Le plus grand crime financier du XXIème siècle

Rédigé le 17 septembre 2018 par | Deep State, Krach boursier imminent Imprimer

Ben Bernanke a-t-il vraiment compris le fonctionnement de l’économie et des marchés, est-il un valet naïf du Deep State ou une canaille ?

Aujourd’hui, nous examinons une question de personnalité.

L’ancien président de la Fed Ben Bernanke est-il sot… ou impitoyable ?

Le dixième automne de ce monde imbibé de dette est sur nous.

Une fois encore, les arbres ont revêtu leurs parures automnales… et une fois encore, les marchés financiers sont prêts à perdre leurs feuilles…

Mais d’abord…

Sur la colline de Tara

La semaine dernière, nous sommes allés de Dublin à Donegal, nous arrêtant en chemin pour gravir la colline de Tara, où les anciens peuples irlandais enterraient leurs morts, honoraient leurs rois et accomplissaient toutes les choses étranges et merveilleuses que les gens faisaient à leur époque.

Bill Bonner - colline de Tara - Irlande

Votre correspondant (à gauche) sur la colline de Tara

 

Colline de Tara - Irlande - monuments

 

Note de Bill : monuments sur la colline de Tara. L’un d’entre eux est présumé être un symbole phallique. « Un symbole phallique de quoi ? » a demandé un visiteur

L’Irlande est habitée depuis la même période que les Amériques ou à peu près. Des ossements trouvés dans une grotte montrent que les premiers chasseurs y mangeaient de l’ours et du chevreuil dès 10 400 av. J.-C. Avant cela, l’île était couverte de glace et donc inhabitable.

Nous ne savons pas qui étaient les premiers résidents. Les Celtes sont arrivés relativement récemment, vers 1 000 av. J.-C. Ensuite sont venues les invasions des Vikings, des Normands et des Anglais, dans cet ordre.

Le long de notre chemin se trouvait la rivière Boyne — le site de la bataille à la suite de laquelle les protestants anglais prirent le contrôle de l’île.

Cette bataille aurait pu ne jamais se produire. Les forces huguenotes anglaises, hollandaises, danoises et françaises sous les ordres de Guillaume d’Orange auraient aussi bien pu simplement traverser la rivière et aller massacrer quelques-uns des fermiers catholiques locaux.

L’hypocrite confession de Ben Bernanke

Ces jours-ci marquent aussi le dixième anniversaire de l’effondrement de Lehman Brothers. Les journaux sont pleins de souvenirs et de mensonges.

Ben Bernanke, par exemple, est toujours traité en héros. Nous nous demandons si c’est une erreur… ou une escroquerie. Dans un entretien il y a quelques jours, il admettait avoir commis des erreurs. De Bloomberg :

« L’ancien président de la Réserve fédérale Ben Bernanke a admis que les dirigeants avaient fait deux erreurs critiques dans leur lutte contre la crise financière il y a une décennie : ils n’avaient pas prévu une telle intensité, puis ont sous-estimé l’ampleur des dégâts économiques qu’elle causerait.

 ‘Personne n’avait vu à quel point la crise elle-même serait vaste et destructrice’, a-t-il déclaré dans une courte vidéo faisant l’analyse d’un article de 90 pages sur le sujet, publié jeudi ».

 Personne ?

Nous — ainsi que des dizaines d’autres — pensions qu’une crise était inévitable. Le ratio Dow/or dépassait les 20. La dette atteignait 325% du PIB. Les maisons se vendaient à des prix insensés… on accordait des prêts immobiliers à des sans-emplois et à des animaux de compagnie.

Nous avions averti qu’un danger planait sur Wall Street. En fait, utilisant un terme technique rarement employé par les autres Cassandre de la finance, nous avons prédit que les conséquences seraient « sacrément rudes ».

Mais Bernanke a annoncé au monde que le problème de la dette hypothécaire (trop de dette dans le secteur immobilier) était « contenu ». Quelques semaines plus tard, Lehman s’effondrait et la valeur des actions étaient divisées par deux ou à peu près.

Plus tard, plus de huit millions de personnes perdirent leur emploi et cinq millions perdirent leur maison.

