A propos de l’or, du bitcoin, de rien et de quelque chose

Rédigé le 31 août 2017 par | Article Imprimer

Les monnaies fiduciaires pilotées par les banquiers centraux ont désormais deux concurrents. Lequel sera l’abri le plus efficace lors de la prochaine crise ?

L’or vient de franchir le cap des 1 300 $ l’once et fait couler un peu d’encre. Bloomberg, ce matin : « L’or séduit de nouveaux fans ».

Comme vous le savez, cher lecteur, nous avons un biais favorable vis à vis de l’or. Pendant des millénaires, il fut monnaie ; les gens n’avaient pas nécessairement besoin de devises et de banquiers centraux pour échanger.

L’or et l’argent sont les monnaies des peuples, simples à comprendre. On en a ou pas.

La monnaie fiduciaire est technocratique. Elle repose sur le crédit, adossé à rien, sans contrepartie. Elle permet aux banques de percevoir des intérêts sur de l’argent qui n’existe pas. Elle permet aux gouvernements de créer de l’argent à partir de rien et de fausser les prix. Elle crée des illusions.

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L’or et l’argent furent jusqu’en 1974 des monnaies mondiales, c’est ce que rappelle le dernier livre de Jim Rickards, désormais disponible en France (exclusivement aux Publications Agora, ceci dit — plus d’informations ici).

En voici un extrait :

« Une période de 70 ans sans monnaie mondiale s’achève. Depuis 1974, la substitution de la monnaie fiduciaire à l’or s’est toujours beaucoup trop appuyée sur des universitaires jouant au responsable de banque centrale, sur des partenaires commerciaux conciliants et sur des populations confiantes.

Ces trois piliers sont fissurés, désormais. La croissance stagnante, les bulles d’actifs, l’inégalité des revenus, les crises financières et les guerres des devises sont les conséquences prévisibles de l’absence de monnaie mondiale. Les élites mondiales préfèrent l’ordre.

Lors du prochain effondrement, une monnaie mondiale réapparaîtra. Le plan de l’élite est de réécrire les ‘règles du jeu’ du système monétaire international, comme cela a été fait en 1922, 1944 et 1974. L’instrument choisi ne sera ni le dollar, ni l’or, mais les… »

Je vous laisse en proie au suspens, cher lecteur. Pour connaître cet instrument, il vous faudra lire En marche vers la faillite.

Jim Rickards

Les élites de Jim Rickards (que Bill Bonner appelle Deep State ou marigot, que j’appelle la Parasitocratie) détestent l’or. Le métal jaune est trop simple à leur goût, pas assez manipulable, trop contraignant. Les élites mondiales préfèrent l’ordre mais celui qu’elles ont imaginé pour vous. Ce n’est pas l’ordre spontané qui émergerait d’une société libre et paisible.

Pour camoufler ses prébendes, la Parasitocratie préfère la complication, son arme préférée. Il faut que M. et Mme Michu puissent penser « tout ceci est très compliqué, laissons ces experts compétents s’occuper de la question ».

Pourtant…

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément »

disait joliment notre bon Nicolas Boileau. C’est pourquoi la complication et une formulation confuse doivent nous rendre suspicieux et non pas admiratifs.

Remarquons que les élites détestent l’or mais qu’elles n’ont pas osé faire le dernier pas : les banques centrales ont encore une réserve d’or.

Mais récemment, les élites sont confrontées à un autre problème : l’apparition des cryptomonnaies, une concurrence inattendue.

Bitcoin, ethereum et compagnie ne sont rien, tout comme euro, dollar, livre sterling… Ce sont des réseaux de transaction qui opèrent avec des unités de compte qui leur sont propres. Mais ces réseaux ne dépendent pas des gouvernements ou d’organisations internationales. Ils sont privés. Les unités de comptes n’y sont pas manipulées par le FMI ou une quelconque banque centrale. Aucun gouvernement ne peut « geler un compte ».

Des monnaies conçues pour ne pas être inflationnistes

De plus, il existe un point commun très important entre l’or – palpable et concret – et ces cryptomonnaies immatérielles : ce sont des monnaies non inflationnistes.

On ne peut pas multiplier l’or « à volonté » ; de même les cryptomonnaie ont été conçues dès l’origine pour ne pas être multipliées à l’infini.

Or l’inflation est ce qui nourrit la Parasitocratie. En gonflant les prix, elle permet de prélever des impôts sur des valeurs fictives, elle permet d’appauvrir celui qui épargne et n’emprunte pas et d’enrichir celui qui emprunte et dépense.

