L'or attend le retour du GOR

Rédigé le 1 janvier 1970 par | Article Imprimer

Le métal jaune termine l’année en laissant ses fans sur leur faim. Après avoir battu un record vieux de dix-huit ans, il semble s’assoupir à nouveau, narguant les tenants de la théorie du GOR– ou Gold Oil Ratio. Mais les faits sont têtus et l’or n’a pas dit son dernier mot.

2005 : l’année du pétrole, de l’uranium, du cuivre et du retard de l’or.
L’année qui se termine a encore été une année faste pour les matières premières, comme en témoignent les cours de l’or noir et des principaux métaux. L’or paraît inéluctablement à la traîne et même au cours de 500 $ l’once, ce qui l’amènerait à un modeste +16%, il sera loin d’avoir rattrapé les autres matières premières.

De nombreux observateurs de l’argent estiment de leur côté que l’actuel ratio or/argent, autour de 60, est une anomalie. Ils se basent notamment sur une approche monétaire historique. Depuis la nuit des temps, l’organisation des monnaies métalliques avait institué un ratio or/ argent compris entre 9 et 15. Ainsi, une pièce d’or valait entre 9 et 15 fois plus qu’une pièce d’argent de même masse. Selon eux, l’argent serait donc actuellement sous-coté. Mais si l’argent est effectivement méprisé, l’or, lui, serait en totale disgrâce.

Le retour du GOR
D’autres observateurs ont examiné le ratio or/pétrole (ou Gold Oil Ratio). Le GOR est le prix de l’once divisé par celui du baril. Depuis 1965, le ratio or/pétrole se situe dans une bande de 5 à 30 avec une moyenne à 15. Mais plus important encore, depuis 1965, les cours de l’or et du pétrole évoluent classiquement dans le même sens, à deux exceptions près.

Durant les années 1975-1976 puis 1998-2001, l’or a plongé tandis que le prix du pétrole restait stable. Après le premier décrochage, l’or a vivement rattrapé son retard pour arriver à son sommet de 1980 et le GOR est revenu à 18. Après son deuxième décrochage, le GOR a mollement rattrapé son retard pour arriver à 12. Depuis 2004, le GOR se traîne, actuellement à 7,7. Il se situe donc dans le bas de sa bande classique et très loin de sa moyenne.

Il n’en faut pas plus à certains pour en conclure à la mort du GOR. Leur principal argument tient au fait que le renchérissement du pétrole pèse de façon bien moindre que par le passé sur l’inflation mondiale, les économies s’appuyant de plus en plus sur le service. Pour d’autres, au contraire, le GOR va renaître de ses cendres et revenir autour de sa moyenne de 15, même si le pétrole s’installe modestement autour de 50 $ à 60 $ le baril. S’ils ont raison, l’once d’or serait alors propulsée entre 750 $ et 900 $.

Les arguments pour la résurrection du GOR ne manquent pas : – Le pétrole comme l’or sont des produits tangibles, disponibles en quantité finie, qui demandent de lourds investissements pour être extraits. – Les coûts de raffinage et d’extraction du pétrole ont doublé depuis 2004, passant de 0,7 $ par baril à 1,5 $ par baril. – L’inflation est avant tout due à l’émission de papier-monnaie et à la politique d’argent facile des banques centrales. – Ce papier-monnaie sert à acheter des matières premières de plus en plus demandées. La Chine va bientôt consommer 10% du pétrole mondial (8% en 2004). Plus d’un tiers de sa consommation actuelle provient de l’import. L’augmentation du niveau de vie va accélérer la demande. – Il n’existe pas encore de substitut économique au pétrole. – Les marchés détestent les anomalies.

Pour le moment, l’inflation reste rampante. Mais si seulement une faible proportion d’investisseurs décide d’acquérir une faible couverture contre l’inflation sous forme d’or, le GOR bondira. Reste à savoir quand se produira le déclic psychologique : hiver rude aux USA, cyclone ou attentat détruisant des raffineries, accélération de la demande intérieure en Inde et en Chine, prise de conscience des déséquilibres budgétaires et commerciaux américains…

Cette répartition constitue évidemment une moyenne, les allocations pouvant varier selon la tendance du cours de l’once. En période haussière, les compartiments risqués sont renforcés pour obtenir un effet de levier.

Tous les mois dans Vos Finances- La Lettre du Patrimoine, retrouvez les conseils de Simone Wapler pour savoir comment profiter de la hausse de l’or.

Simone Wapler
Simone Wapler
Rédactrice en Chef de Crise, Or & Opportunités et de La Stratégie de Simone Wapler

Simone Wapler est ingénieur de formation. Elle a travaillé dans le secteur de l’ingénierie aéronautique. Cette double casquette ingénieur/analyste financier est un véritable atout qu’elle met au service des abonnés.

Elle aborde les marchés avec l’oeil du professionnel, de l’ingénieur, de l’industriel, et non celui du financier.

Son expertise, notamment dans le secteur des métaux de base et des métaux précieux, lui donne une longueur d’avance, une meilleure compréhension des vrais tenants et aboutissants du marché des ressources naturelles — un marché par ailleurs en pleine expansion, dont Simone Wapler connaît parfaitement tous les rouages, notamment au niveau de l’offre et de la demande.

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