Bernanke a aussi dit qu’il n’avait pas correctement expliqué pourquoi lui, le président de la Fed de New York Timothy Geithner et le secrétaire au Trésor US Hank Paulson utilisaient des milliards de dollars d’argent public pour renflouer AIG, Goldman Sachs et d’autres riches intervenants de l’industrie financière.

Evidemment, il ne pouvait rien expliquer. Cela reviendrait à admettre que toute l’affaire était une escroquerie.

Les grosses sommes sont allées aux gros intervenants. Et quand ces mêmes gros intervenants sont devenus trop gourmands et ont commis trop de grosses erreurs, ils ont été renfloués avec l’argent des petits porteurs.

Qui voudrait expliquer cela ?

Préserver la richesse mal acquise

Mais les vraies « erreurs » de Bernanke étaient bien plus sérieuses que l’ignorance économique et de tartuferie de relations publiques.

La plus évidente était l’Erreur n°3 : réduire les taux pendant une panique.

Il aurait dû laisser la correction faire son travail. Ainsi, l’économie aurait éliminé les mauvaises dettes, les mauvaises entreprises et les mauvais investisseurs (comme AIG et Goldman) engendrés par les sottises financières des 20 années précédentes.

Aujourd’hui, très probablement, nous serions en bien meilleure position — avec moins de dette, des prix des actions plus bas et une économie plus stable.

Mais il ne pouvait pas faire ça. Parce que les grosses erreurs ont été commises par les personnes qui contrôlaient encore Washington et Wall Street… et par lui-même.

En aucun cas ils n’allaient rester les bras croisés pendant que leur richesse mal acquise disparaissait.

Au lieu de ça, Bernanke a commis le plus grand crime financier du XXIème siècle (à ce jour) lorsqu’il a fait sombrer le Congrès et tout le pays dans l’hystérie en affirmant que « si nous ne faisons pas ça demain [vendredi], nous n’aurons peut-être plus d’économie lundi ».

Par « ça », Bernanke voulait dire : dépenser 700 milliards de dollars en gabegies diverses et variées, et secourir l’industrie financière avec des milliards de dollars que les autorités n’avaient pas.

Bernanke est soit un idiot soit une canaille… un larbin naïf du Deep State ou un scélérat.

Savait-il ce qu’il se passait vraiment et a-t-il intentionnellement conspiré pour dépouiller le public afin de protéger les compères, les autorités et l’élite ?

Probablement pas ; nous lui accordons le bénéfice du doute. Plus probablement, il n’a jamais compris le fonctionnement des économies et des marchés.

Pourquoi le devrait-il ? Il n’était jamais qu’un universitaire issu d’une mauvaise école… un acteur mineur dans le mauvais genre — une star de seconde zone du catch professionnel.

Quoiqu’il en soit, au lieu de permettre à la correction d’assainir le marigot fétide de ses mauvais investissements idiots, de sa spéculation imbécile et de ses grotesqueries financières, il y a injecté plus de liquidités – 3 600 milliards de dollars en provenance de la Fed.

Partout dans le monde, d’autres banques centrales se sont jointes à lui, pour tenter de garder le rythme.

Ensemble, ils ont fait couler quelque 12 000 milliards de dollars sur les marchés financiers — ce qui a permis à la dette mondiale d’atteindre le chiffre record de 250 000 milliards de dollars –, et ont tout mis en place pour un nouveau désastre gigantesque, qui ne devrait plus tarder.

Nous observons. Nous attendons. Nous voyons M. Bernanke sous le feu des projecteurs. Et nous nous demandons…

Comment et quand la prochaine crise arrivera-t-elle ? Nous n’en savons rien.

[NDLR : Notre spécialiste a sa petite idée… et connaît aussi les moyens de vous protéger (et de faire des gains !) lorsque la catastrophe se produira. Cliquez ici pour en savoir plus.]

Ce sera sans doute le principal thème financier des 10 prochaines années.

 

 

Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “Le plus grand crime financier du XXIème siècle”

  1. Il faudrait être sacrément naïf pour croire ce que disent les élites. Même en supposant qu’ils ne sont pas fondamentalement mauvais, ils n’ont d’autre choix que de mentir sur la situation afin de tenter de maintenir la confiance. Le simple fait de dire la vérité, en détruisant la confiance, suffirait à précipiter la crise. Et, au lieu de pouvoir endosser le rôle de héros, ils seraient dénoncés comme les responsables.

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