Trumpisme = Inflation

Rédigé le 15 novembre 2016 par | Bill Bonner, Inflation, dettes et récession Imprimer

La présidence de Trump sera marquée par l’inflation. Toutes les techniques de stimulation monétaire ont été épuisées. Il ne reste que les stimulations budgétaires qui vont déclencher la hausse des prix et la fin de la bulle obligataire.

« Je n’arrive pas à le croire », nous a confié un ami dont les petits-enfants vont dans une école privée des environs de Washington. « Leur établissement a mis en place une cellule d’aide psychologique ! ».

« D’aide psychologique ? »

« Oui. Apparemment, les élèves étaient si contrariés par la victoire de Donald Trump que l’établissement s’est dit qu’il devait fournir une aide psychologique pour les aider à surmonter cet évènement ».

Il semblerait que le New York Times ait également besoin d’une thérapie.

Son édition du week-end déborde de reproches, de boucs émissaires potentiels et de flagellation. Hillary rejette la responsabilité de sa défaite sur le directeur du FBI, Comey. L’un des chroniqueurs affirme que les Américains blancs sont devenus racistes.

Un autre déclare que les femmes sont déplorables, également. Elles n’ont pas soutenu Mme Clinton alors qu’elles auraient dû le faire. « Derrière ces hommes blancs en colère, il y a des femmes blanches en colère », souligne-t-il.

Cinq jours se sont écoulés depuis l’annonce des résultats de l’élection. L’hystérie domine encore beaucoup de monde. Les gens devraient se calmer et regarder cela de plus près.

Les données commencent déjà à converger. Nous observons la chose suivante : le système fonctionne !

Autrement dit, le système, dont le but principal est de protéger le système, continue de fonctionner.

« Le Donald » se prépare peut-être à monter sur son trône, mais le Deep State – le gouvernement parallèle des Etats-Unis  – est toujours en état de grâce.

D’abord, M. Trump a utilisé l’annonce de sa victoire pour indiquer que le crédit facile – sur lequel repose le financement du système – le sera encore plus.

A la politique monétaire accommodante, il ajoutera la politique budgétaire accommodante. Jusqu’à 1 000 milliards de dollars supplémentaires seront dépensés en « infrastructures ». A crédit, bien entendu.

Comme l’a écrit l’un des conseillers économiques de M. Trump, Anthony Scaramucci, dans le Financial Times de ce week-end :

Si les politiques monétaires basées sur l’argent facile ont exacerbé les écarts de revenus, les banques centrales, menottées par les dysfonctionnements politiques, n’ont eu d’autre choix que de se montrer extraordinairement accommodantes… Les hommes d’affaires tels que M. Trump comprennent que l’on peut se sortir d’un endettement excessif.

Se sortir de la dette par l’inflation

Nous pensons qu’il veut dire que vous pouvez échapper à l’excès d’endettement « par l’inflation », en dépensant plus que vous ne pouvez vous le permettre, et ce si vous parvenez à convaincre le Congrès de vous suivre.

Ces nouvelles dépenses sont précisément ce que le président Obama a demandé au Congrès sans pouvoir l’obtenir. C’est ce que réclamaient les économistes fort dépensiers tels que Larry Summers, Paul Krugman et Joseph Stiglitz.

C’est ce que le Financial Times réclame depuis le début. Et à présent, on attend de ces mêmes républicains, qui ont stoppé les propositions de dépenses d’infrastructures du président Obama, qu’ils approuvent volontiers le programme de M. Trump.

L’acier ! Les navires ! Le béton ! Et allons-y !

Quelles sont les entreprises cotées et les secteurs qui vont en premier profiter des effets d’annonces ? Recevez tous les jours la meilleure idée de notre trader. Pour essayez gratuitement notre service durant deux semaines, cliquez ici.

Une politique qui ne fera au début que des heureux…

Politiquement, c’est une excellente tactique. C’est ce que devra faire M. Trump, de toute façon (le stimulus monétaire est épuisé). Et les hommes de la classe ouvrière, les grandes entreprises, Wall Street et l’Establishment vont le boire comme du petit-lait.

Ce plan d’inspiration Rooseveltienne-Reaganesque comportera également des allègements fiscaux.

Nous ne sommes jamais tombé sur un allègement fiscal que nous n’ayons pas apprécié, en particulier lorsqu’il va dans notre sens. Alors nous sommes heureux de voir que la Team Trump s’engage à faire en sorte que les riches paient moins d’impôts… et qu’elle se débarrasse peut-être de l’impôt sur la fortune.

Allez, vas-y Donald !

A long terme, une politique budgétaire plus accommodante sera catastrophique. L’économie mondiale dépend désormais de rendements obligataires ultra-bas. Lesquels dépendent de taux d’inflation ultra bas. Or, vous pouvez avoir une inflation ultra basse avec des politiques monétaires accommodantes, mais pas avec des politiques budgétaires accommodantes.

Sur le marché, les bons du Trésor anticipent déjà l’augmentation de l’inflation. Les cours des obligations chutent et leurs rendements augmentent… c’est tout à fait prévisible si les investisseurs ne craignent plus la déflation.

Lorsque l’inflation des prix commencera à grimper pour de bon… les obligations chuteront sérieusement… et alors les éléments se déchaîneront.

Mais que fera l’État lorsque les prix augmenteront et que les obligations chuteront ?

Que pourra bien faire l’État ? Une attitude responsable consisterait à relever les taux d’intérêt afin de prévenir l’inflation. Mais cela entraînerait la correction qu’il s’est acharné à éviter. Alors en lieu et place, il fera ce que font tous les gouvernements irresponsables.

Davantage de dépenses… de stimulus… d’inflation. Buenos Aires, nous voilà ! Ou peut-être même Harare.