Désormais, les monnaies technocratiques ont donc deux ennemis. A vouloir enfermer par la contrainte les gens dans leur ordre artificiel, les élites risquent de les pousser vers l’un ou l’autre de ces concurrents.

Que valent vraiment le bitcoin, l’ethereum, l’or ? La valeur que vous voudrez leur conférer en vous les appropriant ou pas.

Récemment, avec la baisse des marchés et le retour de la volatilité, et l’or et les cryptomonnaies se sont envolés.

Evolution comparée en dollar depuis le 1er juillet

tableau

Visiblement, ces derniers temps, le public préfère les cryptomonnaies à l’or. Toutefois en capitalisation (somme d’argent investie au total), l’or évalué à 1 300 $ l’once pèse 8 000 Mds$. Les crytomonnaies quant à elles pèsent moins de 170 Mds$.

Pour terminer, souvenons-nous que les cryptomonnaies ont besoin pour exister de réseaux fonctionnels (contrairement à l’or). Qui contrôle vraiment les réseaux ? En cas de conflit, menace… qui a le pouvoir de les éteindre ? « Rien » peut-il remplacer « quelque chose » dans toutes les circonstances ? L’or n’a besoin de rien ni de personne.

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Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’œil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

Pour en savoir plus sur Crise, Or & Opportunités et La Stratégie de Simone Wapler.

Visitez le site officiel de Simone Wapler : www.Simone Wapler.fr

6 commentaires pour “A propos de l’or, du bitcoin, de rien et de quelque chose”

  1. Et si les autorités gouvernementale décidaient en grand secret de parasiter les cryptomonnaies comme le bitcoin pour le faire chuter et ainsi les contrôler comme l’or ou l’argent métal. Après tout les cryptomonnaies ne représentent pas grand chose en terme de capital… Mais à la différence de l’or physique, une entrée électronique peut s’effondrer. Peut-être l’ont-ils déjà tenté…

  2. @Loubière

    Parasiter le Bitcoin, oui, mais comment ?
    Bitcoin est opensource, décentralisé, basé sur les mathématiques et la cryptographie.
    Avec 1 bitcoin qui dépasse les 100$, puis les 1000$, ensuite 2000$, 3000$, 4000$, 4700$ les meilleurs hackers de la planète ont essayé un nombre de fois incalculable de casser le protocole, sans succès.

    Bitcoin est le réseau de transfert de valeur décentralisé le plus sécurisé et fiable du monde.

  3. En matière de code informatique j’ai appris qu’aucun code ne peut résister à un hacker!

  4. Les cryptomonnaies sont inflationistes parce qu’on multiplie leur nombre a l’infini,il s’en crée de nouvelles tous les jours.Leur création repose sur l’échange de ces monnaies a un instant donné avec des monnaies des banques centrales pour qu’elles puissent rentrer en circulation,donc elles ne sont pas meilleures.J’aime bien l’or et l’argent physique mais j’avoue que ne comprends rien a leur cours.Meme leurs cours de production sont impossibles a évaluer(productions vendues a terme)

  5. J’allais répondre la même chose que Gérard: du fait que justement le principe de la blockchain est public et que différentes implémentations open source existent déjà, n’importe quel informaticien éclairé peut créer sa propre cryptomonnaie, à partir d’un block de démarrage personnalisé. En revanche, ce que Facebook a bien compris, c’est « the winner takes all », c’est-à-dire qu’au-delà d’une certaine popularité/masse critique, une cryptomonnaie peut l’emporter sur toutes les autres sur le marché.
    Par ailleurs, selon Pierre Noizat, la masse monétaire d’Ethereum, par exemple, est illimitée. Mais la production est comparable à l’or.
    Ces monnaies sont en bulle de type Tulipe Hollandaise. Soyez prudents.

  6. Depuis le mois d’août, les Bitcoins ont été divisés en deux chaînes. Depuis le 1er août, deux monnaies coexistent : le Bitcoin « classique » (BTC) et le nouveau Bitcoin Cash (BCC ou BCH).
    Ils ne fonctionnent pas du tout de la même façon et encore moins avec le même niveau de sécurité.

    Le cours du Bitcoin sur CoinDesk (BPI) a franchi la barre des 5’000 $ pour établir un nouveau record historique à 5 013,91 $…. Le Bitcoin a établi samedi un nouveau record historique, en ayant atteint 5 013,91 $….

    C’est génial, révolutionnaire, et cela a bien changé et bouleversé le monde… mais entre-temps, ils ont tous oublié ou presque été ruinés en 2001 avec la bulle internet!

    Amusez-vous bien… ;)))

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