De Pearl Harbor à la future déroute du marché obligataire

Rédigé le 8 décembre 2016 par | Bill Bonner, Desinformation Imprimer

Le 7 décembre est la journée de commémoration de Pearl Harbor.

L’effort de tenter de comprendre ce que Donald J. Trump signifiera pour l’économie américaine et ses marchés nous ont épuisé. Alors aujourd’hui, nous parlons de choses et d’autres…

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« Quel dommage que notre père ne soit plus en vie », nous a confié notre soeur, récemment. « Il aurait adoré retourner à Pearl Harbor. »

Le Sergent Bill Bonner, notre père, était un survivant de Pearl Harbor. Il avait menti à propos de son âge et s’était engagé très tôt (cela valait mieux que de travailler dans les aciéries de Donora (Pennsylvanie), pensait-il).

Et puis… quelle chance ! Il a été envoyé dans cette station balnéaire du Pacifique, la base de Schofield Barracks, à Hawaï.

Et s’il avait vécu assez longtemps, il aurait peut-être aimé y retourner pour la commémoration du bombardement… et peut-être apercevoir le Premier ministre japonais, le premier à se rendre sur place depuis cette visite des forces aériennes de l’Empire du Japon, en 1941.

« Comment était-ce ? », lui avons-nous demandé plus d’une fois.

« C’était la confusion » commençait-il, de façon laconique. « C’était un dimanche matin de bonne heure. J’étais encore au lit. J’ai entendu des explosions, mais j’ai d’abord pensé que j’avais une sacrée gueule de bois. Ensuite, lorsqu’on s’est rendu compte de ce qu’il se passait, on s’est précipité pour récupérer nos armes. On pensait qu’ils allaient débarquer. Ce n’est probablement pas plus mal, qu’ils ne l’aient pas fait. »

Rapidement, notre père et des milliers d’autres soldats ont talonné l’armée japonaise. D’une île à une autre, il a parcouru le Pacifique. Pour lui, la guerre s’est achevée aux Philippines, où il se préparait à envahir les iles japonaises.

« Ce n’est pas plus mal, probablement, que cela ne soit pas produit, non plus », disait-il pour conclure son expérience de la guerre.

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Tiens, le Bureau of Labor Stastistics (BLS) publie encore des balivernes…

Selon les statisticiens, aux Etats-Unis, le taux de chômage serait retombé à 4,6%, seulement : le taux le plus bas depuis 2007.

Certes, 178 000 personnes ont trouvé un emploi, le mois dernier. Mais attendez… Que vois-je ? 446 000 personnes, au total, n’ont pas trouvé d’emploi… et ont été exclues des chiffres du chômage parce que le BLS pense qu’elles devraient arrêter de chercher.

Le chiffre qui en résulte – les 4,6%, pas les 446 000 – est un élément venant à l’appui du gros titre du Financial Times : « Trump va hériter d’une reprise américaine en voie de consolidation. »

Bien entendu, le Financial Times a pratiquement tort sur tout. Là encore, il est à côté de la plaque, et pas qu’un peu.

Actuellement, 95 millions d’adultes sont sans emploi, aux Etats-Unis. Plus de 110 millions reçoivent des aides sociales de l’Etat, après examen de leurs revenus, « sous condition de ressources », comme on dit…

On dénombre 1,2 million de personnes employées en moins, actuellement, par rapport à il y a 16 ans. Et les prestations sociales (c’est-à-dire l’argent de quelqu’un d’autre) représentent 40% de tous les revenus salariaux.

La médiocre « reprise » et le marché haussier bidon (alimenté par des taux d’emprunt artificiellement bas, des rachats d’actions et l’espoir d’une relance par le déficit) arrivent en bout de course… [NDLR : Comment spéculer sur des marchés soutenus par les politiques monétaires des banques centrales ? Recevez gratuitement chaque jour durant deux semaines, la meilleure idée de notre spécialiste du trading. Cliquez ici pour vous inscrire.]

Le marché obligataire – fondement de la structure financière américaine – vient d’expérimenter le plus énorme sell-off en 26 ans

Les niveaux d’endettement sont plus élevés que jamais. Et le nouveau gouvernement – qui espère augmenter la dette – débarque dans un chaos budgétaire comptant 20 000 milliards de dette publique avant même l’investiture…

C’est de la bonne santé, ça ?

Ouais… peut-être… mis à part le cancer… l’insuffisance cardiaque… le diabète et les ongles incarnés.

De quelle façon la « débâcle obligataire » peut-elle condamner les plans du futur gouvernement visant à relancer l’économie ?

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Bill Bonner
Bill Bonner
Fondateur de AGORA

Né en 1948, Bill Bonner est le fondateur d’AGORA, le plus large réseau d’entreprises indépendantes de presse spécialisée au monde.

En 1978, depuis sa ville natale, Baltimore (Maryland, Etats-Unis), Bill Bonner a voulu développer un « marché » (« Agora » en grec) des idées. Pas de l’information homogénéisée telle que les médias grand public relayent sur nos écrans et journaux, mais une source d’idées diverses avec des opinions et des avis originaux, alternatifs et surtout utiles. Bill a à cœur d’aider les lecteurs à mieux comprendre le monde dans lequel ils vivent, et à agir en conséquence. Que ce soit en matière de géopolitique, de macro-économie ou tout simplement dans le domaine de l’épargne, Bill incite ses lecteurs à cultiver un esprit vif et anticonformiste.

« Parfois nous avons raison, parfois nous avons tort, mais nous sommes toujours dans le questionnement », telle est la devise de Bill.

Bill a également co-écrit des livres qui ont tous figuré dans la liste des best-sellers du New York Times et du Wall Street Journal : L’inéluctable faillite de l’économie américaine (2004), L’Empire des dettes. À l’aube d’une crise économique épique (2006) et Le Nouvel Empire des dettes. Grandeur et décadence d’une bulle financière épique (2010).

Dans son dernier livre, Hormegeddon, quand trop de bien nuit (2015), paru aux Belles Lettres (www.lesbelleslettres.com), Bill décrit ce qu’il advient lorsque l’on abuse d’une bonne chose dans les sphères de la politique, de l’économie et des affaires. En bref, trop de bien conduit au désastre.

Vous pouvez retrouver les notes de Bill au quotidien dans La Chronique Agora.

Un commentaire pour “De Pearl Harbor à la future déroute du marché obligataire”

  1. Les tx sont aussi bas car nous sommes, compte tenu de la dette , à une situation de temps de guerre.

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