Pendant ce temps, à la périphérie du monde financier…

Rédigé le 18 novembre 2016 par | Article, Banques Centrales Imprimer

L’agitation des marchés autour des comités monétaires des banques centrales et des élections américaines ne doit pas nous faire négliger le reste du monde. Le Venezuela, le Japon, l’Ukraine : de grands changements peuvent s’amorcer d’abord en périphérie.

Ici, en Grande-Bretagne le rapport trimestriel sur l’inflation vient de sortir et le National Institute for Economic and Social Research – un institut de recherche indépendant – a publié un rapport prédisant que l’inflation des prix en Grande-Bretagne pourrait « rapidement s’accélérer » pour atteindre les 4% en 2017.

D’une façon ou d’une autre, tout va changer.

Mais aujourd’hui les marchés sont calmes et attendent sereinement les événements futurs. Je vous propose donc de voyager à la périphérie du monde financier.

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Lorsque l’argent meurt : la version vénézuélienne

Voyons le sujet des politiques pétrolières et la raison pour laquelle l’OPEP souhaite stabiliser les prix. Des prix plus faibles seraient catastrophiques pour elle ; des prix plus élevés feraient revenir sur le devant de la scène le schiste et les pétroles alternatifs. L’OPEP souhaite donc des prix ni trop élevés ni trop faibles.

Si vous voulez un exemple extrême de ce qu’un prix du pétrole faible provoque dans un pays dépendant du pétrole, il suffit de regarder le Venezuela. Le marché baissier du l’or noir a entraîné l’effondrement de l’économie du pays.

Cela a conduit au contrôle des prix, à des « relances » et à présent à une inflation galopante. Selon certains rapports publiés ce week-end, les Vénézuéliens pèsent à présent les piles de pièces de monnaie pour en vérifier la valeur plutôt que d’utiliser la valeur nominale.

Mais pas d’inquiétude ! Ce n’est pas de l’hyperinflation. La banque centrale vénézuélienne n’a pas publié de statistiques de prix depuis deux ans – adoptant ainsi le principe connu qui veut que si on n’en parle pas, ça n’existe pas.

Les obligations d’Etat japonaises : le marché a perdu

Pour beaucoup d’institutions financières, acheter et vendre des obligations d’Etat était à une époque une activité de base : elles sont nombreuses, les investisseurs privés et institutionnels les apprécient fortement et on peut gagner de l’argent en y investissant.

Ce n’est plus le cas au Japon. Les programmes massifs de la Banque du Japon lui permettent d’intervenir directement sur le marché des obligations d’Etat. Résultat : les rendements ont des taux extrêmement faibles et les banques commerciales sont poussées hors du marché.

Posez-vous la question : qui gagne dans cette situation ?

Les banques commerciales ? Il n’y a pas d’argent à gagner, donc non. Le marché dans son ensemble ? Cela dépend, si on pense que c’est une bonne idée qu’une organisation ait le monopole d’un marché financier clé. Pour ma part, je ne le pense pas.

Et le peuple japonais – cela le rend-il plus riche, plus prospère ? Pas à ma connaissance.

Qui gagne alors ? L’Etat. Le gouvernement fait sortir les entreprises privées du marché pour sa propre dette, il est donc libre de contrôler le prix qu’il paie pour emprunter de l’argent. Il lui est donc plus facile d’emprunter encore et toujours.

Question au peuple japonais : qui remboursera cet argent ?

L’Ukraine : le paradis des chasseurs de plus-values ?

Pour The Wall Street Journal, le marché boursier ukrainien « connaît une ascension verticale. »

Soit il s’agit de pure spéculation soit, finalement, les mauvaises nouvelles ont été totalement intégrées dans les prix et l’argent revient en masse sur le marché. Acheter des actions des valeurs cotées en Ukraine passe donc de « très mauvais » à « moins mauvais »

Pour investir dans ce genre de situation, il faut une grande habileté. Mais si vous vous y prenez bien – investir lorsque le marché est bas et juste avant qu’il ne remonte – vous pouvez investir dans des entreprises pour pas cher, pour bien moins que leur valeur réelle.

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