Mauvaises nouvelles pour Volkswagen, bonne nouvelle pour le palladium | La Chronique Agora


Mauvaises nouvelles pour Volkswagen, bonne nouvelle pour le palladium

Rédigé le 5 octobre 2015 par | Epargne, Or & Matières Premières Imprimer

▪ Après le scandale Volkswagen, le prix du platine a chuté et celui du palladium a augmenté. Qu’ont ces éléments en commun ? Faut-il investir ?

▪ La triche de Volkswagen

Pour Stanley Young, de la California Air Resources Board (CARB), le problème de Volkswagen peut se résumer ainsi : « de nos jours, les moteurs sont très compliqués. On trouve donc dans chaque voiture un véritable ordinateur sophistiqué et puissant ».

Volkswagen a ajouté des algorithmes supplémentaires au logiciel — un « programme secondaire » pour ainsi dire. Ce logiciel décelait lorsque le véhicule était testé sur un dynamomètre. Il informait alors le moteur d’utiliser un système de contrôle d’émission pour piéger les oxydes d’azote (NOX), un polluant très nocif. Puis, lorsque la voiture était à nouveau sur la route, en utilisation normale, le calculateur le détectait aussi et désactivait le contrôle des émissions — émettant 10 à 40 fois plus d’oxydes d’azote que ce qu’autorise la législation.

« Il faut un programme très intelligent pour tromper le calculateur et détecter le cycle sophistiqué de test »

« Il faut un programme très intelligent pour tromper le calculateur et détecter le cycle sophistiqué de test », observe M. Young. « Clairement, cela a été bien réfléchi et a dû demander beaucoup de programmation ».

▪ Pourquoi ?

Résumons les faits. Apparemment, Volkswagen a conçu intentionnellement ce logiciel pour tromper la législation sur les contrôles d’émissions. C’était clairement intentionnel. Quelque part au sein de la chaîne de gestion de VW, des gens savaient ce qui se passait. A quoi pensaient-ils ? Ils ont dû se dire qu’ils ne se feraient jamais attraper.

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Mais le pot aux roses a été découvert et à présent le glas sonne pour Volkswagen : le cours de l’action VW vacille ; les ventes de voitures chutent ; l’entreprise est menacée d’écoper 18 milliards de dollars d’amendes ; sans doute des millions de rappels devront être gérés, soit un coût de plusieurs milliards de dollars ; il y aura peut-être une enquête criminelle et des recours collectifs comme n’en auraient jamais rêvé les avocats (et les avocats de plaignants ont l’imagination fertile, croyez-moi) ; etc.

Pour autant, la question reste entière : pourquoi l’entreprise Volkswagen a-t-elle agit ainsi ?

▪ Une histoire de platine-palladium…

Voici ma réponse à cette question : pour économiser de l’argent sur le platine et le palladium (des Métaux du Groupe du Platine — MGP) utilisés dans les systèmes de contrôle des émissions. La direction de VW pensait économiser de l’argent sur ces matériaux rares qui coûtent chers ; une économie qui « valait la peine » sur le long terme.

La clé de leur succès a été de réduire le poids et les coûts des véhicules

Jetons un coup d’oeil au secteur des fabricants automobile de ces dernières décennies. La clé de leur succès a été de réduire le poids et les coûts des véhicules.

Le poids devait diminuer parce que c’est ce qui permet l’utilisation de moteurs plus petits et plus économes en carburant ; cela permet une meilleure consommation d’essence.

Les coûts devaient également diminuer parce que la fabrication automobile est un secteur mondial, où la concurrence fait rage, proche du secteur des matières premières — certainement parmi les coûts les plus bas. Dans le même ordre d’idées, les constructeurs auto dans la production de masse tendent à avoir une excellente discipline en matière d’allocation de capital. En général, la direction peut vous dire où est utilisé chaque centime de coût.

On a donc fait toutes sortes d’économie sur le poids et les coûts dans le secteur de la construction automobile. Moins d’acier et plus d’aluminium. Des jauges de métal plus fines ; une « sécurité » améliorée grâce à diverses philosophies de design comme les « zones de déformation ». Des pneus plus légers. Du verre plus léger. Des sièges disposés différemment. De l’électronique moderne, qui pèse moins que les anciens appareils. Tout cela et plus encore.

▪ Venons-en au pot d’échappement

Mais malgré toutes les économies de poids dans une voiture, il reste encore un ensemble d’éléments qui entrent dans un système de contrôle des émissions. En particulier, le pot catalytique nécessite des MGP — platine (Pt), palladium (Pd) et rhodium (Rh). Telles sont les lois de la chimie : ces éléments sont simplement irremplaçables.

En général, plus on utilise de MGP, mieux le système catalytique fonctionne

Je n’entrerai pas dans les détails de la combustion chimique dans un pot catalytique. J’ajoute simplement que sans les MGP, le pot ne pourrait pas nettoyer les émissions. En général, plus on utilise de MGP, mieux le système catalytique fonctionne.

Prenons l’exemple d’une marque automobile de renommée mondiale, Mercedes-Benz. Cette entreprise emblématique surcharge son pot catalytique de MGP. Mercedes accepte la situation telle qu’elle est et paie ce qu’il faut pour avoir un pot catalytique de haute qualité sous ses voitures. Naturellement, vous pouvez faire cela si vous êtes Mercedes-Benz, vos clients ne reculent pas devant le prix de vos voitures.

Si vous êtes Volkswagen ? Eh bien… VW est connue pour être un fabricant « radin ». Le département achats de VW est brutal vis-à-vis des fournisseurs. On m’a même dit qu’à côté de VW, General Motors semble être un papa gâteau lorsqu’il s’agit de payer les biens et les services liés à la chaîne de production.

Selon moi, la direction de VW pensait pouvoir réduire les systèmes d’émissions de leurs voitures en utilisant moins de MGP et résoudre le problème en trafiquant le logiciel ; ainsi les voitures passeraient avec succès les tests d’émissions.

▪ Et l’avenir ?

Quand l’affaire Volkswagen se sera tassée, je présume que les fabricants automobile à travers le monde reverront leurs programmes de contrôle des émissions. VW a été prise en flagrant délit de triche via un logiciel, sans doute pour économiser sur le prix des MGP du pot catalytique. Je pense que les fabricants auto du monde entier se pencheront sur les logiciels d’émissions et auront tendance à utiliser les quantités qu’il faudra de MGP pour faire bien fonctionner les systèmes catalytiques et qu’ils durent longtemps.

A la suite du scandale Volkswagen, les producteurs de MGP passeront sans doute en tête des minières. On assistera probablement à une hausse de la demande sur les MGP, malgré la confusion qui règne actuellement sur les marchés. Restez à l’affût. Seul le temps dira quelle direction va prendre l’industrie.

Byron King
Byron King
Avocat

Byron King est diplômé de l’Université de Harvard et exerce actuellement la profession d’avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

Un commentaire pour “Mauvaises nouvelles pour Volkswagen, bonne nouvelle pour le palladium”

  1. hi Byron

    I beleive that more « defeat devices » are onboard:
    as the exhaust tube wears out, some decay cascading must happen.

    you got any information about MTBF, expected period during which tube remains above 80% of specs ?

    in other words, the « repair (recall) » must be way more complex to programm than initial design
    new code will finetune but not eliminate « defeats »

    rgds

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