Du travail ou de la richesse ?

Rédigé le 1 septembre 2017 par | Richesse, Simone Wapler Imprimer

On parle beaucoup de création d’emplois dans les pays développés. Mais où est la création de richesse ?

« Pffff… Ici, c’est désespérant. Tu n’imagines pas. »

Mon fils qui habite et travaille au Congo me téléphonait hier soir.

Mon coeur de mère a sombré…

« Désespérant ? »

« Oui. Même les Chinois ont refusé un prêt au gouvernement congolais. Quand même les Chinois ne mettent plus d’argent, c’est la fin… Les Congolais sont en train de négocier avec le FMI. Mais ce n’est pas ça, le pire. »

Avant de passer au pire, voyons le reste du monde.

Comme le rappelle Bill Bonner, Trump a été élu sur une promesse de création d’emplois. Le premier bilan de sa présidence est mauvais.

Macron a été élu sur des promesses de réforme, pardon, « transformation » du marché du travail. Plus de souplesse de la réglementation dans ce domaine devrait aider à la création d’emplois a-t-il dit — et les gens l’ont cru. Ou bien, ils n’ont pas vraiment écouté.

La France essaie-t-elle d’appliquer le principe énoncé par Bill Bonner selon lequel « pour améliorer la situation, un gouvernement doit défaire ce que les précédents ont fait pour améliorer la situation » ? Cette tentative sera-t-elle couronnée de succès ? Nous verrons bien…

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Ce qui est important ne sont pas les emplois ou le travail, mais la richesse créée. Travailler de façon stérile est idiot. Comment savoir si votre emploi crée de la richesse, ajoute de la valeur à ce qui existe déjà ? Les prix, le marché, c’est-à-dire la concurrence. C’est aussi simple que cela.

La richesse ne se crée pas par en haut, par le gouvernement, mais par en bas.

Retour au Congo.

« Tu comprends, évidemment, il y a la rente pétrolière. C’est 75% des recettes de l’Etat ici. Quand le pétrole est cher tout va bien. Quand le pétrole est bas, c’est la panique.

Le problème, c’est que les Congolais ne savent pas créer de richesse eux-mêmes. Ils ne savent que prélever sur la création de richesse faite par d’autres. Ils rêvent, d’administration, de bureaucratie, de compagnie aérienne nationale, mais pas de business. Pourtant, il y a plein de choses à faire…

Si le pétrole remonte, les Congolais se croiront riches, mais la vraie richesse s’en va. Ceux qui gagnent de l’argent ne le laissent plus ici. Les gens n’investissent que s’ils sont rassurés par le droit de propriété, qu’ils ne risquent pas l’expropriation, la confiscation, la nationalisation, la guerre civile.

C’est la panique dans les banques, en ce moment. L’argent ne sort plus et il rentre moins. Les gens qui y apportent leurs recettes en cash se font braquer. Les fonctionnaires et même la police ne sont plus payés. Du coup, on préfère se débrouiller autrement pour conserver les recettes.

Il ne faut surtout pas avoir le gouvernement comme client. Il ne te paie pas mais pour les impôts, il ne t’oublie pas.

Mes businesses tournent, même si j’ai des soucis de trésorerie à cause des banques. Dans mon cas, c’est surtout du service et pas trop d’investissement. Mais je pense que je vais faire comme tout le monde ici : réinvestir ce que je gagne ailleurs.

Le pétrole va remonter un jour, et je serai prêt ; les expatriés reviendront ; la construction, le catering pour les pétroliers, l’hôtellerie, tout ça repartira. Mais les Congolais ne seront pas plus riches qu’avant parce que leur gouvernement percevra plus d’impôts là-dessus… »

C’est le soir. Il se fait tard. Je reprends ma lecture, Le bateau-usine. Nous sommes très loin dans l’espace et le temps des Etats-Unis, de la France et du Congo. Ce Zola de la mer, écrit en 1929, raconte l’histoire de marins et pêcheurs japonais près des côtes russes du Kamtchatka. Le bateau-usine produit des conserves de crabe. C’était des zones de non-droit, des usines qui ne suivaient ni les règles de la navigation ni les règles industrielles.

« Tous les bateaux-usines étaient délabrés. Pour un patron dans son bureau de Tôkyô, qu’est-ce que la mort de travailleurs en mer d’Okhotsk ? Quand le capitalisme ne peut plus se satisfaire des seuls revenus ordinaires, pour peu que les taux d’intérêt baissent et que les liquidités affluent, il se lance dans une folle course en avant. Alors, au sens propre, tous les moyens sont bons. Pas étonnant que les gens affectionnent tant les bateaux-usines, qui rapportent facilement des centaines de milliers de yens. »

Kobayashi Takiji

Toujours et partout les mêmes bêtises répétées. Quand on vieillit, on trouve ça fatigant…

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

2 commentaires pour “Du travail ou de la richesse ?”

  1. «  »Ce qui est important ne sont pas les emplois ou le travail, mais la richesse créée. Travailler de façon stérile est idiot. Comment savoir si votre emploi crée de la richesse, ajoute de la valeur à ce qui existe déjà ? Les prix, le marché, c’est-à-dire la concurrence. C’est aussi simple que cela. » »

    Puis la médecine, les hôpitaux ? Des emplois qui ne créent pas de richesses mais dont Bill Bonner et Simone Wapler ne rechignerait pas à avoir recours pour allonger leur espérance de vie ! Il n’y a pas que le secteur marchand à défendre dans la vie !

  2. Au Texas, suite à la tempête de Harvey, ils sont toujours contre l’État Providence ?

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