L’inflation pourrait bien se muer en hyperinflation.

Mais cela concerne l’avenir… peut-être même un avenir lointain…

Des politicards et des has been

La troisième grande donnée que nous pouvons relier, c’est la reprise rapide du marché actions, après la nervosité affichée la veille de l’élection.

Lorsqu’il est devenu limpide que M. Trump serait le 45ème président des Etats-Unis, la première réaction a été la panique. Ensuite, le marché s’est posé, a bu un verre, et s’est vite rendu compte que Trump ne menaçait aucunement les compères, ni les cours de leurs actifs surévalués.

Au contraire – son programme allait peut-être leur donner un coup de pouce.

L’indice Dow, après un plongeon de 800 points enregistré sur les futures après l’annonce des résultats en Floride… a rebondi puis amorcé un rally vers de nouveaux plus-hauts historiques.

En bref, Wall Street est persuadé que « Le Donald » ne représente aucune véritable menace.

Et comme pour bien le souligner, le président de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, s’est manifesté dans la presse. Trump pourrait être une bonne chose, a-t-il indiqué à ses employés.

A la fin de la semaine dernière, nous avons également eu un aperçu de l’équipe de transition de Trump.

Où sont les outsiders ? Où sont les révolutionnaires armés de bombes ?

Les personnes qui ont pénétré à leur place dans les bureaux de la transition, près de la Maison Blanche, sont les mêmes politicards et has been évoluant à Washington depuis ces dernières 40 années.

Ce sont des insiders, des initiés, et non des outsiders.

Certains sont même des vétérans de la Révolution Reagan, il y a 36 ans. Hélas, ce ne sont pas les bons vétérans, mais bien ceux qui ont empêché le président Reagan de faire ce qu’il avait prévu.

 

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

6 commentaires pour “Trumpisme = Inflation”

  1. Bonjour,

    C’est pas une surprise, loin de là.
    Le Donald fait parti de la clic Clinton et Cie.

    Il a simplement eu l’intelligence de dire au gens ce qu’ils voulaient entendre. Et ils ont voté pour lui.

    J’imagine que Trump a vendu plus d’un immeuble pourri de la même manière à des pro de l’immobilier.

    Avec Mr toutlemonde c’est encore + simple.

  2. deep state

    https://twitter.com/GodlyTrump/status/798395022156697601

  3. il est possible que WJC decede d’ici l’ete prochain

    salutations

  4. M. Bonner: Il était bien prévisible que les Parasites, qu’ils soient Démocrates ou Républicains ne se résigneraient pas facilement à perdre leur pouvoir. L’inflation qu’ils n’ont pu obtenir par les QE ou le Créditisme, ils l’auront par les dépenses incontrôlables de l’Etat. Trump et son équipe de has been vont s’y atteler. La montagne de dettes devra disparaître dans le gouffre inflationniste. Car après l’ère des festivités dépensières viendra celle du serrage de ceintures et la dévaluation. La France a connu cela plus d’une fois, en particulier dans les années 1980. Au départ, l’Etat dépense et diminue les impôts, donc la dette s’emballe. Que feront alors nos fournisseurs, la Chine, les pays émergents et les émirs du pétrole ?
    J’ai bien peur qu’ils décident d’augmenter leurs prix, par pure précaution. En profitera-t-on pour relancer nos producteurs nationaux les plus compétitifs ? ou pour creuser la dette ? Un ou 2 ans plus tard, viendront les vaches maigres et un malus pour les « profiteurs » des largesses d’Etat. Mais au final, de la misère pour tous, aidée en cela par la méfiance accrue de la Chine et des pays fournisseurs. Et voilà une explication facile et un bouc émissaire évident pour les rentiers euthanasiés et les réductions de dépenses sociales. Un bon prétexte pour engager une guerre. Et de nouveau les Parasitocrates s’en donneront à cœur joie !
    Et l’or ? Parions qu’il restera sage pendant ce temps là.
    Il faudrait quand même se poser une question fondamentale. N’est-il pas possible de se passer, le plus possible, des sangsues étatiques ? Sommes nous vraiment condamnés à les supporter ad vitam eternam ?

  5. Voici un site qui va dans mon sens en ce qui concerne l’attitude des Parasitocrates vis à vis de Trump
    http://reinformation.tv/delire-mediatique-trump-clinton-candidate-establishment-mondial-mille-61832-2/
    quelques intitulés de paragraphes:
    Clinton, candidate idéale de l’Establishment mondial
    Le système bipartisan à fond contre Trump
    Une offensive médiatique aux ordres de l’Establishment mondial
    Portrait de Trump en cauchemar de l’Establishment
    Consensus médiatique pour sauver le soldat Clinton

  6. Personnellement, je me demande qui peut tenir une seconde la plaisanterie que Trump est l’ennemi de l’establishment.
    Ces réductions fiscales drastiques, ce que demandent depuis si longtemps les multinationales et les rentiers, une mesure anti-establishment ? Personne ne leur aura autant servi le caviar sur un plateau.
    Et vous confondez dépenses d’infrastructure et encouragement à la dépense par incitation fiscale, qui sont nettement différents. L’un est dépense, l’autre est réduction de recette
    Une entreprise ne dépense que quand le contexte lui est assez favorable, elle n’a pas d’intérêt à investir massivement quand la demande stagne. En lui offrant des réductions d’impôts, on lui permet de rémunérer directement les actionnaires, sans passer par un investissement risqué.
    Ces mesures n’ont strictement rien d’inflationniste, elles ne créent pas de monnaie mais parient sur une création monétaire en modifiant l’emplacement d’une masse monétaire déjà en circulation

Laissez un commentaire