Du pouvoir d’achat sur le dos des autres ?

Rédigé le 24 septembre 2018 par | Inflation, dettes et récession, Politique et vie quotidienne Imprimer

Les avertissements sur le thème du « trop de dettes » se multiplient mais pas la conclusion qui s’impose : trop de crédit et trop d’Etat providence.

La Banque des règlements internationaux y va elle aussi de son avertissement dans son dernier rapport trimestriel : « l’économie mondiale est vulnérable et les banques centrales ne sont pas prêtes ».

Après le couplet devenu banal de « trop de dettes », la BRI note :

« Des taux plus bas dopent la demande et augmente les niveaux d’emploi et d’investissements à court terme. Mais la plus forte prévalence de zombies qui en résulte conduit à une mauvaise allocation des ressources et pèse sur la croissance de la productivité. Si cet effet est suffisamment important pour réduire la croissance, cela pourrait déprimer les taux encore plus ».

Mmmm…

Si vous lisez les deux premières phrases, vous vous demandez pourquoi les banquiers centraux veulent à tout prix contrôler les taux d’intérêt puisque baisser les taux nourrit les zombies à long terme.

Si vous lisez la troisième phrase, tout devient encore plus obscur puisqu’on comprend qu’une baisse de croissance pousse encore plus les taux à la baisse.

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En réalité, tout s’explique si vous considérez que l’argent n’existe presque plus que sous forme de crédit (donc de dette).

Autrefois, lorsque ceux qui avaient de l’argent à protéger craignaient une crise, une récession et les vagues de faillites que cela entraîne normalement, ils retiraient leur argent des banques, stockaient de l’or ou des billets. Les taux d’intérêt augmentaient car les banques n’avaient plus assez de dépôts à prêter. Les zombies faisaient faillite et l’activité économique repartait d’un bon pied.

Désormais, la bancarisation étant obligatoire, la seule façon de mettre son argent à l’abri est d’acheter de la dette d’Etat (Treasury du trésor américain, Bund allemand, OAT française) réputée sûre. Face à cette demande, les taux d’emprunt des Etats baissent et les gouvernements peuvent subventionner les zombies en prétendant soutenir l’économie.

Le problème de l’argent gratuit…

Le problème de l’argent gratuit, qui tombe du ciel sous forme de subventions, est qu’il est immoral. Lorsque vous obtenez quelque chose en échange de rien, vous en voulez toujours plus puisque ça ne vous coûte aucun effort.

C’est vrai pour les subventions aux entreprises et c’est aussi vrai pour les allocations versées au ménages, censées doper le pouvoir d’achat. Les assurances chômage s’étaient initialement mises en place pour alléger les effets d’une crise et d’une purge nécessaire pour ceux qui étaient en première ligne.

Puis les banques centrales se sont mises à contrôler les taux et se sont employées à les faire baisser depuis des décennies. Puis les allocations en tout genre se sont multipliées, ce qu’en France les gouvernements appellent « redistribution » ou « mesures pour le pouvoir d’achat », ce qui est bien différent des filets sociaux adaptés aux situations de crise.

Le budget 2019 du gouvernement actuel joue sur du velours dans ce domaine. Dans un sondage paru dans Le Figaro, seul 38% des gens pensent qu’il est prioritaire de réduire les dépenses publiques. Si 79% pensent qu’il faut réduire les dépenses de l’Etat, seulement 8% pense qu’il faut réduire le nombre de fonctionnaires et 4% les dépenses sociales ! Enfin, 73% sont favorables à une nouvelle diminution de leur taxe d’habitation.

En somme, ce que veulent les Français c’est toujours autant d’allocations et de fonctionnaires et moins d’impôts. Cherchez l’erreur…

Le jour de libération fiscale est tombé le 27 juillet 2018 en France. A ce rythme là, il devrait encore reculer en 2019.

Les zombies se multiplient, toujours plus exigeants…

Mais un jour, le système va se gripper. Il ne restera plus que la dette dont tout le monde s’apercevra soudain que personne ne peut la rembourser. Alors, soit les taux monteront et il faudra organiser un jubilé. Soit il faudra dissoudre les dettes dans l’inflation.

