La Zone euro de retour au Moyen-Age monétaire

Rédigé le 21 mars 2016 par | Article, Indices, marches actions, strategies Imprimer

La BCE fait n’importe quoi, disions-nous vendredi dernier. Et aujourd’hui, la déflation mondiale est une conséquence des erreurs d’investissements dans l’exploitation minière, l’énergie, l’industrie, les transports et la distribution — résultat de la frénésie de crédits qui a touché le monde entier ces 20 dernières années et qui a été possible grâce à la succession de programmes d’impressions monétaires des banques centrales. La dette cumulée de 185 000 milliards de dollars, soit près de quatre fois la croissance du PIB au cours de cette période, a annihilé la capacité mondiale de croissance basée sur l’investissement et la production.

De même, la menace de surcapacité partout sur la planète comprime considérablement les prix, les marges et les profits, mais elle impacte en premier lieu la Chine et sa chaîne d’approvisionnement dans les marchés émergents ; en second lieu sont également impactés les exportateurs de machines, de produits high tech et de luxe — dont l’Allemagne et d’autres grands pays exportateurs européens.

Toutefois, le nouveau tour de charlatanisme monétaire que nous joue la BCE n’aura aucun impact sur la demande d’exportation de la Zone euro de la part de la Chine et des marchés émergents. Non seulement Draghi n’a pas réussi à envoyer l’euro s’établir à des niveaux plus bas, mais cela ne changerait rien de toute façon.

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Le problème n’est pas le taux de change des devises mais bien la saturation de l’investissement sur les marchés étrangers

Le problème n’est pas le taux de change des devises mais bien la saturation de l’investissement sur les marchés étrangers qui n’ont plus de capacité d’emprunt.

Une aubaine pour la Zone euro ?

Dans tous les cas, la déflation mondiale est une aubaine pour les travailleurs et les consommateurs de la Zone euro parce que l’Europe est un gros importateur d’énergie et de matériaux.

Que se passerait-il si ce niveau de vie insolent, digne de l’ancienne époque des colonies et transposé à présent sur le continent européen, entraînait les principaux indices de l’inflation à rester temporairement plats ?

Les keynésiens fous à la tête de la BCE pensent-ils vraiment que la centaine de millions de ménages de la Zone euro qui vivent principalement dans la précarité avec des salaires stagnants s’arrêteront d’acheter de la nourriture, des vêtements, des maisons, des chaussures, des billets de cinéma, des meubles et des outils de jardinage parce qu’ils attendent une baisse des prix ?

Dans un monde où la dette atteint des sommets et où les salaires marquent le pas, l’idée d’une grève des acheteurs déflationnistes n’est qu’un non-sens destiné à servir les intérêts bureaucratiques.

La vérité est que toute cette manoeuvre anti-déflation de la banque centrale est basée sur un énorme mensonge auto-créé. A savoir, la notion totalement fausse qu’une inflation selon l’IPC de 2,00% est l’élixir magique de la performance économique. Pourtant, il n’y pas la moindre preuve de cela ; c’est devenu la norme politique sur la base d’une simple affirmation, comme une incantation rituelle.

Cet objectif d’inflation des banques centrales a dégénéré en l’équivalent monétaire des pinailleries théologiques du Moyen-Age

En fait, cet objectif d’inflation des banques centrales a dégénéré en l’équivalent monétaire des pinailleries théologiques du Moyen-Age.

Aucune logique économique

Depuis la création de la monnaie unique en 1999, l’indice des prix à la consommation moins l’énergie (et l’alimentation saisonnière) a progressé au taux de 1,57% par an. Au cours des huit années qui ont suivi la grande crise financière en 2008, il a augmenté de 1,21% par an ; et, aidé par la baisse du prix des importations des matières premières en Europe, et autres importations hors énergie, l’indice a augmenté de 1,01% au cours de l’année jusqu’en janvier.

Soyons sérieux. Existe-t-il une once de logique économique ou de bon sens qui laisse penser que seulement 36 points de base, ou un écart de 56 points de base, respectivement, d’une tendance profondément enracinée depuis 17 ans, suffit pour provoquer le plongeon de l’économie de 13 000 milliards de dollars de la Zone euro dans une sorte de trou noir macroéconomique ? Un trou noir si dévastateur qu’on ne peut y remédier que par ce qui est essentiellement une attaque criminelle à l’encontre des épargnants et une aubaine pour les spéculateurs ?

On peut à présent dire que la BCE et les autres banques centrales sont si profondément plongées dans le trou qu’elles ont complètement perdu contact avec le bon sens. Elles jouent avec de microscopiques variations à deux décimales du taux d’inflation à la consommation, ce qui est totalement insignifiant pour le bien-être économique des 19 pays qui font partie de la Zone euro.

Le seul bien-être qui compte, en fait, est celui des spéculateurs financiers qui traquent les marchés financiers mondiaux dans l’attente du prochain accès de bêtise des banquiers centraux.

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David Stockman
David Stockman

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