Trump est à fond dans le Deep State

Rédigé le 11 septembre 2017 par | Bill Bonner, Deep State, Dette Imprimer

En supprimant même toute discussion à propos du plafond de la dette, le Deep State élimine, avec l’aide de Trump, un ultime obstacle.

Le sénateur John McCain s’est exprimé au nom de millions de personnes, jeudi 7 septembre.

« Je suis assez intelligent », a-t-il dit, en évoquant la brutale bifurcation à gauche du président Trump, « mais là, je ne comprends pas ».

En surface, les évènements politiques de cette semaine sont stupéfiants. En dessous, ils suivent une logique implacable.

Mercredi dernier, tel un garçon espiègle qui place une souris dans les toilettes des filles, le gouvernement a « balancé » le dossier des « Dreamers » au Congrès : ces 800 000 enfants clandestins que le président Obama a autorisés à rester aux Etats-Unis.

Des cris d’orfraie ont résonné d’un bout à l’autre du pays. Qu’est-ce que cela signifiait ?

Qu’allait faire le Congrès ?

Personne ne le savait vraiment. Mais une chose était certaine : cela allait bousculer tout l’agenda législatif.

Là encore, en surface, c’était apparemment la dernière chose dont la Team Trump avait besoin. La Maison Blanche a besoin de remporter une victoire.

Après plus de 200 jours aux commandes à la Maison Blanche et au Congrès, et toujours rien à son actif, le gouvernement commence à prendre des airs de tocard.

Pas de révocation ni de remplacement de l’Obamacare sur le territoire national. A l’étranger, les guerres perdues d’avance vont continuer. L’argent afflue toujours, librement, en direction des zombies et des compères. Le marigot s’agrandit.

Derrière l’hystérie des articles de presse, rien ne change, et c’était tout à fait prévisible dès le début.

Le Traître Suprême a plus d’une arme dans son arsenal

Le plafond de la dette était un élément clé d’assainissement du marigot : la toute dernière pelle dont les partisans de la prudence budgétaire auraient pu se servir pour creuser un fossé de drainage.

Pendant 100 ans, le « plafond de la dette » a imposé au Congrès une exigence : celle de faire face aux conséquences de son comportement dépensier. Plus les déficits étaient importants, plus il fallait relever le plafond de la dette.

Cela dit, on n’a jamais douté de ce que ferait le Congrès : il a déjà relevé ce plafond à 90 reprises. Cela n’allait pas s’arrêter maintenant.

Mais cette exigence force les politiciens à avouer ce qu’ils font… et, parfois, à faire des compromis.

Les conservateurs, en particulier, espéraient se servir du prochain débat pour attirer l’attention sur ce qu’ils considèrent comme des dépenses galopantes, des projets inutiles et ruineux et une dette excessive.

Alors vous pouvez imaginer leur déception lorsqu’il a été annoncé, mercredi, que le président les avait poignardés dans le dos.

Oui, cher lecteur, c’est consternant. Donald Trump est désormais à fond dans le Deep State.

D’abord, il a poignardé dans le dos les partisans de la politique étrangère de « l’Amérique d’abord ». Aucune réduction ne sera opérée sur cette comédie militaire désastreuse au Proche-Orient.

Il a également planté un couteau dans le dos de ceux qui comptaient sur lui pour freiner les dépenses sociales galopantes. Pas un centime ne sera retiré à la Sécurité sociale, à Medicare ou à Medicaid.

Et ceux qui espéraient que les grandes banques et Wall Street cesseraient de leur faire les poches et d’être sur leur dos, ont également reçu un coup de couteau. Trump a rempli le gouvernement d’ex-salariés de Goldman.

Maintenant, le président dégaine une lame et s’en prend à Paul Ryan, président de la Chambre des Représentants, et à ce qu’il reste de ses partisans conservateurs.

Le Deep State fait sauter un dernier verrou

Non seulement M. Trump a conclu une entente avec les démocrates partisans du social-libéralisme, pour continuer à dépenser sans compter en dehors de tout débat ou amendement, mais il a également conclu un pacte diabolique avec les démocrates les plus ancrés dans le Deep State, au Congrès, Chuck Schumer et Nancy Pelosi, en vue de faire capoter le plafonnement de la dette.

La dette s’élevant déjà à 20 000 Mds$, nous sommes déjà bien assez endettés, à notre avis.

Il est prévu qu’elle augmentera de 1 000 Mds$ par an au cours des 10 prochaines années… soit cinq fois plus vite que l’économie qui la soutient : on pourrait penser que c’est bien assez.

Et maintenant, le président et ses nouveaux alliés démocrates ont l’intention de retirer le tout dernier outil à la disposition des partisans de la prudence budgétaire : le droit d’approuver les emprunts de l’Etat. Selon le Washington Post :

« Selon les déclarations de trois sources informées, le président Trump et le chef de la minorité au Sénat, Chuck Schumer, ont accepté de conclure un accord en vue de supprimer de façon permanente l’obligation de faire fréquemment relever le plafond de la dette par le Congrès.

Trump et Schumer ont discuté de cette idée, mercredi, lors d’une réunion ayant eu lieu dans le Bureau Ovale. Tous deux, ainsi que Nancy Pelosi, chef de la minorité à la Chambre, ont décidé de travailler ensemble au cours des tout prochains mois afin de tenter d’élaborer un plan qui devra être approuvé par le Congrès.

L’une des sources a qualifié [cet accord] de ‘gentlemen’s agreement’ [NDR : littéralement, un « accord entre gentilshommes » et, concrètement, un accord informel]. »

Honnêtement, nous sommes sous le choc. Nous ne pensions pas qu’un « accord entre gentilshommes » puisse se conclure entre Trump, Schumer et Pelosi. [NDLR : ces décisions ont récemment influencé le cours du dollar qui a fortement baissé. L’or et les cybermonnaies ont fortement progressé car ces devises sont conçues pour ne pas être inflationnistes et ne pas pouvoir être multipliées à l’infini. Découvrez ici ce que cela peut représenter comme opportunité pour vous.]

Où sont les gentilshommes ?

En ce qui concerne « le Donald », tout ce que nous pouvons dire, c’est qu’il possède une sacrée collection de couteaux.

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

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