USA : de l’emploi aux revenus en passant par la productivité, c’est un flop !

Rédigé le 13 avril 2015 par | Defaut américain, Epargne Imprimer

▪ Après avoir fait l’état des lieux vendredi, nous nous concentrons aujourd’hui sur les preuves — que ce siècle, pour les Etats-Unis au moins, a été un flop. Dans les épisodes suivants, nous expliquerons pourquoi.

Le 21ème siècle compte déjà 15 ans. Pouvez-vous nommer une seule innovation récente qui égale l’automobile ou l’avion ? Ou l’air conditionné ? Nous pas. Nous ne trouvons que des choses comme WhatsApp, Facebook et autres applications qui causent plus de problèmes qu’elles n’en résolvent.

Par ailleurs, les preuves les plus accablantes d’un siècle raté proviennent du domaine que nous étudions tous les jours : l’économie. Et là, nous sommes très reconnaissant à David Stockman d’avoir passé en revue les échecs de la politique économique du 21ème siècle. Qu’ont accompli 15 années, « 700 milliards de dollars de TARP, 800 milliards de relances budgétaires, plus de 4 000 milliards de dollars d’impression monétaire et 165 mois sur 189 où les taux d’intérêt ont été à des niveaux plancher ou réduits » ?

« Le nombre d’emplois permettant de faire vivre une famille est toujours inférieur de deux millions au niveau qu’il atteignait lorsque Bill Clinton était à la Maison Blanche », continue Stockman ; les postes dans l’industrie, la construction et les mines/l’énergie sont en baisse de 21% à ce jour pour ce siècle.

On pourrait penser que tous les nouveaux scientifiques et ingénieurs engendreraient une notable augmentation de la productivité et des salaires. Pas du tout. Le taux de productivité de l’activité non-financière atteint aujourd’hui la moitié de ce qu’il était entre 1953 et 2000.

C’est en grande partie la raison pour laquelle les revenus médians réels des ménages US ont chuté de 57 000 $ en 2000 à 53 000 $ aujourd’hui. Si les revenus continuent à chuter à ce rythme, la famille américaine moyenne n’aura plus que 25 000 $ de revenus d’ici la fin du siècle.

▪ Les choses changent…

seuls 45% de la population en âge de travailler sont actuellement employés

Au siècle dernier, de plus en plus de gens ont rejoint la main d’oeuvre et gagné de l’argent : en 2000, 56% des personnes entre 16 et 54 ans étaient en poste. Depuis, cette proportion a baissé — seuls 45% de la population en âge de travailler sont actuellement employés.

Le travail à temps partiel augmente, dans le même temps. L’économie à temps partiel, c’est celle où les gens travaillent 26 heures par semaine, gagnant en moyenne 14 $ par heure, soit environ 20 000 $ par an. On comptait seulement 34 millions de personnes labourant ce sol rocailleux en 2000. Aujourd’hui, ils sont 39 millions.

Les seuls secteurs où l’on constate des créations nettes d’emploi sont la santé, l’éducation et les services sociaux — en d’autres termes, les secteurs de l’économie (hors défense) les plus lourdement contrôlés et financés par le gouvernement. Dans tous les autres domaines, on constate plus d’emplois perdus que créés.

La croissance du PIB, l’emploi, la productivité, les revenus — toutes les choses qui comptent pour les gens ordinaires ont ralenti, voire chuté, au 21ème siècle. Jusqu’à présent, ce siècle est un four. Une déception. Et un désastre tout juste contenu.

Pourquoi ?

Rendez-vous demain.

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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