Stupéfaction : on découvrira alors que le pouvoir d’achat pris sur le dos des autres était factice et malhonnête.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

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3 commentaires pour “Du pouvoir d’achat sur le dos des autres ?”

  1. Même si je partage la vision de l’article, un passage m’a fait sourire :
    « Le problème de l’argent gratuit, qui tombe du ciel sous forme de subventions, est qu’il est immoral. Lorsque vous obtenez quelque chose en échange de rien, vous en voulez toujours plus puisque ça ne vous coûte aucun effort. »
    1- si l’argent devait être « moral », ça se saurait depuis le temps ! (il suffit de lister le nombre d’entreprises/pays ayant fait fortune pendant les grandes guerres mondiales),
    2- l’inverse de la 2ème phrase est également vrai, ce qui permet de douter de l’affirmation…
    En effet – Lorsque vous obtenez quelque chose en échange de beaucoup, vous en voulez toujours le maximum puisque ça vous a coûté beaucoup d’efforts !
    Dernier point : lorsqu’une entreprise ou une banque refuse de venir se refinancer à taux négatifs parce qu’elle n’en a pas besoin, le marché la sanctionne, car elle perd en compétitivité par rapport à ses concurrentes… c’est pas moral, mais c’est pragmatique.

  2. Léovigilde, « si l’argent devait être « moral », ça se saurait depuis le temps ! » : C’est pas l’argent (faire de l’argent) qui est immoral. C’est l’argent gratuit. Celui « qui tombe du ciel ». Sans effort. (et qui plus est : sorti de nul part au départ, comme un QE par exemple)

    Dans votre exemple (celui d’entreprise ayant fait fortune pendant la guerre) : Ce n ‘était pas en échange de rien.
    Celui qui, par exemple vend des produits pharmaceutiques, a produit beaucoup d’effort pour les développer et les vendre durant la guerre: Ce n’est pas immoral.

    « l’inverse de la 2ème phrase est également vrai, ce qui permet de douter de l’affirmation…
    En effet – Lorsque vous obtenez quelque chose en échange de beaucoup, vous en voulez toujours le maximum puisque ça vous a coûté beaucoup d’efforts ! »

    En vouloir toujours plus est une constante ( C’est ce qui nous a fait sortir des cavernes je pense). Mais c’est l’effort à mettre en face qui rend la chose morale.
    Et si cela devait vous couter plus d’effort, vous refréner vos envies. Si ça tombe du ciel… vos envie n’ont pas de limites.

    Exemple:
    Avoir un service publique ouvert 24/7, c’est le QE qui paie: Qui est pour ? « C’est génial tout le monde est pour !!  »
    Avoir un service publique ouvert 24/7 contre 3 semaines de congés au lieu de 5 (les 2 semaines en moins partent en impôts pour financer le service), qui est pour ?? « Bof, je m’arrangerai du temps pour faire mes démarches. Restons en 5/5 fermeture à 15h30 »

  3. Djamel,
    J’aime bien votre exemple sur la vente de produits pharmaceutiques pendant la guerre !
    le Zyklon B, vous le rentrez dans la catégorie des produits pharmaceutiques ?
    le million de morts d’Auschwitz, vous allez peut être me dire que c’était moral ?
    Les mines anti personnelles, c’est moral ?
    Les entreprises qui contribuent à l’économie en fabriquant des mines anti personnelles, c’est moral ?
    Vous êtes en train de dire que produire quelque chose grâce à un travail moralise l’argent qui en est tiré ?
    … ça fait peur !
    Quant à votre 2ème exemple sur les horaires d’ouverture, il est juste hors du temps !
    Le développement des services quasi-gratuits que propose Amazon dans la grande distribution, que beaucoup de Fintechs proposent dans les services financiers, prouvent que les gens n’ont aucun état d’âme à avoir toujours plus ou toujours mieux, même si cela impacte fortement le marché du travail ou son organisation…

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