Zone euro : le dérèglement fatal de Mario Draghi

Rédigé le 18 mars 2016 par | Article, Inflation, dettes et récession Imprimer

▪ Cet homme est totalement dérangé, tout comme l’ensemble de l’appareil politique de la Zone euro. Comme la plupart des administrations partout ailleurs dans le monde, la BCE tente de combattre une croissance et une inflation faibles à l’aide de nitroglycérine monétaire. Ce n’est qu’une question de temps avant que toute la structure financière ne vole en éclat.

Une croissance faible du PIB réel dans la Zone euro n’a absolument rien à voir avec la différence entre –0,3% sur le taux de dépôt de la BCE et le nouveau taux de –0,4% annoncé il y a quelques jours ; ni d’ailleurs avec le fait d’avoir porté de 60 milliards d’euros à 80 milliards d’euros par mois le montant des achats d’obligations. Le seul but d’une telle intrusion financière maladroite est de rendre l’emprunt meilleur marché pour les ménages et les entreprises.

Le secteur privé européen ne veut plus de dettes douteuses ; il y est déjà plongé jusqu’au cou, et ce depuis pas mal d’années

Mais voici ce que ne comprend pas Mario. Le secteur privé européen ne veut plus de dettes douteuses ; il y est déjà plongé jusqu’au cou, et ce depuis pas mal d’années.

Le problème de croissance en Europe est dû à un excès d’assistance sociale, de régulation et d’imposition par l’Etat, non à une insuffisance d’emprunt privé. Ce sont là des problèmes qui relèvent de la politique budgétaire et des élus politiques, pas des apparatchiks de la banque centrale.

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Le secteur privé de la Zone euro a connu son ultime frénésie d’emprunt au cours des 10 premières années du régime de monnaie unique jusqu’en 2008 ; l’encours de la dette a augmenté au taux intenable de 7,5% par an. Mais depuis, le secteur privé de la Zone euro s’est bien évidemment échoué sur les hauts-fonds du pic de la dette.

▪ Stagnation et pause de l’inflation
Les encours ont stagné ces huit dernières années — en dépit d’une pression de plus en plus importante sur les taux d’intérêt par la BCE, ce qui a fini par faire tomber les taux dans les enfers du taux négatif.

Les encours des prêts bancaires pour le secteur privé s’élevaient à 10 240 milliards d’euros fin janvier

Les achats d’obligations pour près de 700 milliards d’euros depuis le début de l’assouplissement quantitatif en mars dernier n’ont pas fait non plus la moindre différence. Les encours des prêts bancaires pour le secteur privé s’élevaient à 10 240 milliards d’euros fin janvier soit exactement la somme enregistrée en mars 2015 lorsque Draghi et sa joyeuse bande d’amateurs de planche à billets s’en donnèrent à coeur joie.

Par la même occasion, il est clairement établi qu’une faible inflation n’est pas un problème et que, dans tous les cas, elle n’a pas pour origine une impression monétaire et une pression sur le taux monétaire insuffisantes de la part des rigolos réunis au siège flambant neuf de la BCE à Francfort. Le répit que connaît la Zone euro par rapport à sa dose annuelle normale de 1%-2% d’inflation globale provient entièrement de la vague de baisse du pétrole, des matières premières, de l’acier et d’autres prix industriels.

A son tour, cette vague opportune de déflation importée améliore les conditions des échanges commerciaux de la Zone euro et augmente le niveau de vie des consommateurs ; cela n’a rien à voir avec ce qu’a fait ou n’a pas fait la BCE l’année dernière, voire il y a quatre ans.

Nous verrons la suite dès lundi.

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David Stockman
David Stockman

4 commentaires pour “Zone euro : le dérèglement fatal de Mario Draghi”

  1. N’est ce pas ce même Mario Draghi qui,comme représentant de la banque Goldman sucks avait aidé l’Italie et la Grèce a trafiquer leurs comptes publiques pour entrer dans l’Europe ?

  2. Si c’était la politique sociale et fiscale de la zone euro qui empêchait la croissance, les US seraient à 5% de croissance et la Chine à 20% mais ce n’est pas le cas. Ce qui empêche la croissance, c’est le chômage de masse dans les pays développés et les craintes pour l’avenir qui y sont associées.

    Lorsque la consommation des ménages est en berne, l’investissement l’est aussi. Dans ce cas, le réflexe idiot des gouvernement est de tenter de relancer la croissance par les dépenses publiques et donc par l’emprunt.

    La principale, sinon la seule raison des taux zéro voire négatif est de continuer de permettre aux états de s’endetter sans sombrer dans la faillite provoquée par les intérêts proportionnels.

  3. Je crois que vous vous trompez sur les intentions de Draghi:il est la pour sauver en urgence les banques assurances et grosses boites endettées,ainsi que les collectivités locales.Le redressement de l’économie c’est du ressort des gouvernements

  4. @ Daniel Roux, Je partage votre opinion.

    Les ânes consommateurs, même ceux qui ont encore un emploi, n’ont pas assez soif pour se gaver d’une eau qui leur coûte cher. Les dealers de flotte la prennent gratuitement à la source de le BCE et nous baratinent pour nous la refourguer, à nous les ânes, avec bénéfices à la clé.

    La cupidité vorace du parasitisme financier l’empêche de tenir compte de certaines attentes déflationnistes. Pourquoi les acheteurs s’endetteraient-ils pour consommer des biens dont les prix ne peuvent que baisser? On a bien vu, avec les prix du pétrole, dans quelle spirale peuvent être entrainés des secteurs aussi vitaux que l »énergie. Je pense que d’autres secteurs attendent leur tour et qu’il serait idiot de ne pas voir venir le bon moment pour en profiter puisque, bien que je le déplore, c’est ce que le système, dans son insondable et paradoxale bêtise, attend de nous.

    Je précise que je n’ai aucune compétence particulière en économie, que mon opinion n’est qu’intuitive et qu’à force d’entendre les inepties contradictoires des experts, j’ai compris que je devais rester à distance de cette folie collective.

    Merci à la chronique Agora d’appuyer très souvent là où ça fait mal au Système maudit qui s’acharne à nous diriger sur la route vers l’enfer.

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