent à grimper, je ne serais pas surpris de voir des émeutes pour de la nourriture", déclarait Jacques Diouf, directeur de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture il y a quelques semaines seulement.. Peut-être devrions nous appeler M. Diouf et lui demander son avis sur les marchés boursiers.
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L’inflation n’est pas censée être un problème. Si elle n’est pas assignée à résidence, du moins porte-t-elle un bracelet électronique à la cheville. Pourtant, les preuves de son évasion s’accumulent. Quant à la raison pour laquelle elle est censée être sous contrôle, l’explication habituelle veut que l’entrée de l’Asie dans l’économie mondiale a réduit les coûts de main d’œuvre. Dans la mesure où la main d’œuvre est une part importante des biens comme des services, il serait raisonnable de penser qu’une baisse des salaires mènerait à une baisse des prix.
